L’héritage wittgensteinien du Tractatus et le néopositivisme de Schlick et Carnap

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Le néo-positivisme a été une école dominante de la philosophie analytique et constitue un centre d’intérêt pour la philosophie anglo-américaine. Ses membres, regroupés au sein du Cercle de Vienne, ont pris l’habitude de se réunir autour de M. Schlick pour discuter de la philosophie à l’âge de la science. Leurs diverses appellations – positivisme logique ou empirisme logique – indiquent que le courant de pensée dont il s’agit est distinct du positivisme d’Auguste Comte. Le rôle de la nouvelle logique créée par G. Frege et perfectionnée par B. Russell est intégré dans la philosophie de la connaissance, et le groupe entend mener jusqu’au bout les implications de l’empirisme anglais.

Leur idée est que l’âge de la science n’a pas la philosophie qu’il mérite. C’est une réaction contre l’idéalisme allemand tissé par la philosophie kantienne et le post-kantisme, qui dépérit au début du XXe siècle. Le progrès éclatant de la physique appelle une réforme de l’attitude philosophique. Après le système hégélien, il faut faire une autre philosophie : la philosophie est morte comme système, comme encyclopédie. L’idée de synthèse est morte. Comment la philosophie peut-elle renaître ?

Le problème de la renaissance de la philosophie est celui-là même qui intéresse les membres du Cercle de Vienne. Leur discussion est centrée sur la philosophie des sciences. Il s’agit de donner une explication justifiant l’importance des mathématiques, de la logique et de la physique dans notre connaissance. Wittgenstein y est souvent invité et prend part à certaines de leurs discussions. Son Tractatus logico-philosophicus[1] est discuté, critiqué et a énormément influencé le Cercle de Vienne. Wittgenstein se voit attribuer le principe de vérifiabilité : sens des propositions ayant un contenu empirique. Il a montré, à leurs yeux, comment un empiriste peut expliquer la logique et les mathématiques,  et en même temps il propose une nouvelle conception de la philosophie par rapport à la métaphysique traditionnelle.

L’objet de notre enquête est d’explorer les liens essentiels entre la philosophie du Tractatus et celle du Cercle de Vienne. Pour ce faire, nous montrerons que Wittgenstein anticipe un certain nombre de thèmes et ou thèses dont sont héritiers, au moins en partie, les néopositivistes, notamment leurs thèses concernant la métaphysique, la philosophie, la science, la logique et la signification.

 

La philosophie du Tractatus

Le grand problème de Wittgenstein est la proposition dans sa forme figurative : A quelle condition une proposition peut-elle avoir une valeur signifiante ? Comment parvient-elle à signifier le monde ? Il s’agira ici de présenter le Tractatus, en parcourant la sémantique wittgensteinienne où s’élaborent les conditions du sens, pour ensuite exposer, comme une conséquence logique, la thèse de l’impossibilité du métalangage et le statut des énoncés autres que scientifiques ; et ce pour montrer l’originalité du Tractatus.

 

Les conditions de possibilité du sens

Partons de la composition même du texte. Le Tractatus est composé d’aphorismes numérotés de 1 à 7. Le numérotage est un style philosophique : chaque étape constitue un degré d’élucidation des conditions du sens. Wittgenstein réfléchit sur le monde et sur les conditions du dire de la réalité.

Il y a une sorte d’ontologie, lorsqu’il définit dans les aphorismes 1 et 2 le monde : « Le monde est tout ce qui a lieu » (Tr.1)[2] ; « Ce qui a lieu, le fait, est la subsistance d’états de choses » (Tr. 2)

Parmi ces faits dont est constitué le monde, il y a les faits linguistiques, c’est-à-dire les phrases parmi lesquelles un sous-ensemble représente le monde. Comment est-ce possible ? C’est la question principale du Tractatus qui se déploie en Tr 3 et 4. La proposition est donnée comme un fait pourvu d’une relation projective, mais aussi comme un fait pourvu d’une structuration interne. Le Tractatus répond à la question de possibilité du sens. Puis, en Tr. 5 et 6, Wittgenstein discute des problèmes concernant la nature de la logique et des mathématiques, la science, l’induction et la causalité. Il envisage la nature du sujet de la connaissance, l’éthique, les notions de valeur et de bonheur. En Tr. 7, il traite des limites du sens. Le sens concerne le discours des sciences du réel. Autrement, Wittgenstein, après s’être excusé d’avoir écrit le Tractatus, recommande de garder le silence.

Ainsi le problème philosophique central est de savoir comment une proposition signifie le monde. Il s’agit des conditions de possibilité de signifiance pour une proposition. Une proposition est un tableau d’un état de choses. Un tableau, un  diagramme, une maquette, une carte géographique sont tous des images, des images logiques d’un fait. Comment la proposition peut-elle représenter son prototype ? Il faut qu’il y ait une communauté de forme logique entre la proposition et l’état de choses dont  elle est l’image. La métaphore du « tableau » ou de la peinture, pour saisir la signification et la vérité, semblera impropre, en ce qu’elle renvoie à l’idée de copie. Wittgenstein renonce à cette doublure iconique. Toutefois, s’il traite du « Bild » propositionnel, il analyse la proposition en général pour arriver à l’image logique qu’elle est. Le langage a valeur représentative. La vérité se dit d’une certaine image, l’image logique (Tr.4.06). Ce n’est plus l’image iconique, le ressemblant, le double. Pour dire le vrai, on ne demande à la proposition que d’être articulée (Tr.4.032), d’être structurée comme le fait auquel elle se rapporte (Tr.4.04). Cette capacité de structure identique lui permet d’être représentative de la réalité.

