Michel Foucault et la mort de l’homme: essai d’analyse archéologique de l’archéologie (1/2)

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Arthur Longneaux- ULB

 

Dans Les Mots et les Choses, Michel Foucault cartographie le savoir, et notamment celui de la Modernité. Il met alors en évidence l’émergence de l’homme, assignant à celui-ci son lieu dans la longue série des dispositions qu’a pu prendre le savoir de la culture occidentale. Il s’agit pour l’auteur de montrer comment les savoirs modernes ne cessent de retourner à l’homme ; la majorité de ceux-ci valent en effet (de façon médiate ou immédiate) comme savoirs sur l’homme, et tous comme savoirs de l’homme. Mais l’enjeu est également de faire apparaître le caractère limité du sujet moderne, Foucault mettant en lumière son émergence comme lieu de la pensée et comme problème pour elle. Ainsi, l’homme apparaît, à la suite de cette analyse archéologique des sciences humaines, comme une figure certes limitée à l’épistémè[1] moderne, mais s’y trouvant totalement centrale, incontournable.

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C’est dans ce contexte, celui de l’épistémè moderne, que prend place la publication foucaldienne. Or, le ton employé dans sa description de cette épistémè est celui de la critique, critique notamment du sommeil anthropologique[2] dont se serait endormie la philosophie. Le propos de L’Archéologie du Savoir est révélateur : Foucault s’oppose aux mécanismes qu’il décrit dans Les Mots et les Choses comme étant ceux qui caractérisent la Modernité. De là la question qui sera ici abordée : d’où parle-t-il donc, à quelle figure du savoir est-il possible de rattacher son discours ? L’archéologie foucaldienne, la méthode par laquelle Foucault dégage les épistémè, aborde en effet tout discours comme reposant sur une série de conditions de possibilité, et rien ne permet de penser que le sien ferait exception à la règle. De plus, il est exclu que son discours puisse reposer sur des conditions qui seraient celles d’une épistémè future, premièrement parce que Foucault n’accorde pas aux individus la possibilité de dépasser l’épistémè qui est la leur, et secondement parce qu’à partir de ce qui est dit, dans Les Mots et les Choses, de la Modernité et des savoirs qui y trouvent leur lieu, certaines proximités avec l’archéologie semblent pouvoir être dégagées. Ces proximités sont problématiques, puisque l’auteur affirme avec force sa rupture avec les réflexes modernes, avec la pensée anthropologique. On tentera ici une analyse archéologique de l’archéologie : il s’agit d’en dégager les conditions de possibilités, de circonscrire l’espace d’où se dresse ce discours qu’est Les Mots et les Choses. Cette analyse se trouve devant une double nécessité : elle se doit de montrer comment l’épistémè moderne a rendu possible un tel discours, mais également de rendre compte de sa spécificité, puisqu’il semble prendre précisément le contre-pied de la mouvance moderne de la pensée. Il s’agit donc de montrer comment un discours délivré de la pensée anthropologique trouve pourtant le lieu de son affirmation dans cette épistémè pour laquelle, comme on le sait, l’homme est roi.

La méthode qui sera employée est donc proche de la méthode archéologique puisque c’est une méthode contrastive[3]. Le point de départ en est la proximité problématique de l’archéologie avec les différentes formes de savoir de l’épistémè moderne. C’est à côté de ces différents savoirs que la spécificité de l’archéologie ressort, en effet, de la manière la plus éclatante ; mais cette proximité, justement saisie et nuancée, permet également le dégagement des conditions de possibilité de l’archéologie. La présente analyse repose donc sur celle proposée dans Les Mots et les Choses, sur cette carte du savoir moderne préalablement établie ; elle se contente de poser une question : où donc se trouve l’archéologie ?

