La démocratie par l’ADN

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Assouman BAMBA

Maître-assistant Université Alassane Ouattara de Bouaké, Côte-d’Ivoire

           Les professionnels de la politique savent que la gestion d’un État est un jeu savant de personnes qualifiées, c’est-à-dire ayant les aptitudes requises. C’est l’enseignement majeur qui se dégage du mythe du Protagoras[1] de Platon qui désapprouve le choix des dirigeants par la méthode du tirage au sort. Comme tout jeu, la gestion de l’État a ses règles, ses pratiques, ses acteurs et son champ de praticabilité. Elle n’admet pas tout le monde comme joueur. Elle ne nécessite pas aussi l’arbitrage de tout le monde. Tout le monde ne peut non plus prétendre en être acteur. Tout comme ses joueurs, ses arbitres et ses acteurs sont rigoureusement sélectionnés. Personne n’y est par simple volonté d’y être, mais par le droit d’y être. La preuve en est que tout le monde n’est pas requis pour assurer le rôle d’organisateur d’élections ; tout le monde n’est pas éligible ; et enfin tout le monde n’est pas électeur non plus. Citant Harrington qui clarifie certains aspects de cette idée, Bernard Manin dit : « … bien que tout homme soit capable d’être à son tour électeur, tous cependant ne sont pas capables d’être élus à des magistratures revêtues du pouvoir souverain ou ayant pour fonction de gouverner la république entière. Il ne serait donc pas sage d’exiger aussi que chacun exerce à tour de rôle ces hautes magistratures. Mais il suffit qu’elles soient exercées à tour de rôle par tous ceux qui en sont estimés dignes par le jugement et la conscience de leur pays » [2]. Des profils sont bien établis pour assumer chaque fonction, et chaque peuple les détermine selon ses réalités.

Source : Pixabay

Source : Pixabay

           Dans la Grèce antique, le citoyen auquel sont dévolues toutes ces tâches est l’effet d’un code de la citoyenneté discriminatoire. Le citoyen athénien se dit dans sa différence d’avec l’esclave et le métèque, c’est-à-dire celui qui vit ici sans être d’ici. Ainsi, dans l’Athènes de Platon, n’est citoyen que l’individu majeur né de père et de mère eux-mêmes Athéniens d’origine, dans l’exclusion du genre féminin et des hommes dont l’un des géniteurs n’est pas Athénien.

            En Afrique, de plus en plus, l’on a recours à la science, précisément à la génétique, dans la détermination des profils des différents acteurs ou intervenants électoraux. Avec cette science, on entre à l’intérieur du corps des uns et des autres pour inspecter l’Acide Désoxyribonucléique ( L’ADN est l’abréviation du terme chimique Acide Désoxyribonucléique. C’est la molécule de l’hérédité qui contient, sous forme codée, toutes les informations relatives à la vie d’un organisme vivant, du plus simple au plus complexe. L’ADN contient donc toutes les informations susceptibles de créer et de faire vivre un organisme.) qui est la molécule qui renferme, sous forme codée, l’ensemble des informations relatives à la vie. .

           Le but de cette inspection est de préserver l’intégrité de la nation en la prémunissant contre le risque d’une intrusion d’étranger au cœur du pouvoir d’État. Mais cet objectif se poursuit-il avec impartialité lors des élections en Afrique ? Les critères de sélection retenus ne relèvent-ils pas d’une stratégie ou d’une ruse constitutionnelle de disqualification d’adversaires politiques que les tenants du pouvoir ne souhaitent pas affronter dans les urnes ? Garantissent-ils les droits de tous les citoyens de manière équitable ? Dans une démarche qui alterne explications et critiques, nous nous attèlerons à relever et à décrypter quelques stratégies électoralistes de conservation ou de passation du pouvoir politique qui se jouent de la démocratie en Afrique. Ces pratiques « démocratiques » répandues sur le continent provoquent des convulsions tribales et des crispations religieuses qui brouillent le bon fonctionnement de la démocratie et entravent le développement du continent.

La nature discriminatoire des sociétés humaines

       La déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée et proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 217 du 10 décembre 1948 stipule en son article premier que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits… »[3]. Si cette proclamation solennelle dénote de la volonté des hommes d’afficher l’homme comme une valeur et comme une dignité pour le protéger des abus, sa confrontation à la pratique quotidienne montre que tous les hommes ne sont pas exactement égaux en dignité et en droits. Certains ont un peu plus de droits et de dignité que d’autres selon de multiples critères ségrégationnistes dont la société ne saurait faire l’économie dans son organisation comme dans sa gestion. Le surplus de droit et de dignité des uns par rapport aux autres se fonde aussi bien sur des qualités intrinsèques de l’individu comme le charisme, la compétence que sur des facteurs extérieurs à lui comme la naissance ou la lignée.

