Renouveler les formats d’écriture par le recours au multimédia. L’exemple de la revue en ligne ethnographiques.org

AMIOTTE-SUCHET Laurent, Professeur remplaçant, Université de Lausanne (FTSR)., Institut de sciences sociales des religions contemporaines (ISSRC).

De la photo documentaire à l’anthropologie visuelle

La production d’images (fixes ou animées) fait pleinement partie de la tradition ethnographique. À l’origine, la photographie s’entendait davantage comme photographie du réel (outil documentaire) à visée muséographique. L’acte photographique n’était pas l’objet d’une réflexion sur les modalités de production de l’image, c’est-à-dire sur le rôle joué par l’auteur de la photographie dans la manière dont cette dernière est construite (cadrage, éclairage, moment choisi, scène, etc.). Or, tout comme l’ethnographie développera une réflexion approfondie sur la part nécessairement subjective de l’anthropologue comme auteur[1] et du journal de terrain comme construction du réel, les chercheurs en sciences sociales utiliseront sur le terrain la caméra et l’appareil photographique en assumant la part de construction personnelle (de mise en langage) de la production d’images.

Traduire la réalité ethnographique à partir du seul recours à l’écriture (journal de terrain) constitue une contrainte pour les chercheurs qui, de plus en plus nombreux, utilisent une caméra et un appareil photographique sur le terrain pour pouvoir rendre compte des réalités ethnographiques auxquelles ils sont confrontées à partir de l’ensemble des matériaux qu’ils ont collectés (textes, récits, images, sons, dessins, etc.). Cette possibilité de pouvoir enrichir son texte par l’image et le son est d’autant plus importante que le chercheur est confronté sur le terrain à des activités impliquant mise en scène et engagement du corps. Les outils multimédias peuvent ainsi devenir de véritables atouts pour traiter d’expressions (culturelles, politiques, religieuses,…) impliquant explicitement des « états » intérieurs vécus et décrits comme « informulables » et qui, donc, se donnent plus à voir qu’ils ne peuvent se dire[2]. Le recours au multimédia constitue donc une démarche tout à fait adaptée (voire indispensable) pour articuler ensemble et rendre intelligible ce qui se dit et ce qui se fait, ici et maintenant ; et traduire ainsi du social en train de se faire, dans la dynamique des interactions quotidiennes. Cette approche, visant à mettre sur le même plan qualitatif le récit ethnographique, la prise de sons, la photographie et le film constitue donc le fondement de ce que l’on entend par « anthropologie visuelle » ; une démarche éminemment réflexive qui entend construire du sens en articulant ensemble matériaux audio-visuels et production écrite[3].

La production d’images n’a donc pas une simple fonction documentaire. Elle est utilisée autant comme un outil de production et d’analyse que comme un dispositif d’interaction favorisant discours, présentation de soi, mise en scène, négociation sur ce qu’il convient de voir ou de montrer. Dans la tradition de l’anthropologie visuelle, le recours à la caméra et à l’appareil photographique sur le terrain renvoie donc bien à différentes démarches complémentaires : observer, participer, questionner, analyser, signifier/diffuser.

Observer :

La production d’images sur le terrain est d’abord un outil d’observation. Pour saisir des situations d’interactions sociales, pour appréhender des manifestations publiques, pour suivre la dynamique d’une manifestation ou d’un événement, etc., le recours au film et la photographie constitue un complément indispensable au journal de terrain. Ces supports permettent en effet de voir (et revoir) des séquences ethnographiques particulières et d’y découvrir divers aspects ayant échappés à l’observateur dans le temps de l’action. Dans une telle démarche, les rushs permettent donc à l’équipe de recherche de revisionner collectivement des moments ethnographiques et d’en analyser ensemble le déroulement. La photographie permet de fixer visuellement ce qui est partagé ou non au sein de l’espace public, la manière dont les personnes veulent se montrer, paraître ou se rendre (in)visibles. L’usage de la photographie et du film vient donc rendre compte de ces régimes d’engagement et d’attachement à des lieux, des moments, des symboles, des objets, etc[4].

Participer :

Investir un terrain avec une caméra ou un appareil photographique à la main présente également l’intérêt d’attribuer au chercheur un rôle et de favoriser ainsi une situation d’interaction particulière durant laquelle les acteurs sociaux, préoccupés par les intentions de ce preneur d’images, tenteront de gérer/orienter le chercheur en lui indiquant ce qu’il convient de voir et de mettre en image. En s’introduisant sur le terrain avec du matériel, le chercheur se rend ainsi volontairement visible, provoque l’interaction avec un collectif soucieux de son image et participe à l’émergence d’interactions (signifiantes) entre lui et ceux qu’il entend fixer par l’image[5].