I. Foucault et la finitude de la pensée 

L’analyse archéologique est une méthode d’analyse discursive qui, plutôt que de s’intéresser aux oppositions, aux reprises, aux bifurcations théoriques, s’attache à remonter des discours à leurs conditions de possibilité : de l’effectif au possible[4]. Or cette analyse maintient le discours étudié dans une extériorité radicale relativement au sujet anthropologique, puisque ce n’est pas lui qui fonde ses propres discours, ceux-ci obéissent à des règles, celles des épistémè, dont il n’est point le maître et dont il n’est pas même conscient : « Dans l’analyse qu’on propose ici, les règles de formations ont leur lieu non pas dans la “mentalité” ou la conscience des individus, mais dans le discours lui-même » [5]. Dès lors, le devenir du savoir échappe au sujet qui sait ; il se manifeste comme étant le lieu d’une historicité qui lui est propre. Le discours, sous le regard de l’archéologue, détient en lui-même le principe de sa cohérence, de son devenir. Or la condition d’une telle indépendance est la finitude de la pensée. C’est d’ailleurs sur un tel constat que s’ouvre l’ouvrage : lorsque Foucault cite Borges citant l’encyclopédie chinoise, face à quoi place-t-il son lecteur ? Face à ce qu’il qualifie lui-même comme étant « l’impossibilité nue de penser cela »[6] ; qu’est-ce qui est ici provoqué, sinon l’expérience brute de la finitude de la pensée, l’impossibilité pour la pensée moderne occidentale d’assurer un sol pouvant supporter cette étrange taxinomie ? La pensée est finie, chez Foucault, parce que lorsqu’elle s’engage dans la pratique discursive, elle le fait selon des règles qui ne dépendent pas d’elles ; en ce qu’elle est discursive, elle n’est pas absolument transparente à son propre regard, elle s’inscrit dans une pratique dont elle ne détient pas toutes les règles, elle échappe à elle-même.

Une première proximité peut ici être mise en évidence : il semble en effet que la recherche archéologique se fonde sur une certaine finitude de la pensée, et à ce titre s’inscrive dans la Modernité, la finitude étant l’un des traits fondamental de cette épistémè. Ce rapport se décline dans la modalité existentielle de l’objet qu’elle interroge et, par conséquent, dans la méthode effective qu’elle met en place en vue de cette interrogation. Relativement à cet objet, une hypothèse peut être formulée : l’archéologie pourrait être vue comme interrogeant un transcendantal objectif. L’objet de l’archéologie, tout comme la vie, le travail et le langage, se trouve être le principe de sa cohérence, le lieu d’une historicité qui lui est propre, il obéit à ses propres lois, etc. Comme ce fut le cas pour les trois transcendantaux objectifs préalablement cités, cette indépendance, cette autonomie repose sur une finitude radicale : qu’il s’agisse de la pensée dans le présent cas ou de la représentation, cela revient au même ; ce qui se trouve, dans la Modernité, être le lieu, la demeure du sujet anthropologique se découvre, face à la vie, au travail, au langage, et sous le regard de l’archéologue, irréductiblement fini, limité.

A. L’archéologie et l’objet moderne

Il y a beaucoup d’inexpliqué dans Les Mots et les Choses, et le caractère moderne de son objet pourrait-être en mesure d’en rendre compte. Car il est clair, dans ce que dit Foucault à propos de la vie, du travail, du langage, que jamais ils ne sont totalement parcourus par le savoir : jamais celui-ci ne sera en mesure de saisir ce qu’est la vie en elle-même. La vie comme transcendantal objectif vaut plutôt comme condition du savoir, principe organisateur des empiricités auxquelles est confronté le biologiste. À ce titre, le transcendantal objectif peut être rapproché de l’objet transcendantal =X kantien. Ce dernier, pas plus que la vie, n’est et ne sera jamais un aliquid, il ne sera jamais constitué en objet pour le savoir ; bien plutôt vaut-il comme principe organisateur du savoir et des empiricités auxquelles celui-ci se trouve confronté. Tout comme le biologiste récolte des signes visibles et, à partir d’eux, fait avancer son savoir vers la vie, organise ces signes par rapport à elle, l’archéologue lui aussi récolte des signes. Chaque énoncé effectif, finalement, peut être considéré comme signe du possible auquel il renvoie[7]. L’archéologie est donc une méthode procédant par inférences : à partir de ce qui est directement donné, il s’agit de remonter à ce qui ne l’est pas, de partir de l’effectif pour en arriver au possible qui le sous-tend. C’est en ce sens qu’il est possible de comprendre les étranges déclarations de Foucault, lorsqu’il dira, à propos de ses analyses, qu’il s’agit d’analyses de surfaces[8], ou lorsqu’il qualifiera Les Mots et les Choses de fiction[9].