         Dans leur élan discriminatoire, les critères ne peuvent pas privilégier tout le monde à la fois ou contenter toujours les mêmes. Les privilégiés de tels lieux sont les défavorisés de tels autres milieux. Pendant que les critères placent certains dans la page, ils rétrocèdent d’autres dans la marge. Mais l’essentiel, ce n’est pas la discrimination elle-même qui est constitutive des rapports sociaux et dont on ne saurait se passer à partir du moment où les hommes sont des dissemblables qu’il faut amener à se ressembler pour rendre harmonieux leur vivre-ensemble. L’essentiel, c’est le sérieux dans l’établissement des critères discriminants qui ne doivent pas discriminer intentionnellement les uns au profit des autres. Cela veut dire qu’ils ne doivent pas être guidés par des desseins autres que ceux d’assurer une équité certaine entre les hommes dans leur quête de mieux-être. S’ils le font, ils cessent d’être véritablement discriminants, en tant que porteurs d’un souci d’équité, pour devenir discriminatoires, car établis sur une base inégalitaire avec des motivations malsaines et égoïstes. L’essentiel, en définitive, se trouve dans l’intention qui préside à l’élaboration des critères de sélection et les objectifs au service desquels cette intention se met ; car l’intention et les objectifs sont les éléments qui sont les tests d’impartialité et de validité des décrets des hommes.

        Dans le domaine politique, les critères répertorient et compartimentent bien les profils des individus en fonction de ce que la société attend d’eux. Les rôles ne peuvent pas être campés de façon cumulative dans le jeu scénique de la politique. Cela signifie que si un éligible l’est parce que d’abord électeur, il ne saurait être organisateur d’élections sans faire courir le risque d’entamer la crédibilité de telles élections. Car il cumulerait les rôles inconciliables de joueur et d’arbitre, de partie et de juge. Il serait le juge se jugeant, se prononçant sur ses propres chefs d’accusation devant le tribunal de justice qu’il préside lui-même. Dans un tel cas de figure, ses actes les moins bons, parce que non honorifiques, pourraient ne pas être signalés, et donc omis dans le verdict final, car les hommes mettent difficilement l’accent sur leurs propres défauts. . Inversement, si un organisateur d’élection, dont la neutralité doit être de rigueur, peut-être électeur, il ne saurait être éligible à la fois. Si tel est le cas insolite, on se retrouverait dans le schéma qui vient d’être évoqué, à savoir celui de partie civile appréciant ses propres actes à titre de juge devant un tribunal. Aussi, pour diverses raisons discriminatoires, tout le peuple ne peut-il pas être citoyen dont on retrouve les traits caractéristiques chez Pierre Rosanvallon. Celui-ci perçoit le citoyen comme une forme idéalisée de l’individu qui se caractérise par son abnégation, son absence de préjugés de classe. Dénué d’égoïsme, il est capable de faire un choix politique en fonction de l’intérêt général en faisant abstraction des avantages personnels qu’il pourrait en tirer[4].

        Si toutes les sociétés humaines de tous les temps se satisfont de ce portrait du citoyen, toutes cependant le conçoivent différemment, surtout en matière de vote que la plupart des Constituants considèrent comme un droit appartenant à des individus indépendants et dotés d’une volonté autonome. Dans ses analyses du gouvernement représentatif, Bernard Manin, s’attachant aussi bien à la tradition européenne qu’aux débats américains, met en relief les droits contrastés dévolus au citoyen en matière d’élection. « Et en effet, dit-il, dans l’Angleterre post-révolutionnaire, le droit de vote était réservé à une fraction étroite de la population. L’Assemblée constituante française établit aussi une distinction entre citoyens ‘’actifs’’ et ‘’passifs’’, les premiers seuls ayant le droit d’élire » [5]. En France, étaient considérés comme des « citoyens actifs » les hommes capables de payer une contribution égale à la valeur de trois journées de travail. Ceux des individus qui en étaient incapables étaient dits « citoyens passifs ». C’était le cas des femmes, des domestiques, des pauvres, des vagabonds et des moines qui n’avaient pas le droit de vote parce qu’ils étaient trop dépendants d’autrui par position sociale pour avoir une volonté politique autonome. En Angleterre, le droit de vote était limité, dans les comtés, aux propriétaires d’un logement (householders). Ainsi, en 1754, l’Angleterre et le pays de Galles comptaient environ deux cent quatre-vingt mille citoyens ayant le droit de vote sur une population d’environ huit millions d’habitants[6]. Mais que ce soit en France comme en Angleterre, la visée de ce cens discriminatoire était de réserver le droit de vote à ceux qui avaient suffisamment de ressources pour être moins sensibles à la corruption des riches. Autrement dit, le cens faisait valoir que les individus ne possédant pas de biens, malgré de belles qualités morales, seraient particulièrement vulnérables à la corruption et pourraient être des instruments aux mains des riches.

Le Libéria, le tout premier État à être indépendant sur le continent africain, exception faite de l’Éthiopie qui n’a pas été colonisée, se donnait comme la réplique africaine de l’exemple de démocratie ségrégationniste de l’Angleterre du XVIIIème siècle. Dans ce Libéria des Noirs américains affranchis, le droit de vote reposait sur le principe censitaire de la possession de biens immobiliers avec l’idée que l’indépendance économique constitue une meilleure garantie contre la corruption. Cela est une simple présomption, car les possessions immobilières ne sont pas nécessairement une preuve certaine de vraie richesse pouvant dispenser de toujours chercher à s’enrichir de quelque façon que ce soit. L’expérience montre au quotidien que plus on est riche, et plus on a besoin de s’enrichir davantage. Le paradoxe est que les riches vont en général chercher l’argent où ils pensent qu’il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres.