Wittgenstein explique la nature représentative du langage en deux temps : moment de la proposition simple et moment de la proposition complexe.

Cas des propositions simples

Il y a un rapport direct avec la réalité et les propositions élémentaires (Tr.4.2 / 4.21 / 4.25). La théorie de l’image s’applique à une proposition simple qui est le réquisit de l’analyse. La proposition élémentaire ou atomique est composée de noms en relation de connexion tout comme sont en relation de connexion les objets auxquels les noms se réfèrent. Un nom parvient à signifier un objet s’il est en rapport de connexion avec les autres noms contextuels. Les noms sont en rapport de connexion entre eux et en rapport de corrélation avec les objets. Un nom ne désigne que dans le contexte d’une phrase :

Un nom est dans la proposition le représentant de l’objet (Tr.3.22)

Seule la proposition a un sens ; ce n’est que lié dans une proposition que le nom a une signification (Tr.3.3).

Le nom est le signe primitif, ultime qui termine l’analyse de la proposition : il est par conséquent indivisible (Tr.3.26). Les mots, dans la phrase, se réfèrent à quelque chose d’extra-linguistique. Les signes de la langue n’ont de pouvoir signifiant qu’en tant que mots ou signes mis en position de phrase. Un signe n’a qu’une valeur virtuelle, différentielle ; il ne prend valeur réelle que dans le cadre d’une phrase. Wittgenstein renonce à l’analyse de la proposition en termes séparés. Il n’est pas question de considérer qu’un terme général a un sens qu’il désigne. C’est une expression non saturée, vide. Wittgenstein s’inscrit en faux contre Aristote et suit Frege dans son analyse de l’expression prédicative.

Signifier, pour une proposition simple veut dire alors représenter un état de choses par une image, à condition qu’il y ait un rapport d’homologie, d’isomorphisme entre les éléments de la proposition et les états de choses (Tr.2.15).

Moment de la proposition complexe

Une proposition complexe peut toujours s’écrire sous la forme d’une fonction de vérité et elle ne peut signifier un état de choses que grâce au rapport d’extensionalité. Les propositions complexes sont des fonctions de sens et de vérité des propositions simples, et sont reliées par celles-ci indirectement au monde :

La proposition est une fonction de vérité des propositions élémentaires. (La proposition élémentaire est une fonction de vérité d’elle-même.) (Tr.5).

La connaissance du sens équivaut à la connaissance des conditions de vérité : « comprendre une proposition, c’est savoir ce qui a lieu quand elle est vraie. (On peut donc la comprendre sans savoir si elle est vraie). (…) » (Tr. (4.024)

La table de vérité, par exemple, de « pcq », ébauchée en Tr.4.442 permet de décider que le sens n’est pas identique à la vérité.

Toutefois, la théorie Wittgensteinienne de la proposition ne rend pas compte de toutes les propositions complexes. Ce sont là les difficultés de cette théorie de la signification qui bute sur les modalités. La substitution des identiques « salva veritate » est interrompue dans les contextes modaux. Le principe extensionnel fonctionne dans le discours direct. Les modalités, les attitudes propositionnelles, le discours indirect constituent un mur à l’extensionalité[3]. Ce principe sur lequel repose l’analyse logique de Wittgenstein fait difficulté.

La sémantique wittgensteinienne peut se résumer ainsi : toute proposition porte sur les faits. Que dire des propositions qui ne portent pas sur les faits ? Quel statut réserver à la métalangue, aux énoncés de la logique, aux propositions de la métaphysique ?

 

La thèse de l’impossibilité du métalangage et le statut des autres énoncés

La théorie Wittgenstein de la proposition conduit à une autre thèse : celle de l’impossibilité du métalangage[4]. Ce que les propositions ont en commun avec le monde pour pouvoir le représenter est sa forme logique. Mais celle-ci n’est pas dicible : il n’y a pas de métalangue (Tr.4.12 / 4.121). Il y a ce qui se dit et il y a ce qui se montre. La forme logique qui rend le langage signifiant n’est pas elle-même dicible : elle « se montre et ne se dit pas » (Tr. 4.1212). Les règles de la syntaxe logique ne  peuvent pas être formulées : il n’y a pas de considération métalogique. Carnap[5] et sa syntaxe logique sont condamnés. Il n’est pas possible de dire ce qui fait la propriété figurative du dire.

Jusqu’ici sont distinguées deux catégories de « propositions » : l’une autorisée, l’autre interdite. La première regroupe les propositions pourvues de sens qui décrivent les faits du monde et dont la totalité constitue, selon Wittgenstein, la science de  la nature (Tr.4.11). La seconde concerne les énoncés portant sur la forme logique, sur la condition de représentativité, sur les propriétés internes du langage et donc sur la métalangue.