Cela a été vu, ce qui intéresse l’archéologue, c’est le savoir ou la pensée en tant que pratique, c’est-à-dire en tant qu’il s’agit d’une modalité de la pratique discursive : l’objectif est de dégager la règle du dicible[10], le réseau de conditions de possibilité qui définit, pour une époque donnée, ce qu’il est possible et impossible de dire. La dimension langagière est dès lors absolument primordiale dans l’analyse archéologique, c’est en ce sens que l’hypothèse précédemment énoncée peut être spécifiée : le transcendantal objectif vers lequel tendrait cette analyse ne serait autre que la Loi.

Que la Loi puisse être considérée comme un transcendantal objectif avec lequel l’archéologie serait en rapport est assuré par deux éléments au moins, premièrement par la description qu’en fait Foucault dans un autre texte, La Pensée du Dehors :

Évidente au cœur, la loi ne serait plus la loi, mais l’intériorité douce de la conscience. Si, en revanche, elle était présente dans un texte, s’il était possible de la déchiffrer entre les lignes d’un livre, si le registre pouvait en être consulté, elle aurait la solidité des choses extérieures ; on pourrait la suivre ou lui désobéir : où serait alors son pouvoir, quelle force ou quel prestige la rendrait vénérable[11] ?

La Loi est toute-puissante, présente dans le moindre geste, la moindre action, et ce précisément de par son absence. En ce caractère d’altérité absolue, la Loi semble être très proche des transcendantaux objectifs, qui eux aussi se trouvent hors de la conscience anthropologique, en face du savoir. Or, de par ce retrait on retrouve un trait des épistémè foucaldiennes : elles ne sont pas données à la conscience des individus qui pourtant se meuvent dans l’élément du discursif en respectant les règles qui le caractérisent. Celles-ci échappent à la toute-puissance du sujet anthropologique, c’est par là même que le savoir se trouve doté de sa cohérence propre. En cela, il semble que la Loi constitue la facette non atteignable de l’analyse archéologique : son bord extérieur, ce vers quoi elle tend mais que jamais elle ne pourra saisir pleinement. Cela a été dit : l’archéologie cherche à dégager les règles, à mettre en pleine lumière les conditions du dicible, à atteindre l’ordre dans sa donation première et fondatrice ; est-il injuste de parler de la Loi de l’énonçable ? D’autant qu’il est question de la Loi dans Les Mots et les Choses, à propos de la psychanalyse, ce qui constitue un second élément. Qu’il en soit ici simplement dit qu’elle est la forme de la finitude humaine résultant de sa constitution langagière. Autrement dit, l’homme (et partant son lieu, sa demeure : la pensée), en tant que traversé par le langage comme transcendantal objectif, se donne comme soumis à la Loi car d’emblée, avant même son premier mot, il est déterminé par le langage dans lequel sa pensée prend place. Et ceci fait clairement écho à ce dont il a été question ci-dessus, à savoir l’importance du langage, de la discursivité, comme extériorité fondamentale mais élément obligé de la pensée, du savoir, dans l’analyse archéologique.

Dès lors, ce que la description des épistémè laisse inexpliqué, c’est la Loi qui serait en mesure d’en rendre compte. Et c’est précisément ce qui se passe pour les ruptures. La rupture est un des grands points que l’archéologie maintient dans l’inconnu : elle se contente de les recenser sans en rendre compte. Elles ne sont pas seules : par exemple, par rapport aux multiples signes annonçant le retour du langage, Foucault ne fait qu’énoncer plusieurs hypothèses, avouant explicitement son impuissance à trancher[12] ; il ne sait pas comment lire ces signes. C’est ainsi qu’en abordant la question de la rupture l’auteur déclare :

Le discontinu – le fait qu’en quelques années parfois une culture cesse de penser comme elle l’avait fait jusque-là, et se met à penser autre chose et autrement – ouvre sans doute sur une érosion du dehors, sur cet espace qui est, pour la pensée, de l’autre côté, mais où pourtant elle n’a cessé de penser dès l’origine[13].

Or ce dehors est précisément caractérisé, dans La Pensée du Dehors, comme étant la Loi[14].