Dans son approche de la politique libérienne, l’historien Olivier Launay indique que « le nombre des propriétaires immobiliers ayant le droit de vote s’élève seulement à six mille »[7] sur une population de douze mille citoyens. L’idée de Launay montre qu’il y a deux sortes de citoyens ne possédant pas les mêmes droits. La moitié de ces citoyens, soit six mille sur douze, ont le droit de vote tandis que les six mille autres ne l’ont pas. Cette situation inspire l’idée que les citoyens étant inégaux sur le point de la richesse, ils doivent l’être à tous égards et par conséquent recevoir des considérations politiques inégales. Launay relève, en outre, que l’expérience libérienne aboutit à ce paradoxe d’être une République de douze mille citoyens qui possèdent un million de sujets. La présence du terme « sujets » dans le discours de Launay est indicative de pratiques esclavagistes dans la société libérienne, signe que les Afro-américains qui venaient de quitter leurs chaînes avaient mis d’autres Africains dans les fers.

Les deux exemples similaires de l’Angleterre et du Libéria aboutissent à faire comprendre que la société est un ensemble d’hommes différemment discriminés selon les circonstances. L’analyse de leurs enseignements renvoie à la distinction, au sens moderne, entre la citoyenneté et la nationalité. La citoyenneté, dans une approche grossière, est la qualité que confère l’appartenance biologique, historique, économique et sociale à un État. Le citoyen est ainsi l’homme qui a le droit de cité, autrement dit, qui a des prérogatives politiques dans la cité qui est sa cité. Quant à la nationalité, elle est un lien juridique qui lie un individu à un État. Elle est acquise à toute personne qui marque son adhésion à ce pays. Mais dans tous les pays du monde, il y a des catégories de personnes qui ont la nationalité mais qui sont exclues de certains droits attachés à la citoyenneté. L’illustration de ce fait juridique se trouve dans les cas de l’enfant mineur et du prisonnier qui ne peuvent exercer des droits civiques et qui ne sont pas pour autant moins des nationaux. Le national, en tant que citoyen, est ainsi amputé de certains droits. C’est pourquoi, à quelque latitude où l’on se trouve, tous les citoyens ne sont pas des électeurs, de même que, parmi les électeurs, tout le monde n’est pas éligible.

 Le jeu politique de chaque peuple prend ancrage dans les textes qui le définissent et le spécifient comme peuple souverain. Chaque État édicte souverainement les règles qui régissent son fonctionnement. Mais, depuis un certain temps, pour emprunter à Thureau-Dangin sa belle formule, le constat est établi que « l’ingénierie sociale est partout en panne »[8] en Afrique. À cours d’inspiration innovante, la plupart des chefs d’États africains recourent à un recadrage des textes constitutionnels pour se maintenir au pouvoir. L’un des exemples illustratifs de cette situation est celui du Niger où Mamadou Tandja, ancien président, avait organisé un référendum controversé le mardi 4 août 2009 pour modifier la constitution en vue de s’accorder un supplément de trois ans de pouvoir. Une opération similaire s’est réalisée au Sénégal où le président Abdoulaye Wade, arrivé au pouvoir en 2000, a modifié plusieurs fois la constitution sans consultation de l’Assemblée nationale ni la validation du Sénat. Il établit le quinquennat en 2001 pour ensuite rétablir le septennat en 2008. Ce va et vient calculé entre quinquennat et septennat  lui a permis de se porter candidat pour la troisième fois en 2012 alors que la constitution n’autorise que deux mandats. Au Burkina Faso, après une gestion militaire de quatre ans, Blaise Compaoré obtient du peuple deux mandats conformes à la constitution en 1991 et en 1998. Ensuite, il en fait deux autres en 2005 et en 2010 sur une interprétation tendancieuse d’un amendement de la constitution pour échapper à la non constitutionnalité. Alors que tout le monde pense que le mandat en cours est son dernier, Blaise Compaoré est en ce moment sur la voie de faire modifier la constitution de son pays pour solliciter un énième mandat en 2015. Partout en Afrique, on assiste à une manipulation calculée des textes fondamentaux des États et parfois sans se référer au peuple.

Les manipulations constitutionnelles conduisent le plus souvent à des conflits armés entre des fractions du peuple qui est toujours le dernier à saisir l’enjeu de la bataille qui se joue sur sa tête et, presque surement, à son détriment. L’une des formes pernicieuses de cette lutte incongrue qui détourne du vrai combat contre le sous-développement est l’instauration de l’insidieuse démocratie génétique par l’ADN. Cette pratique consiste à descendre dans le patrimoine génétique des uns et des autres pour déceler celui des gènes qui manifeste l’étrangéreté de l’homme par rapport à l’espace dont il se réclame citoyen. Cette immersion scientifique dans le sang a pour but de voir du-dedans de l’homme, au plus profond de son être, les justifications de ses allégations sur son appartenance à la patrie dont il revendique la citoyenneté. À un premier degré, il est soumis à un examen sanguin qui cherche à voir avec les yeux si la qualité du sang est conforme aux normes nationales. Il est question de savoir si ce sang fait corps à cent pour cent avec le sang de la nation, c’est-à-dire s’il est pur et sûr. Cette pratique de laboratoire permet de déterminer le degré de citoyenneté des uns et des autres pour retenir ceux qui doivent être citoyens de pleins droits et rejeter ceux qui ne peuvent l’être.

