La rencontre de l’Homme psychique et de l’Homme neuronal

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Source : Deviantart.com - Creative commons

Par Eve Suzanne.

La question qui se pose dans le cadre du conflit qui oppose les neurosciences à une partie du monde intellectuel (entre autres, les psychanalystes) peut se résumer de la sorte :

Sommes-nous pilotés par, et seulement par, nos gènes ?

Autrement dit, est-ce que l’Homme psychique est intégralement réductible  aux lois qui gouvernent l’Homme neuronal, c’est-à-dire que ses manifestations seraient compréhensibles du seul point de vue de son activité cérébrale ?

La position dominante au sein des neurosciences aujourd’hui va dans le sens d’une plus grande prétention à rendre caduque les sciences humaines et notamment la psychologie. Á terme, elles considèrent que l’ensemble des termes psychologiques pourra être remplacé par des équivalents en biologie.

La question de la séparation de la matière et de l’esprit est omniprésente dans l’Histoire de la philosophie depuis Platon (la matière et la forme) jusqu’à nos jours chez les théoriciens des neurosciences (le neurologique et le psychologique) et leurs critiques, en passant par Descartes. En effet, considéré comme le penseur qui marque l’entrée de la philosophie dans l’époque moderne, il défend un dualisme ontologique qui impose une séparation irréductible de l’âme et du corps. Face à lui, Spinoza se positionne au contraire pour une unité substantielle qui réunirait l’âme avec le corps bien qu’ils revêtent des fonctions différentes.

Pendant longtemps ce débat est resté interne à la philosophie ; l’émergence des neurosciences vient bouleverser ces modalités de pensées. Il s’agit d’un ensemble de disciplines qui ont pour point commun de se consacrer à l’étude de notre système nerveux dont le siège est l’organe le plus complexe par excellence, le cerveau. De manière générale, ces sciences ont un impact considérable sur la question du dualisme : elles se posent comme les détentrices de la vérité et le seul arbitre impartial capable de trancher la question. Bref il s’agit de clore en une vingtaine d’années une question qui se pose depuis près de 2500 ans. Mais pourquoi pas ? Sciences et philosophie sont originellement indifférenciées. Bien qu’avec la Révolution scientifique et l’émergence de ce qu’on a appelés les sciences humaines, ces deux disciplines aient pris leur autonomie l’une par rapport à l’autre, l’envolée des sciences au siècle dernier a conduit à l’émergence de la philosophie des sciences. Et aujourd’hui cette branche de la philosophie est incontournable. Dans le même esprit et plus poussé, Patricia Smith Churchland parle même de « neurophilosophie » dans son ouvrage utopique intitulé du même nom (Neurophilosophie, Vers une science unifiée de l’esprit et du cerveau, publié en 1986). L’idée qui en jaillit est que les neurosciences vont nous permettre de comprendre comment naissent nos représentations et comment se forment nos théories de sorte que la philosophie des sciences soit totalement intégrée aux neurosciences et n’est plus d’existence propre. Ainsi philosophie et sciences auront pour but de parvenir à une compréhension scientifique du fonctionnement cérébral.

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