Toutefois, dire que l’archéologie entretient un rapport avec un transcendantal objectif, n’est-ce pas également dire qu’elle est positiviste ? Il est clair que si l’archéologie tente de décrire un transcendantal objectif, si l’archéologue, sans cesse, tente d’ajuster son discours à cette altérité en face de laquelle il se trouve, si, somme toute, ce discours est bien la description d’un objet au sens moderne du terme, alors il s’agit bien d’un positivisme. Et cela semble être le cas, Foucault parle lui-même de description archéologique[15], et notamment de « la description systématique d’un discours-objet »[16]. Il va même jusqu’à reconnaître, dans L’Archéologie du Savoir[17], le caractère positiviste de ses analyses. Ceci pourrait toutefois susciter une hésitation : Foucault ne rompt-il pas pourtant avec le positivisme ? Le discours foucaldien ne constitue-t-il pas précisément une échappatoire à l’alternative moderne entre positivisme et eschatologie ? Il est vrai qu’il développe une analyse qui problématise jusqu’en son ultime fondement l’existence de l’homme, ce qui constitue, selon les mots mêmes qui sont les siens, l’unique moyen de dépasser cette alternative[18]. De plus, Les Mots et les Choses traite, comme l’explicite la préface, du mode de donation de l’ordre nu, ordre pouvant être caractérisé comme une sorte de région médiane, entre le visible et l’énonçable[19]. Comment ce discours pourrait-il être positiviste puisqu’il n’y est question, de l’aveu même de l’auteur, ni de mots ni de choses[20] ? Il suffit néanmoins, afin de couper court à cette aporie, de suivre une distinction qu’établit l’archéologie elle-même lorsqu’elle traite des productions discursives, entre les objets et la forme d’un discours. On peut ainsi se rendre compte que si l’archéologie interroge bien un objet qui se trouve être l’ordre fondamental du savoir d’une épistémè, la forme de cette interrogation, le rapport qu’elle engage avec cet objet est un rapport de type descriptif, donc positiviste. Autrement dit, ce n’est pas parce que Foucault met en lumière le caractère régional de l’alternative entre positivisme et eschatologie, ni parce qu’il permet de penser un jeu de vérité qui y échappe, que d’un point de vue pratique son discours se trouverait pouvoir relever d’une pratique discursive autre que celle qui caractérise la Modernité. Le caractère positiviste de la perspective archéologique se trouvera également confirmé par la mise en évidence du rapport de l’archéologie à l’oscillation entre l’empirique et le transcendantal. Car le positivisme et l’eschatologie se trouvent représenter les deux moments de ce mouvement. Si donc l’archéologie est bien positiviste, elle devra suivre l’un de ces moments, et cela sera mis en évidence d’ici peu.

B. Proximité méthodologique

L’archéologie semble donc pouvoir être rapprochée de la biologie, de la philologie et de l’économie, dans le trièdre des savoirs modernes, puisqu’elle se trouve être en relation avec son objet sous un mode similaire à celui des sciences des transcendantaux objectifs. Mais ce n’est pas tout, une proximité méthodologique peut également être mise en évidence, comme cela a été annoncé. Ces sciences, en effet, « procèdent par la mise en rapport d’éléments discontinus mais analogues, si bien qu’elles peuvent établir entre eux des relations causales et des constantes de structures »[21]. Et l’archéologie semble bien fonctionner d’une manière, sinon identique, au moins analogue :

à propos de ces grandes familles d’énoncés qui s’imposent à notre habitude – et qu’on désigne comme la médecine, ou l’économie, ou la grammaire -, je m’étais demandé sur quoi elles pouvaient fonder leur unité. Sur un domaine d’objets plein, serré, continu, géographiquement bien découpé ? Ce qui m’est apparu, ce sont plutôt des séries lacunaires, et enchevêtrées, des jeux de différences, d’écarts, de substitutions, de transformations. Sur un type défini et normatif d’énonciation ? Mais j’ai trouvé des formulations de niveaux bien trop différents et de fonctions bien trop hétérogènes pour pouvoir se lier et se composer en une figure unique et pour simuler, à travers le temps, au-delà des œuvres individuelles, une sorte de grand texte ininterrompu. Sur un alphabet bien défini de notions ? Mais on se trouve en présence de concepts qui diffèrent par la structure et par les règles d’utilisation, qui s’ignorent ou s’excluent les uns les autres et qui ne peuvent pas entrer dans l’unité d’une architecture logique. Sur la permanence d’une thématique ? Or, on trouve plutôt des possibilités stratégiques diverses qui permettent l’activation de thèmes incompatibles, ou encore l’investissement d’un même thème dans des ensembles différents. De là l’idée de décrire ces dispersions elles-mêmes ; de chercher si, entre ces éléments qui, à coup sûr, ne s’organisent pas comme un édifice progressivement déductif, ni comme un livre démesuré qui s’écrirait peu à peu à travers le temps, ni comme l’œuvre d’un sujet collectif, on ne peut pas repérer une régularité : un ordre dans leur apparition successive, des corrélations dans leur simultanéité, des positions assignables dans un espace commun, un fonctionnement réciproque, des transformations liées et hiérarchisées[22].