          Poussant l’analyse un peu plus loin pour confirmer ou infirmer les résultats sanguins balbutiants du premier niveau, on entre dans le code génétique pour inspecter les gènes qui abritent la vérité de l’être. Cette vérité loge surtout dans un gène différentiel qui se rencontre chez tous les citoyens d’un État africain donné comme élément de reconnaissance nationale. Il faut alors chercher, par des méthodes scientifiques, à le découvrir chez chaque « citoyen » que l’on tient pour suspect à un moment donné de sa citoyenneté pour le confronter au modèle national afin de vérifier sa conformité citoyenne. Car, si on est un vrai citoyen, on doit avoir reçu ce gène particularisant de ses parents à la naissance, entendu qu’il se transmet par hérédité biologique et non par adhésion volontaire à un État. La superposition de ce gène distinctif au modèle national ne doit montrer ni excès ni déficit. L’excès ou le déficit, en tant qu’anomalie, devient un motif suffisant de rejet de l’individu examiné dans les marges de la citoyenneté de cet État. Le présupposé politique de cette procédure génétique est que chaque État africain, dans le souci de conservation de sa pureté nationale, dispose d’un code génétique identitaire ou identifiant sur le style des indicatifs de la téléphonie. Dans la communication téléphonique internationale, à chaque État correspond un code qui y donne accès. Se tromper de code, c’est donner des chances à sa communication de prendre une autre destination à défaut de ne pouvoir aboutir. Il faut donc que ce code s’ajuste bien pour être toujours juste.

          Le but de la pratique africaine de la démocratie par l’ADN est double. Elle est instituée afin d’avoir, dans un premier temps, des citoyens purs pour former une nation saine. Ensuite, elle vise à placer à la tête des États africains des nationaux corrects dont la citoyenneté ne souffre d’aucun doute et qui ne seraient donc pas tentés de brader le pays au premier venu ou au plus offrant, car n’étant lié à lui que par des liens d’intérêts ou de circonstance. Mais s’il ne s’agit que de cela, la mesure serait peut-être applaudie de tous, même de ceux qu’elle pourrait frapper, par patriotisme constitutionnel.

        Les promoteurs de cette pratique de la démocratie par l’ADN peuvent être dits nostalgiques de la citoyenneté à la grecque où la possibilité de changer de nationalité n’était nullement envisageable. Mais les temps ne sont plus grecs où les permanences et les situations stables suscitent un engouement. Les hommes portent désormais un intérêt grandissant, non pas à ce qui demeure, mais à ce qui se transforme, aux évolutions. Dans ce sens, ils ont évolué dans leur perception de la citoyenneté qui se donne un contenu nouveau comme on peut l’apercevoir chez Rousseau selon qui être citoyen, c’est accepter les lois de l’État dans lequel on vit et s’y attacher. « Par un droit que rien ne peut abroger, [dit-il], chaque homme, en devenant majeur et maître de lui-même, devient maître aussi de renoncer au contrat par lequel il tient à la communauté, en quittant le pays dans lequel il est établi »[9]. La vie citoyenne est ainsi un acte de liberté que l’on décide librement. On peut ainsi devenir citoyen d’un pays par pure décision motivée et non par le sang ou le droit de sol. Cette approche rousseauiste de la citoyenneté ne pouvait naturellement pas avoir droit de cité dans la Grèce antique où l’on naissait citoyen ; on ne le devenait pas.

         La sélection génétique n’incruste-t-elle pas l’apartheid dans le tissu socio-politique africain ? Cette mesure de purification du sang national cache mal un impensé que l’attitude de ses initiateurs finit par trahir ou que les faits invalident dans la pratique. Cet impensé, qui dit sans parler, s’incarne dans l’apartheid qui n’est pas à réduire à son sens sud-africain constitutionalisé de vie séparée entre Blancs et Noirs, les premiers rejetant les secondsdans les marges de l’humanité. Au sens strict, l’apartheid traduit l’attitude fouineuse « des fourmis rouges » qui se perquisitionnent constamment à la recherche de rouquines  parmi elles. La métaphore des « fourmis rouges » renvoie aux Noirs des États d’Afrique qui s’épient fiévreusement à la recherche du différent, du non-semblable, du moins ou plus foncé que soi pour lui signifier sa dissemblance afin de le tenir à l’écart. Ils montrent ainsi que, quoiqu’ayant la même couleur de peau, au fond, ils ne sont pas les mêmes ; ils sont fondamentalement dissemblables. En leur sein se trouvent des originaux de souche sûre et des non authentiques, œuvres de faussaires. Le présupposé de cet apartheid assumé est qu’un citoyen non original pourrait être amené à transférer à un État tiers qui serait son État d’origine ou avec lequel il a des rapports d’affection poussés, les biens de l’État dont il est le président. Ces biens peuvent bien être matériels comme les richesses économiques ou immatérielles comme l’amour sans partage de la patrie. On doute qu’il puisse être assez patriote pour défendre le pays contre l’extérieur. Mais il n’y a qu’à s’intéresser à quelques exemples intéressants pour se convaincre que la mesure de la démocratie par l’ADN relève plus d’une lecture dénaturante de pensée, de l’apartheid, que d’une réelle volonté de protection de la nation. Elle juge, non en fonction de la valeur intrinsèque de l’individu, ni en fonction de ses capacités morales ou de ses compétences, mais en fonction de sa coloration qui peut être raciale, politique, ethnique, religieuse, ou autres. Nous allons nous arrêter sur le cas illustratif et plein d’enseignements de l’ancien président ghanéen John Jerry Rawlings pour s’en convaincre.