Entre ces deux catégories, Wittgenstein range, d’une  part, les propositions de la logique et des mathématiques, et, d’autres parts, les énoncés ou, plus précisément, les pseudo-énoncés métaphysiques. Ceux-ci sont dépourvus de sens. Ainsi les éthiques, esthétiques, voire religieux peuvent s’ajouter dans cette liste qui grossit le nombre des énoncés « insensés ».

En revanche les propositions de la logique et des mathématiques sont vides de sens, de tout contenu factuel et cognitif. Puisque, selon le Tractatus, la signification est corrélative à la réalité ou à un fait, la signification d’une phrase métaphysique, par exemple, « l’Absolu est parfait », paraît renvoyer à une intention difficile à partager. Car, quels sont les critères de compréhension ? Quel fait la phrase vise-t-il à indiquer ? Aucun fait n’est, en effet, présent. On ne peut décider que ce fait est possible. Il n’y a pas d’assurance sur la signification. Les unes constituent les tautologies qui sont des propositions analytiques (Tr.6.11), les autres sont les équations qui, comme chez Frege et Russell, se réduisent à des suites de méthode logique (Tr.6.2). Comme les propositions de la logique, celles des mathématiques ne disent rien concernant la réalité : « le calcul n’est pas une expérience » (Tr.6.2331).

Le statut accordé aux propositions de la logique et des mathématiques est important : celles-ci jouent le rôle de transcendantal (Tr.6.13), parce qu’elles exhibent la structuration formelle des faits. Ne décrivant pas des faits, elles ne peuvent pas être traitées comme de véritables propositions. Cependant, elles sont la forme logique inexprimable, indicible qui sert de cadre à toute dicibilité, à toute description du monde[6]. L’aphorisme Tr. 6.124 précise davantage :

Les propositions de la logique décrivent l’échafaudage du monde, ou plutôt elles le figurent. Elles ne « traitent » de rien.

Ainsi, l’analyse des conditions du sens a-t-elle amené Wittgenstein à limiter le domaine du sens aux seules propositions descriptives d’états de choses. Ce domaine est circonscrit par les tautologies de la logique et les équations des mathématiques. Il n’y a pas de place pour les pseudo-propositions métaphysiques dépourvues de signification cognitive.

Une telle attitude philosophique est assez originale. Dans ce qui va suivre, nous allons préciser les caractéristiques de cette originalité pour clarifier d’avantage tout ce qui vient d’être dit et rendre assez explicite la manière dont les néo-positivistes sont héritiers de Wittgenstein.

 

L’originalité du Tractatus

Elle se marque par plusieurs traits caractéristiques. Wittgenstein est le premier à traiter le langage comme représentation. Il ne se souscrit pas au point de départ traditionnel. Il s’agit du langage qui est dit fonctionner comme représentation. Tout se passe comme si la représentation joue toute seule. Elle ordonne tout à ses lois ; elle est tout le sens. Il est original de vouloir que le langage représente.

Le rapport de représentation n’est pas le rapport de ressemblance. C’est une homologie formelle. La forme logique est une des conditions logiques de la représentation et elle est la plus générale. Les positivistes logiques sont héritiers de la forme logique comme condition de représentativité.

Le langage entraîne avec lui tout ce dont on le distingue : la pensée, le monde, les états de choses. Puisque la pensée est la formation d’image adéquate sur la réalité, elle est une proposition pourvue de sens. La pensée passe du côté de la représentation. Elle est coextensive au langage pourvu de sens. Le jeu philosophique de Wittgenstein est différent d’une philosophie de la conscience et d’une philosophie de l’être.

Avec Wittgenstein on abandonne le primat de la représentation de l’idée, notion longtemps utilisée par la philosophie de la connaissance. Comment un objet peut-il se constituer comme connu pour un sujet et par un sujet ? On connaît la réponse traditionnelle. Il faut une médiation qui le représente : une sensation ou une image mentale. C’est cette conception qui a pris fin avec Wittgenstein.

En mettant le langage du côté de la représentativité, il centre la philosophie sur le langage. En cela, il est un philosophe analytique. Comme G. Frege et B. Russell, Wittgenstein refuse tout psychologisme. Chez Russell une assertion présente toujours deux faces : subjective, concernant l’état du locuteur, objective, décrivant un fait quand elle est vraie. Quand elle est fausse, Wittgenstein dit que l’assertion vise à exprimer un fait, mais qu’elle n’y parvient pas, à la différence de Husserl pour qui signifier, c’est avoir une intention : la signification est une visée du sujet, ce que rejettent Frege, Russell et Wittgenstein, et, à leur suite, les positivistes logiques.

Wittgenstein distingue sens (Darstellung) et dénotation (Abbildung). Contre Husserl, et exception faite du cas de la perception, on ne pourra plus dire que c’est à travers  l’idéalité du sens que la visée intentionnelle se remplit de son objet. Husserl confond le sens et la référence, il est en proie aux métaphores, alors que c’est du rapport qu’il s’agit. Frege prend deux exemples arithmétique et astronomique : résoudre une équation, c’est passer du sens à la référence, c’est trouver les valeurs du référent. De même, la découverte de la planète Venus a réglé la question de l’identité entre l’étoile du soir et l’étoile du matin[7].