Il est en effet possible de pointer le caractère discontinu du matériel de base de l’analyse archéologique : elle s’occupe de populations d’énoncés que rien, a priori, ne lie. Foucault refuse, de fait, toutes les grandes catégories qui permettent, avant toute recherche, toute analyse, de lier les énoncés entre eux, soit comme expression de la pensée d’un auteur, soit comme membre d’un corpus déterminé, etc. Car ces catégories ne sont pas données avec la population d’énoncés. Or ce sont précisément les catégories inhérentes aux énoncés qu’il veut atteindre. L’archéologie procède donc également en mettant en rapport des éléments discontinus et analogues[23], ce qui lui permet, par un processus long et difficile, de dégager des relations entre énoncés[24], de mettre en lumière le système de leur dispersion, d’atteindre les régularités. L’archéologie est donc non seulement au niveau du type d’objet avec lequel elle entre en rapport, mais également au niveau de la méthode qu’elle développe (ces deux dimensions étant bien entendu liées) très proche de ces sciences des transcendantaux objectifs.

 

 


[1] Par épistémè, ou socle épistémologique, Foucault entend un mode d’organisation discursif du savoir. L’épistémè moderne est la troisième configuration épistémologique mise en évidence dans Les Mots et les Choses, dont la figure centrale est la figure anthropologique.

[2] Le sommeil anthropologique est une notion foucaldienne qui fait référence à la manière dont la philosophie moderne, s’inscrivant pleinement dans le structure moderne du savoir, se fait anthropologie.

[3] Ce qui est le cas de l’archéologie : une épistémè ne se dégage pas seule, mais bien par contraste, en polarisant les différences avec celle qui précède (ou qui suit).

[4] à ce propos, le vocabulaire utilisé par l’auteur dans Les Mots et les Choses est révélateur : il utilise principalement des relations de consécution et de supposition comme liens entre énoncés, remontant ou descendant, selon les aléas de son exposé, de l’effectif à ses conditions, ou des conditions à ce qu’elles conditionnent.

[5] FOUCAULT Michel, L’Archéologie du Savoir, Paris, Gallimard, 1969, p.87.

[6] FOUCAULT Michel, Les Mots et les Choses, Paris, Gallimard, 1966, p.7.

[7] Cf. FOUCAULT Michel, Les Mots et les Choses, Op. Cit., p.265.

[8] FOUCAULT Michel, Dits et écris, II, D. Defert et F. Ewald (dir.), Paris, Gallimard, 1994, p.405.

[9] FOUCAULT Michel, Dits et écris, I, D. Defert et F. Ewald (dir.), Paris, Gallimard, 1994, p.591.

[10] Et également, mais Foucault n’insiste que très peu là-dessus dans Les Mots et les Choses, le visible.

[11] Ibid., p.591.

[12] Cf. FOUCAULT Michel, Les Mots et les Choses, Op. Cit., p.349-350.

[13]  Ibid., p.64.

[14] Plus exactement, la Loi est une des figures pouvant « incarner » le dehors. Elle semble justifiée ici de par l’importance du langage, de la discursivité comme pratique, comme lieu obligé de la pensée et du savoir dans l’analyse archéologique.

[15] Cf. FOUCAULT Michel, L’Archéologie du Savoir, Op. Cit., p.41, 42, 171, 172, 180, 195, 272, également FOUCAULT Michel, Dits et écrits, II, Op. Cit., p.405.

[16] FOUCAULT Michel, L’Archéologie du Savoir, Op. Cit., p.185.

[17] Cf. Ibid., p.172.

[18] Cf. FOUCAULT Michel, Les Mots et les Choses, Op. Cit., p.332.

[19] Cf. DELEUZE Gilles, Foucault, Paris, Les Éditions de Minuit, 1986, p.58 pour ces deux catégories foucaldiennes.

[20] Cf. Ibid., p.21.

[21] FOUCAULT Michel, Les Mots et les Choses, Op. Cit., p.358.

[22] FOUCAULT Michel, L’Archéologie du Savoir, Op. Cit., p.55.

[23] Il s’agit bien d’énoncés.

[24] Cf. Ibid., p.219-220 pour une typologie de ces relations.

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