         En 1981, lorsque le capitaine John Jerry Rawlings prenait les rênes du Ghana après un coup d’État militaire, selon les citoyens ghanéens, son statut de métis le montrait comme un hybride impropre à cette charge. Les plus virulents parmi ses détracteurs le tenaient en horreur, voyant en lui le retour de la colonisation occidentale avec sa « peau blanche ».  Mais il n’a pas vendu le pays à la Hollande, pays d’origine de son père, ni à un quelconque marchand blanc. Au contraire, c’est avec lui que le Ghana est redevenu le Ghana des grandeurs de Nkrumah. « Le Mouvement patriotique populaire qui a ramené le Capitaine Jerry Rawlings au pouvoir, écrivait dans son manifeste d’avril 1981 : »Le Ghana est à la recherche d’un Nkrumah (…). Des hommes comme Nkrumah ne poussent pas sur les arbres. Ce sont des espèces rares qui apparaissent par siècle (…). Nkrumah nous a apporté l’espérance par son action et son enseignement… » »[10]. Ce que le manifeste disait de Nkrumah s’est justifié pleinement par la suite de Rawlings, car c’est avec lui que « Ghana is back » après une longue période trouble où le nom Ghana était utilisé comme un qualificatif de dépréciation.

          « L’inauthentique » et « douteux » Jerry Rawlings peut-il être dit moins patriote que n’importe lequel des nationalistes africains, fut-ce un Patrice Emery Lumumba ou un Osagyefo de Kwame Nkrumah ? La Hollande est-elle devenue ce qu’elle est avec les richesses du Ghana par la volonté de Rawlings ? En tout cas, nul acte ni aucun document ne laisse de traces d’une telle attitude de sa part et la Hollande n’a point été de ses destinations préférées. Le problème est donc ailleurs. Le non-dit implicite de la démocratie par l’ADN se dit explicitement dans l’incompétence camouflée des uns et dans la peur injustifiée des autres[11]. La pratique dévoyée des politiciens-généticiens provoque des murmures qui préviennent de graves dangers pouvant troubler la paix sociale que la démocratie veut contribuer à raffermir.

 Le sens d’un murmure prévenant

  

Par murmure prévenant, il faut entendre les signaux annonciateurs et les indices d’une menace imminente que provoque une pratique. Le décryptage de ce murmure donne plusieurs sens dont les plus préjudiciables à la cohésion sociale et à l’épanouissement économico-politique des États africains vont faire l’objet d’une analyse détaillée. Le gène particularisant recherché par les constitutions des États africains, disqualifie la plupart des Africains qui ont une certaine expertise à proposer à la magistrature suprême des États pour élever le continent à la dignité d’un chez soi humainement acceptable. C’est un gène qui dé-nationalise pour créer un nouveau genre de citoyens africains sans citoyenneté, des nationaux sans nationalité condamnés à l’errance.

C’est le cas bien connu de l’ancien premier ministre ivoirien Alassane Ouattara, qui avait géré la Côte d’Ivoire en Ivoirien sous le Président Félix Houphouët-Boigny de 1990 à 1993, pour se voir interdire toutes élections dans le pays par la suite. En effet, après son plébiscite à la tête du Rassemblement Des Républicains (RDR) et comme candidat de cette formation politique aux présidentielles de l’an 2000, le Président Bédié avait signé un décret fixant les modalités d’application de la loi 93-668 du 9 août 1993 relative aux partis et regroupements politiques. Ce décret remettait en cause la légalité de l’élection d’Alassane Ouattara à la présidence du RDR. En conséquence des faits, elle devait être invalidée. « M. Alassane Dramane Ouattara n’ayant allégué la nationalité ivoirienne de part sa mère, ce point doit être prouvé par un certificat de nationalité conforté par toutes vérifications utiles. En supposant cette nationalité existante, il ne remplit pas les conditions légales de jouissance des droits politiques essentiels, les droits électoraux »[12]. Ces propos explicites de maître Faustin Kouamé, Conseiller aux affaires juridiques du président Bédié, détectaient en Alassane Ouattara le gène de l’inauthenticité qui le rend inapte à diriger la Côte d’Ivoire.