L’élimination du psychologisme est solidaire de l’élimination du sujet de la connaissance. Si le Tractatus admet un sujet de la volonté, il n’y a pas d’ego cognitans au sens cartésien, ni de sujet transcendantal au sens kantien. Wittgenstein est convaincu que le sujet transcendantal ne fait pas la connaissance. Dans le Tractatus et dans les Carnets, il trace les limites du langage et du sujet. Il n’y a pas de sujet connaissant ; il n’est pas dans le monde. Le sujet transcendantal kantien n’a pas d’existence empirique. Le sujet est présenté comme moment illusoire d’une théorie des formes de la connaissance objective.

C’est le langage et non le sujet, qui donne aux choses leur structure. Il faut une théorie des formes de la connaissance objective hors d’un sujet structurant et connaissant, mais dans le langage. Le Tractatus vise toute forme délibérée de toute philosophie de la conscience. Si, plus tard, dans les Recherches philosophiques, il critique la théorie de l’image qu’il intégrera dans les jeux de langage, il ne reviendra pas sur la radicalité de l’idée de la conscience structurante du monde. Le langage est le transcendantal de la connaissance, c’est-à-dire ce qui rend possible une connaissance a priori. L’aphorisme Tr. 5.542 exclut la connaissance du contexte des attitudes propositionnelles :

« Mais il est clair que «  A croit que P », « A pense P », « A dit P » sont de la forme «  »P » dit P ».

La phrase dit l’état de choses. La croyance n’est pas définie comme un mode de la conscience. Le Tractatus fait l’économie du sujet transcendantal pour rendre compte de toutes les possibilités du monde. La pensée renvoie à un système d’actes opératoires (et non à un acte de conscience) auxquels seule donne accès l’inspection du langage (Tr.4.001). La logique est la condition transcendantale de la pensée par proposition (Tr.5.6 / 5.61).

La logique formelle est elle-même une logique transcendantale, parce que la philosophie de Wittgenstein est une philosophie critique. C’est la logique formelle elle-même qui prescrit les principes a priori de la connaissance[8]. Le sujet n’impose aucune forme à la structure du monde : il n’y a pas de « je » qui informe le monde. Seul le système symbolique garantit, par sa méthode de projection (Abbildung), le rapport au réel.

Cette réduction wittgensteinienne de la subjectivité est originale. Là où Kant a critiqué le sujet empirique, Wittgenstein critique, par le langage, la subjectivité transcendantale en tant que constitutive d’un monde connaissable.

Les positivistes logiques sont héritiers du thème critique ainsi que d’une partie de la théorie de la signification. Wittgenstein leur a fourni l’idée des propositions analytiques, ainsi que la méthode d’analyse qui permet de délimiter les propositions munies de sens et celles qui en sont dépourvues.

Les néo-positivistes héritent également de la question de type épistémologique : comment un ensemble de propositions pourvues de sens, c’est-à-dire la théorie physique, la science constituée, peut-il être justifié ? La philosophie est un effort d’élucidation du pouvoir de signifier des propositions descriptives. Mais cette activité de clarification s’inscrit dans un discours injustifiable. Wittgenstein s’excuse d’avoir écrit le Tractatus (Tr.6.54).

Est proscrit par le Tractatus le discours sur la science, c’est-à-dire l’épistémologie comme toute métalangue qui ne porte pas directement sur les états de choses, mais qui porte sur la relation du langage au monde. R. Carnap prendra ses distances. Si les positivistes se sont réclamés de Wittgenstein, c’est parce que, chez ce dernier, il y a la matrice de leur philosophie. L’examen de leurs plus grandes thèses fera apparaître l’influence exercée sur eux par le Tractatus.

 

Les grandes thèses du positivisme logique

Elles s’inspirent directement  ou indirectement de leur lecture du Tractatus et concernent la philosophie, la métaphysique, la science, la logique et la signification.

 

La philosophie et la métaphysique

La philosophie est une connaissance rigoureuse pour autant qu’elle prend pour thème le discours scientifique. Elle a pour tâche d’élucider les propositions scientifiques que la science a pour tâche d’établir. Là-dessus plane Wittgenstein qui n’ira pas jusqu’à dire que la philosophie est une science rigoureuse. La philosophie, au sens du Tractatus, ne peut pas être caractérisée à titre de science en tant que représentation du monde. La philosophie est une logique de la science, conviendra Carnap, qui dira plus tard, sous l’influence de Tarski et Hilbert, qu’elle est une métathéorie. Dès lors est scellé le sort de la métaphysique. La métaphysique traditionnelle n’est pas fondée. Elle traite de pseudo-questions, les questions authentiques étant traitées par les sciences. En effet, la métaphysique porte soit sur des mots mal éclaircis, soit sur des propositions non vérifiables, soit sur des propositions pseudo-syntaxiques. L’analyse logique bien menée permet de mettre fin à la métaphysique et de la dépasser[9]. La métaphysique se révèle être une expression inadéquate de l’homme face à la vie et demeure ainsi dans l’incommunicable, dans l’inexprimable. Toute métaphysique est dépourvue de sens. Cette réduction opérée, il ne lui reste plus qu’à être une logique de la science.