Il est important de souligner que la préférence nationale, surtout lorsqu’il s’agit de la magistrature suprême d’un État, n’est pas une trouvaille ivoirienne ou africaine. Une controverse semblable à celle d’Alassane Ouattara que nous évoquons est apparue aux États-Unis lors de la première élection de Barack Obama dont l’originalité de l’américanité a été mise en doute à un moment donné. Mais aucune humeur d’aucun citoyen n’a pu empêcher Obama d’être élu président des États-Unis d’Amérique malgré ses origines kenyanes par son père Alberto Fujimori, président du Pérou de 1990 à 2000, a été aussi au centre d’une controverse similaire dans le pays au sujet de ses origines japonaises. De manière générale, on peut s’accorder à reconnaître que toutes les constitutions des États de tous les continents font toujours droit à des dirigeants exclusivement nationaux. Ce problème n’est donc pas typiquement africain.

Mais en Afrique comme en Côte d’Ivoire, derrière l’idéologie de la préférence nationale, se tient généralement, non pas l’idée de la sauvegarde de l’État qui pourrait courir le risque de perdition avec un président apatride, mais la survie politique du clan au pouvoir. Non seulement celui-ci ne veut pas perdre ses privilèges, mais aussi il ne veut pas courir le risque d’exposer les malversations de sa gestion que sa présence au pouvoir sert à couvrir. Dès lors, la préférence nationale devient une sorte d’assurance tout risque et une protection contre la précarité sociale des dirigeants politiques. Sinon, l’article 35 de la Constitution ivoirienne de 2000 qui demande que le candidat à la présidence de la République soit « Ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens d’origine » et qu’ « Il ne doit s’être jamais prévalu d’une autre nationalité »[13], s’il connait une application impartiale, devrait invalider toutes les candidatures en compétition. Car, tous les prétendants au poste de président ont bénéficié de la double nationalité à un moment donné de leur vie. Et s’il s’agit vraiment d’un problème juridique et non d’humeur politique, lequel d’entre eux peut-il d’ailleurs prouver sa nationalité ivoirienne, ainsi que celle de ses parents, avant l’indépendance du pays proclamée en 1960 ? Comment alors ce problème juridique qui devrait concerner tous les candidats est-il arrivé à être une affaire du seul Ouattara dont la candidature a été invalidée aux législatives de 2000, après qu’elle l’ait été aux présidentielles de la même année, « pour nationalité douteuse » ? Qu’est-ce qui, constitutionnellement, fonde l’inauthenticité de la nationalité d’Alassane Ouattara par rapport aux autres candidats ? Voilà un genre de questions auxquelles nous n’avons pas la prétention de répondre, mais que nous gardons en mémoire comme de simples murmures qui préviennent de potentiels dangers.

Pour les plus chanceux, on ne se rend compte de leur non nationalité qu’après qu’ils soient élus comme présidents avec l’aval des textes régissant le fonctionnement de l’État. Alors, les discours par la « preuve » commencent à circuler sur leur compte pour demander l’invalidation des élections en vue de leur reprise pure et simple avec des citoyens purs sangs cette fois-ci dans l’exclusion de tout intrus. C’est le cas d’Ali Bongo Ondimba, fils du défunt président Oumar Bongo Ondimba du Gabon, que son hypothétique origine nigériane vient de rattraper. Il ne serait plus un Bongo du Gabon, mais un vieil aventurier du Nigéria que ce pays a fini par oublier au Gabon. Dans ces conditions, il ne peut pas être le président d’un État dont il n’est pas citoyen. Il faut alors intenter un recours en annulation des élections. Telle est la preuve qui fonde la position de certains opposants gabonais, après la proclamation des résultats des élections gabonaises du dimanche 30 août 2009 qui donnent Ali Bongo vainqueur à 41.73% des suffrages exprimés. Tel est aussi le cas de Joseph Kabila de la République Démocratique du Congo. Fils et successeur de Laurent Désiré Kabila, ce président sortant est tenu pour un authentique Rwandais par l’opposition d’obédience Étienne Tshisekedi aux élections présidentielles de 2010. Dès lors se comprend la caustique pertinence de la boutade du célèbre humoriste ivoirien Adama Dahico qui disait : « Ne soyez pas étonnés d’entendre que je suis Libanais quand je serai élu président de la République ».

        La procédure scientifique de la démocratie de l’ADN donne à penser que les élections en Afrique sont un laboratoire de génétique où se traque et se démasque inéluctablement le faux que cache le génome du national-présidentiable pour déboucher sur des troubles post-électoraux. Mais, dans le fond, en dépit de leurs conséquences tragiques, les élections troubles qui créent des controverses renseignent mieux sur une société que ne le font les élections régulières. Ainsi, aussi préjudiciables soient-ils, les scrutins contestés comme celui qui a lieu le samedi 29 mars 2008 au Zimbabwe sont révélateurs. Ils permettent de comprendre que les Africains blancs du continent sont difficilement acceptés comme des citoyens de pleins droits. En effet, Robert Mugabe, traitant Morgan Tvanjiraï, son opposant qui compte plusieurs citoyens blancs dans son parti, de vendu à l’Occident, l’oblige par voie de violence et de harcèlement à se retirer du second tour alors qu’il vient en tête du premier tour avec 47%. Mugabe, le président sortant, malgré ses 28 ans de pouvoir, est venu en deuxième position avec 43%. Ce n’est certainement pas le moment d’ouvrir les dossiers pour chercher à déterminer les facteurs idéologiques du rejet des Blancs dans les marges de la citoyenneté en Afrique. Mais en première lecture, on peut admettre que ce rejet quasi instinctif est lié au souci des Africains noirs colonisés de se mettre à distance de tout ce qui peut rappeler la dégradante aliénation à laquelle les a soumis la colonisation. Ils ont subi un tel marquage métaphysique qu’ils finissent par mettre le Blanc en équation avec la souffrance que chaque homme s’emploie naturellement à fuir. Mais au-delà de ce racisme à l’encontre du Blanc, on peut constater aussi que c’est devenu un devoir citoyen pour tous les politiciens africains qui voudraient placer le continent sur la voie de la citoyenneté vraie et honnête de traiter certains de leurs concitoyens en sous citoyens.

         On doit et on peut légitimement supposer que Barack Obama, actuel président des États-Unis d’Amérique, pays où il est né de père kenyan et de mère américaine, donc métis, pourrait être rejeté comme intrus s’il s’était présenté comme candidat à la présidentielle du Kenya, lui, l’enfant prodige dont toute l’Afrique  s’enorgueillit énormément en ce moment. Il y a lieu de se demander sérieusement à quand le sérieux en Afrique pour cesser la lutte contre les meilleurs afin de mettre fin à la promotion de la  médiocrité collective.

Pour faire face au problème majeur de la culture de la médiocrité qui se développe sur le continent, les peuples africains pourraient adopter la théorie de la défiance politique que Pierre Rosanvallon appelle la «contre-démocratie». Cette dernière résulte d’un ensemble de pratiques de surveillance, d’empêchement et de jugement au travers desquelles la société exerce des pouvoirs de pression et de correction. Ainsi, le peuple-électeur se donne une voix et un visage pour devenir un peuple-vigilant, un peuple-juge et un peuple-sanction comme dans la Grèce antique. Le principe de la « contre-démocratie » est celui de « l’action non-violente » que l’on rencontre dans les textes du politologue américain Gene Sharp dont l’idée centrale est que le pouvoir ne provient pas d’une quelconque qualité inhérente aux chefs d’État, mais de l’obéissance des citoyens dont le défaut de soutien  les rend impuissants[14]. Gene Sharp conseille par conséquent, sur le style d’Étienne de La Boétie, une lutte pacifiste contre les pouvoirs autoritaires ou déviants qu’on doit priver de soutien.

            Obama est métis et le métis apparaît comme l’homme de nulle part. Il n’est d’aucune race et aucune race ne le revendique comme membre pleinement assumé. Il est par exemple le Blanc des Noirs et le Noir des Blancs. On ne l’admet généralement que par défaut. Son statut appelle alors une analyse de terrain assez approfondie dans le contexte métissé qu’est celui de l’Afrique d’aujourd’hui qui a souvent tendance à s’oublier comme une société métissée. Le mot métis, au-delà de son acception première de se dire d’un être issu d’un mélange de sang, d’un croisement de différentes races ou espèces, désigne aussi un mélange de couleurs de peau, de cultures et de manières d’être. Ainsi, peuvent être dit métis les Africains de la diaspora porteurs d’une culture d’ailleurs, malgré leur peau noire. C’est le cas aussi des Blancs d’Afrique, notamment ceux d’Afrique du Sud, du Zimbabwe ou de la Zambie qui sont des citoyens d’ici avec leur culture occidentale d’origine. D’où la pertinence d’Achille Mbembe qui exprime bien cette situation : « Il n’existe pas d’identité africaine finale. Il y a une identité en devenir et qui, loin des mythologies unanimistes, se nourrit des différences entre les Africains tant du point de vue ethnique que linguistique ou encore des traditions… »[15]. Mais, le constat est que les Blancs, citoyens des États d’Afrique, partagent le même sort de refoulés que les Africains de la diaspora : ils ne sont pas des citoyens de pleins droits. Ils sont perçus moins citoyens africains que les autres citoyens de par la couleur de leur peau que de par leur culture qui les dit différemment. Cette attitude dommageable se déroule dans l’oubli que dans le monde d’aujourd’hui, le citoyen est plus migrant, transnational que purement national. C’est la lecture qu’en fait Paterson qui « rejette la notion d’une identité formée à partir des critères de race ou de lieu d’origine au profit d’une identité complexe, mouvante souvent multiculturelle et hors des enclos des souvenirs »[16]. La perception figée de l’identité, en déphasage avec l’état réel du peuplement des États d’Afrique, autorise un réexamen du sens de la citoyenneté par l’observation sur le terrain de l’attitude des uns et des autres quant à la définition de la mission de l’État et la conduite de la destinée de la nation. Dans ce cadre, l’exemple de l’Afrique du Sud de Nelson Mandela constitue un terreau fertile et fertilisant pour féconder notre examen.

           Mandela a donné à la citoyenneté toute sa valeur multiraciale et multiculturelle en gérant le pouvoir politique sud-africain à la satisfaction relative des Noirs, des Blancs et des minorités devenus frères. Il a su composer avec les compétences issues du système liberticide évanescent de l’apartheid dont il n’a pas jeté hors bord les animateurs qui ont beaucoup à apporter au développement de la nation arc-en-ciel qu’il a exhorté ses concitoyens à fonder sur des bases citoyennes égalitaires. Cette leçon de sagesse politique est l’un des éléments de grandeur par quoi Mandela est devenu une référence dont on s’enorgueillit au-delà des frontières sud-africaines.