 

La science et la logique

La science est constituée par un corpus de propositions pourvues de sens et vérifiables par l’expérience, c’est-à-dire l’ensemble des propositions qui décrivent le monde. La science a deux sources principales : une source matérielle qui vient de l’expérience ou d’une élaboration de l’expérience et une source formelle qui vient de la logique du langage. Très tôt se pose aux néo-positivistes le problème de l’unité et de l’unification de toutes les sciences dans les faits et dans le langage. La science doit pouvoir être unifiée dans son contenu et, au moins, dans son langage. Il s’agit alors de découvrir un tel langage qui doit pouvoir faire l’accord de tous les esprits et permettre l’intensification de la science. Ce langage, selon Carnap et Neurath, est le langage de la physique, plus exactement le langage physicaliste (Dingsprache), un langage portant sur les choses et qui doit pouvoir s’étendre à la psychologie qui y sera traduite. Comment en sont-ils venus à l’idée d’unification ?

Cette idée d’unification leur est fournie par l’importance de la fonction logique assurée par l’expression linguistique.

C’est Wittgenstein qui a avancé l’idée que la logique doit être conçue comme la grammaire qui décrit le monde. On est loin de Boole qui conçoit la logique comme un ensemble des lois de la pensée. Ce n’est pas non plus la logique d’Aristote conçue comme une théorie des syllogismes où les considérations logiques sont liées à l’ontologie.

Il ne s’agit pas de la logique de Kant qui traite des règles universelles de l’entendement. Chez les positivistes logiques, l’analyse du langage est la seule voie d’accès à la logique et, inversement, l’appareil de la logique symbolique est l’instrument que le philosophe doit appliquer pour analyser et élucider tout énoncé quel qu’il soit, en particulier les énoncés des sciences. La logique est le guide de l’analyse. Si, dans la connaissance scientifique, l’apport empirique vient de l’observation, tout l’apport formel vient de la logique du langage. La logique constitue l’aspect a priori de la connaissance. L’aspect formel consiste à régler les liaisons entre les proportions, les liaisons des prédicats aux noms auxquels ils se rapportent.

En 1934, Carnap développe une syntaxe logique qui va rassembler tout l’apport formel du langage. Carnap envisage deux langages constructibles au moyen de règles, les symboles et des foncteurs logiques. Les deux langages sont difficiles à construire et Carnap se donne une règle de tolérance : « Ce n’est pas notre affaire, écrit-il, de formuler des interdits mais d’arriver à des conventions »[10]. Il est certain que la plupart des choix que fait Carnap en philosophie des mathématiques dépend de sa prise de position empiriste sur la connaissance ; en particulier sa manière d’être l’héritier de Wittgenstein. Carnap mesure l’importance, pour la philosophie des mathématiques, de la question du métalangage. En se donnant cette règle de tolérance, Carnap autorise la métalangue comme langage sur les signes et leurs relations.

En 1942, sous l’influence de Tarski, Carnap va ajouter une approche sémantique à la logique[11]. Désormais, il y aura un double aspect formel : syntaxique et sémantique. Carnap précise que les règles de vérité indiquent les conditions générales pour que les propositions soient considérées comme vraies indépendamment des désignations particulières qui peuvent être assignées aux termes.

Le système formel sera rapporté à l’expérience par l’intermédiaire d’une interprétation dans un modèle. Mais le modèle n’atteint pas nécessairement l’expérience, ne permet pas de vérifier empiriquement le système formel. Il faut donc distinguer dans le modèle un domaine d’interprétation empirique qui rapporterait le système formel à l’expérience. Comment passe-t-on du modèle qui est une entité ensembliste à l’expérience, aux observables, aux entités empiriques ? Carnap et les positivistes logiques rencontrent des difficultés dues à l’inclusion de la vérification dans la signification. En la distinguant, l’une de l’autre, on pourra dire qu’il y a signification dans le modèle et vérification dans l’interprétation. L’introduction du point de vue sémantique restera superficielle chez Carnap.

 

La doctrine de la signification du positivisme logique et particulièrement de Carnap

Pour Carnap, la question de la signification est essentielle à la théorie de la connaissance. Quine ne l’envisage pas autrement. Les deux principes pour une théorie de la connaissance sont les questions de la signification et de la vérification. La première question demande sous quelle condition une phrase a un sens cognitif, factuel, la seconde sous quelle condition une phrase donnée est vraie ou fausse. De ces deux questions, la seconde présuppose la première. Pour Carnap, contrairement à Frege, Wittgenstein ou Heidegger, une théorie de la connaissance est possible. Le problème central d’une telle théorie n’est plus celui de Kant concernant les jugements objectifs. C’est celui de la signification, associé au problème de la vérité, et de la vérification. Rechercher les critères de signification factuelle, c’est l’affaire de l’épistémologie de la physique. Les phrases factuelles ou empiriques ne concernent pas les mathématiques. Carnap, physicien, s’intéresse davantage aux conditions de vérification de la théorie physique qu’aux conditions de vérité des mathématiques et de la logique. Les positivistes logiques passent des conditions de vérité aux conditions de vérification. L’hypothèse théorique est confrontée au dispositif expérimental. Elle a un sens factuel, si elle est formulée de telle manière qu’elle permette la vérification. Le sens, c’est  la méthode de vérification[12].