 

CONCLUSION

L’organisation et la gestion de la société requièrent des critères discriminants dont personne ne devrait s’offusquer. Ces critères permettent d’établir un répertoire de profils des citoyens pour mieux les utiliser dans les compartiments où ils sont à même de concourir efficacement au plein épanouissement de la cité. Mais le discriminant ne doit pas être discriminatoire au risque de saper les bases du développement individuel et collectif que l’on poursuit. Entendu que c’est l’habitude qui installe les attitudes sur lesquelles s’élèvent les aptitudes, l’Afrique doit éviter de s’installer durablement dans la démocratie discriminatoire de l’ADN qui est une mauvaise démocratie. Elle est la source de toutes sortes de tensions : politique, sociale, religieuse. Si rien n’est fait pour contenir la propagation de cette démocratie perverse, il ne serait pas conséquent de s’offusquer par la suite de la démocratie par l’hérédité en couvaison sur le continent et déjà en expérimentation au Togo, en République Démocratique du Congo, au Gabon, etc. Au « pouvoir des pères » fait suite celui des « fils » par un simulacre d’élections. Ce schéma « démocratique » qui n’est pas le bon tâche de faire comprendre que le pouvoir politique démocratique relève d’une hérédité naturelle et non d’un héritage culturel que chacun doit reconquérir par sa propre valeur. La culture du goût de la compétition saine est la voie qui peut permettre d’ouvrir à l’Afrique un espoir démocratique et de bonnes perspectives de développement. La liberté individuelle, l’autonomie totale de chaque homme et de tous les hommes sont liées fondamentalement au progrès de la démocratie que l’Afrique doit pouvoir enrichir pour se sortir de la crise multiforme dans laquelle elle s’enfonce.

BIBLIOGRAPHIE

 

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B/Revues, quotidiens

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  3. NIMAGA (Bakary) «De Daoukro à Kumasi, La marche à reculons de l’ivoirité » (Le Libéral, N° 324, jeudi 15 avril 1999).
  4. THUREAU-DANGIN (Philippe) « Envies de sang neuf » in Courrier international, numéro spécial, numéro 900 du 31 janvier au 6 février 2008.

 

[1] PLATON.- Protagoras, traduction d’Émile Chambry (Paris, Garnier-Flammarion, 1960).

[2] MANIN (Bernard).- Principes du gouvernement représentatif, (Paris, Calmann-Lévy, 1995), p. 97.

[3] MAURIZE (Marie-Odile).- Au-delà de l’État, le droit international et la défense des droits de l’homme, organisations et textes (Paris, Éditions francophones d’Amnesty international, 1992), p. 70.

[4] ROSANVALLON (Pierre).- La contre-démocratie. La politique à l’âge de la défiance (Paris, Seuil, 2006).

[5] MANIN (Bernard).- Principes du gouvernement représentatif, (Paris, Calmann-Lévy, 1995), p. 127.

[6] Idem, p.130 et p.113.

[7] LAUNAY (Olivier) « Un État noir d’origine américaine, le Libéria, 1822-1970 » in Jean Dumont (dir.),

L’histoire générale de l’Afrique (Paris, Éditions F. Beauval, tome cinquième, 1972), tome cinquième,  p.154.

[8] THUREAU-DANGIN (Philippe), « Envies de sang neuf » in Courrier international, numéro spécial, numéro 900 du 31 janvier au 6 février 2008, p. 5.

[9] ROUSSEAU (Jean-Jacques).- L’Émile ou de l’éducation (Paris, Garnier Flammarion, 1966), p. 345.

[10] BATHILY (Abdoulaye) « Kwame Nkrumah : toute une vie au service de l’Afrique » in Afrique histoire,  n°5, 1982, p. 7.

[11] Cette attitude n’est pas nouvelle en soi. Elle a toujours prévalu en Afrique depuis les débuts et ils ne sont pas nombreux ceux des présidents du continent qui y ont échappé.

[12] DEPEYLA (Armand B.), « Réforme de la loi sur les partis politiques », (Soir Info, quotidien ivoirien, N° 1503 du lundi 16 août 1999), p. 4.

[13] AGGREY (A.).- Codes et lois de Côte d’Ivoire.  La nouvelle constitution de la Côte d’Ivoire,  (Abidjan, Editions juridiques de Côte d’Ivoire, 2000), p. 6.

[14] SHARP (Gene).- De la dictature à la démocratie : un cadre conceptuel pour la libération, trad. Dora Atger, (Paris, L’Harmattan, coll. « La librairie des humanités »,‎ 2009).

[15] MBEMBE (Achille) « À propos des écritures africaines de soi », Politique africaine,  n°77, mars 2000 (Paris, KARTHALA), p. 31.

[16] PATERSON (Janet M.) « Le sujet en mouvement : postmoderne, migrant et transnational» in Nouvelles Etudes Francophones, volume 24, N1°, 2009, pp. 15-16.

 


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