Il est difficile d’établir une théorie de la signification qui doit exclure la métaphysique et mettre fin à l’idéalisme allemand, au cogito. Mais qu’on admette la métaphysique, alors s’introduit une nouvelle source de connaissance autre que empirique : cela est impossible.

Les positivistes logiques vont distinguer deux classes de phrases : les phrases analytiques et les phrases synthétiques.

La thèse la plus fondamentales du cercle de Vienne, écrit M. Clavelin, est probablement qu’entre [les deux] existe une différence de nature totale, irréductible[13].

Les phrases analytiques

Ce sont des propositions  qui ont un sens indépendamment des faits. Leurs conditions de vérité dépendent des seules relations logiques entre les mots. Par conséquent elles sont déterminées dès lors qu’on connaît les règles linguistiques qui gouvernent les énoncés. Ecoutons Schlick :

La validité des propositions analytiques ne soulève aucune contribution à leur exactitude, simplement  parce qu’ils n’expriment, comme tel, rien des objets d’expérience. Il ne leur appartient de ce fait que la « vérité formelle », ne tenant nullement à l’exactitude avec laquelle ils expriment quelque chose sur le monde, mais tenant uniquement à ce qu’ils sont correctement présentés dans leur forme, c’est-à-dire en parfaite concordance avec nos définitions arbitrairement posées[14].

La phrase analytique est une proposition non métaphysique, vide de tout contenu factuel, elle n’apporte pas de connaissance nouvelle. Du point de vue de la nature de la signification d’une phrase analytique, le sens est identique à la structure logique. Il suffit donc d’analyser sa structure pour déterminer que, pour sa compréhension, on a besoin des seules relations logiques.

Car comprendre, écrit encore Schlick, ce n’est pas autre chose que saisir nettement tout ce qui touche aux règles d’emploi des mots qui interviennent. Or, ce sont justement les règles d’emploi qui donnent à la proposition le caractère analytique[15].

Ces énoncés analytiques sont des tautologies. Il n’y a pas d’autre a priori que ceux-ci. Est exclue la synthèse a priori de Kant. Ou bien une proposition est analytique et est a priori ou bien elle est synthétique et, par conséquent, a posteriori[16].

 

Les phrases synthétiques ou empiriques

Ce sont les phrases dont la signification, pour être comprise, exige l’expérience. L’empirisme recommande d’interpréter cette signification comme factuelle par relation de symbolisation à un fait. Cette thèse qui fait état d’un référent extra-linguistique dans la détermination de la  signification cognitive exclut la possibilité de fait transcendantal. Ni la vérité ni la fausseté d’un tel énoncé ne peuvent s’établir sur une base purement linguistique. Seul le recours à un facteur non linguistique, mais empirique, permet de le caractériser. La thèse révèle une doctrine de la signification ajoutée à l’idée forte de l’empirisme, à savoir que toute connaissance vient de l’expérience. L’expérience seule permet de déterminer la vérité d’un énoncé, la vérité de ce qu’on dit qui est. On en arrive ainsi à l’énoncé du principe de l’empirisme, à l’énoncé des critères de signification et de vérifiabilité formulés par Carnap. La signification d’un énoncé synthétique réside dans le fait qu’il exprime un état de choses concevable. Si  un énoncé n’exprime pas un état de choses concevable, il n’a pas de sens. Il n’est un énoncé qu’en apparence. S’il exprime un état de choses concevable, alors il est  de toute façon signifiant ; vrai si l’état de choses existe, faux si l’état de choses n’existe pas.

Carnap établit une équivalence logique entre un énoncé significatif et un état de choses concevable. Signifier veut dire décrire l’état de choses qui devra exister, si l’énoncé est vrai[17]. Les positivistes logiques réfléchissent sur la signification en termes de vérification. L’énoncé synthétique est pourvu de sens si sont stipulées les conditions de sa vérification, c’est-à-dire si l’on est en mesure de décrire l’ensemble des expériences dont l’exécution entraînerait sa vérification.

On sait que l’énoncé décrivant un état de choses concevable est l’énoncé observationnel ou protocolaire. Déduits d’énoncés universels ou mieux d’une théorie avec valeur prévisionnelle pour être mis à l’épreuve de la vérification, les énoncés protocolaires sont les réquisits ultimes de l’analyse. Les membres du Cercle de Vienne sont unanimes pour les assimiler aux énoncés qui touchent les données des sens et qui ne sont donc plus analysables. Sur cette base les positivistes logiques rangent les énoncés des sciences parmi les discours pourvus de sens tandis qu’ils en excluent les pseudo-énoncés métaphysiques, éthiques et théologiques.

Un tel critère est trop exigeant. Sous les critiques de Popper, Quine et Austin, les positivistes logiques vont affaiblir les critères de vérification empirique. Ils étendent le statut cognitif de signifiance à toute proposition dont on peut logiquement déduire une proposition empiriquement vérifiable. Si la vérification empirique, hic et nunc, est incertaine – puisqu’on n’est pas assuré d’avoir spécifié tous les énoncés protocolaires se rapportant à l’expérience originaire -, l’autre façon est d’envisager une vérification en terme de logique. C’est une possibilité logique, et non plus empirique, de l’énoncé lui-même, donc une propriété interne.

Il s’agit d’une possibilité de l’énoncé lui-même dont l’examen fera apparaître à partir de ses termes constitutifs des énoncés protocolaires précis. Si ce n’est pas le cas, alors l’énoncé est considéré comme dépourvu de signification cognitive.

Ces conditions qui sont proprement sémantiques supposent que les conditions syntaxiques aient été respectées. «  L’exigence première de la logique » est qu’ « un mot doit indiquer sa syntaxe, c’est-à-dire la forme de l’énoncé élémentaire dans lequel il figure »[18]. Où emprunter les critères formels ? On aura recours non seulement à la grammaire ordinaire, mais aussi et surtout à la grammaire logique, à la syntaxe logique du langage qui fournit les règles de formation des bons énoncés et les règles de déductibilité d’énoncé à énoncé.

L’analyse logique va alors reposer sur trois théories. Elle reposera d’abord sur la théorie des fonctions proportionnelles[19]. Le terme conceptuel est une expression prédicative, fonctionnelle, non saturée. Des expressions comme « ,-. », « - court », « F( ) » « -R- », sont  des symboles incomplets qui attendent un, deux, ou n arguments ; elles ne nomment pas, ne désignent pas. Du coup sont modifiées les structures des propositions.

Ensuite, les néo-positivistes  sont inspirés par la théorie des descriptions de B. Russell. Cette théorie fournit la meilleure analyse logique de certaines propositions du langage ordinaire et permet de faire disparaître les entités superflues, les objets inexistants. Mais, surtout, Russell[20] montre que la forme apparente de ce type de proposition n’est pas la forme réelle.

Enfin, la troisième théorie développée par le même Russell, « La théorie des types logiques »[21], est faite pour résoudre les problèmes soulevés par les énoncés du genre « César est un nombre premier »[22]. Elle sert à tester et à détecter la puissance des énoncés. Il s’agit de mieux saisir la hiérarchie logique des prédicats et des types de prédicats. Ainsi les prédicats du premier ordre portent sur les individus, ceux du second ordre sont des prédicats et ainsi de suite. Le propre de la langue est de pouvoir tout dire, encore faudrait-il respecter l’ordre logique des prédicats. Dans un énoncé, il faut qu’entre le type logique de l’argument et le type logique du prédicat il y ait une différence de degré d’exactement une unité. Il y a ainsi une antinomie, une infraction logique à dire de l’individu, « César », qu’il « est un nombre premier », expression du second ordre.

Carnap va s’inspirer de ces trois théories dans sa tentative d’élimination de la vieille métaphysique. Ni la preuve ontologique, ni le cogito ne sont transcriptibles du point de vue de la théorie logique. Ce double critère de signification, la transcriptibilité et l’empiricité, permet d’éliminer les pseudo-propositions métaphysiques.

La déduction transcendantale de Kant était un moyen, une critique pour éliminer la métaphysique. Outrepasser l’usage des catégories conduit au non-sens. La doctrine de la signification du Cercle de Vienne est ajoutée à l’idée forte de l’empirisme, à savoir que toute connaissance vient de l’expérience. Les positivistes logiques opèrent une démarcation entre science et non-science et cette démarcation est rapportée à la doctrine de l’empirisme. L’expérience seule permet de déterminer la vérité d’un énoncé, de ce qu’on dit qui est. Mais que ce critère soit difficile à formuler ne signifie pas l’échec de la doctrine. Popper a donné l’idée d’un niveau d’exigence : si les principes libellés restent insuffisants, c’est une affaire de « niveau d’exigence ». Qu’il y ait quelque relation entre ce qui est dit et l’expérience est une hypothèse hardie, mais non hasardeuse.

 

L’histoire des positivistes logiques est une histoire des affaiblissements des exigences. Quine[23] s’est fait l’historiographe de cet affaiblissement et l’a précipité. Mais l’héritage négatif est préservé tout au long de cette histoire : selon Carnap, quelque soit cet affaiblissement, il permet d’exclure les énoncés métaphysiques.

Les positivistes logiques ont accepté dogmatiquement l’héritage laissé par Wittgenstein. Ils se sont fondés sur la certitude sensible donnée par l’expérience et la certitude logique donnée par la  transcriptibilité. L’attitude de Wittgenstein avait un caractère kantien, une allure criticiste : comment le formalisme logique est-il applicable ? Chez les positivistes logiques, la question porte sur les garanties logico-empiriques de la science lorsqu’on peut bien la justifier. Sur ces bases, la reconstruction rationnelle de la science proposée par les néo-positivistes a fait peu à peu long feu.

 

Bertin Y. ASSAMOI (Université de Cocody, ABIDJAN- Côte d’ivoire)Bertin Y. ASSAMOI est né en 1954, en Côte d’ Ivoire. Sous la direction du Professeur Francis JACQUES, il a soutenu, en Mars 1986, en France, sa thèse de Doctorat de l’Université de Rennes 1, intitulée « La dynamique des théories scientifiques ». Il est Maître-Assistant et enseigne, depuis 1988, à l’Université de Cocody, Abidjan, la logique (calcul des propositions, calcul des prédicats et logique modale), la philosophie du langage et la philosophie de la connaissance. Il est l’auteur de « La subjectivité au feu de la communication », in Le Koré, 1994, Abidjan ; « Sur le langage mixte de la science », Colloque « Mathématiques et Philosophie », Janvier 1993, Yamoussoukro, Côte d’Ivoire ; et de « Information et référence », in Philosopher, 1994, Montréal, Canada.

Bibliographie

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L. Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus, trad. fr. de G.G. GRANGER, Paris, Gallimard, 1993.



[1] Désormais  abrégé Tractatus; la traduction  est celle de G.G. Granger chez Gallimard, en 1993

[2] Au lieu de Tractatus 1, nous notons désormais en abrégé, Tr suivi du numéro de l’aphorisme.

[3] Frege n’est avisé des contextes indirects qui rendent opaque la référence (Cf. « sens et dénotation », in Ecrits logiques et philosophiques, p.113).

[4] Granger se demande en quel sens Wittgenstein interdit tout métalangage, Cf. G.G. Granger, « Wittgenstein et la métalangue », in Wittgenstein et le problème d’une philosophie de la science, CNRS, Paris, 1971 pp.77-90

[5] Bouveresse pense que Carnap n’a pas répondu à la critique de Wittgenstein : J. J. Bouveresse, la rime et la raison, minuit, Paris, 1973, p.62.

[6] Sur ce point, lire les commentaires précis de G. G. Granger qui range les tautologies parmi les propositions métalinguistiques, in G. G. Granger, op. cit. pp. 79-83 et G. G. Granger, Wittgenstein, Seghers, 1969, p.42 et p. 59.

[7] Cf. l’article de G. Frege, op.cit. p. 103

[8] La lecture réaliste du Tractatus cède le pas à la lecture criticiste, voir E. Stenius, Wittgenstein’s Tractatus, A Critical Exposition of its Main Lines of Thought, Basil Blackwell, Oxford, 1960, ch Xi, pp 214-226 : « Wittgenstein as 4 Kantian Philosopher ».

[9] Carnap, après Wittgenstein, s’est fait le fossoyeur de la veille métaphysique, dans son article devenu célèbre : « le dépassement de la métaphysique par l’analyse logique du langage » in A. Soulez (ed.), Manifeste du cercle de vienne et autres écrits, PUF. Paris, 1985, 1985. P. 153-179.

[10] R.Carnap, The logical Syntax of Language, Rontledge & Kegan. Paul, LTD, 1971, § 17, p.51.

[11] R. Carnap, Introduction to Semantics, Cambridge, Havard Unicarity Pron, 1942.

[12] Formule de M. Schlick, reprise par Carnap, dans « Le dépassement de la métaphysique par l’analyse logique du langage », in A- Soulez / éd. Manifeste du cercle de Vienne et autres écrits, P.U.F., Paris, 1985, p 172.

[13] M. Clavelin, « La première doctrine de la signification du cercle de Vienne », in les Etudes philosophiques, N°4, 1973 P. 476.

[14] M. Schlick, Sur le fondement de la connaissance, www.wikilines.info/wiki/page:schlick.djvu/33 29/06/2011

[15] M. Schlick, op. cit. djvu/34.

[16]   R. Carnap, Les fondements philosophiques de la physique, A. Colin, Paris, 1966, ch. 18 : « Kant et le jugement synthétique a priori ». Cf. aussi K. R. Popper, La connaissance objective, Editions complexes, 1985 §28 pp 103-105.

[17] Cf. M. Clavelin, op. cit. p. 489.

[18] R. Carnap, « le dépassement de la métaphysique par l’analyse logique du langage », in A. Soulez (éd.), op. cit. p.162

[19]   Les positivistes logiques ont trouvé leur inspiration chez Frege, J : « Fonction et concept », in G. Frege, Ecrits logiques et philosophiques, seuil, Paris, 1971, pp. 127-141 et chez B. Russell, Ecrits de logique philosophique, P.U.F. Paris, 1989, ch VII des principes de la mathématique, pp.123-139.

[20] B. Russell, « De la dénotation » (1905), in Russell, Ecrits du logique philosophique, PUF, Paris, 1989. Pp. 203-218.

[21] B. Russell, « la théorie des types logiques », ch II des principes mathématiques, in B Russell, op. cit, p. 270-308.

[22] C’est le deuxième exemple que donne Carnap au § 4 de « Le dépassement de la métaphysique par l’analyse logique du langage », in A. Soulez, op. cit., p. 163.

[23] W.v.o. Quine, «  Deux dogmes de l’empirisme », dans Du point de vue logique, J. Vrin, Paris, 2003. Ch II, pp. 49-81.

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