Questionner :

Les images (fixes ou animées), qu’elles soient produites par le chercheur, le journaliste ou les acteurs eux-mêmes, sont nécessairement perçues et comprises comme des productions de discours (sur soi ou sur les autres). Ces supports peuvent ainsi être utilisés dans le cadre des entretiens sociologiques, pouvant en effet servir de cadre (de grille d’entretien) pour conduire une interview sur ce qu’un individu perçoit d’une image produite sur/pour lui ou sur/pour sa « communauté » de référence. Le chercheur a ainsi accès à ce qu’un individu a voulu produire comme discours à partir des images qu’il a produites. La photographie constitue donc un outil de dialogue permettant aux acteurs de dire ce qu’ils voient (ou ne voient pas) tout autant que ce qu’ils estiment vouloir montrer (ou ne pas montrer). Confrontés à des collectifs soucieux de maîtriser leur (in)visibilité dans l’espace public, le chercheur utilise ainsi les images produites (par les acteurs, pour les acteurs ou sur les acteurs) pour mieux rendre compte des diverses manières d’investir l’espace et de s’y rendre présent/absent[6].

Analyser :

Le recours à des supports visuels (comme des affiches par exemple) est particulièrement présent lors des manifestations ou événements organisés par un (des) collectif(s). L’objectif consiste à analyser les méta-discours des acteurs ou des collectifs à partir des images qu’ils produisent d’eux, des autres ou des espaces qu’ils s’approprient pour s’y rendre (in)visible (affiches, DVD, expositions, etc.). Parallèlement à un travail sur ce que l’acteur perçoit, il convient en effet de traiter des opérations de communication gérées par des groupes visant par ces supports à se présenter, à se rendre visible. Les entretiens, menés avec les producteurs de ces supports, permettent ainsi de retracer avec eux les choix de communication qui ont orienté la production de ces images[7].

Signifier/diffuser :

Enfin, le recours aux supports audiovisuels permet également de valoriser les résultats d’une recherche à partir de la production de supports multimédias (articulant textes, images et sons). La diffusion de la recherche constitue aussi un des enjeux de l’usage des supports multimédias puisque ces derniers favorisent la mise en récit, introduisent d’autres manières de dire, enrichissent la description ethnographique et permettent l’émergence de nouveaux formats d’écriture.

Cet article, en se focalisant sur le recours au multimédia par les auteurs ayant contribué au développement de la revue ethnographiques.org, entend donc illustrer ces pratiques d’écritures, classiques ou plus expérimentales, qui contribuent à nourrir la réflexion sur le développement des NTIC et leurs potentiels d’innovation au sein du monde éditorial.

Ethnographiques.org, une revue en ligne de sciences humaines et sociales

La revue ethnographiques.org, née en 2002, vient de publier son 23enuméro. Elle traite de tous les domaines de la sociologie et de l’anthropologie, sans restriction thématique. Née d’un partenariat entre des jeunes chercheurs de l’Université de Franche-Comté et de l’Institut d’ethnologie de Neuchâtel, la revue ethnographiques.org fonctionne comme bon nombre de revues scientifiques, avec un comité éditorial assurant son fonctionnement, un comité scientifique s’assurant de la qualité de son développement et un comité de lecture évolutif évaluant la qualité des articles reçus. Dès ses origines, la revue ethnographiques.org mettait l’accent sur la démarche ethnographique comme mode d’investigation privilégié et sur l’usage des potentialités offertes par les multimédias comme opportunité de renouveler les formats d’écriture.

Depuis les films de Haddon au XIXe siècle, les photographies de Boas ou de Malinowski, et plus encore aujourd’hui avec la diffusion des appareils numériques, chacun d’entre nous peut, sur son terrain, tenir le rôle de photographe, de cinéaste et de preneur de son. Or, ces documents visuels et sonores s’effacent habituellement dans la production ethnologique devant le travail d’écriture nécessaire à la structuration de la pensée et à la communication de celle-ci. Mais cette limitation de l’expression, liée aux contraintes de l’imprimerie (…) peut aujourd’hui être dépassée. Les documents multimédias nous donnent en effet la possibilité d’approcher un peu plus un certain idéal d’une ethnographie raisonnée. Ils nous obligent dans le même temps, (…), à reconnaître la part de construction personnelle de nos discours : en développant une description qui enchâsse, par exemple dans l’analyse d’un rite, la photographie des « informateurs », une séquence filmée (…), la retranscription d’extraits de livres liturgiques, etc., le chercheur se vit aussi comme une sorte de metteur en scène. (Extrait de la charte éditoriale de la revue).

Les auteurs se trouvaient ainsi encouragés à adopter une attitude réflexive, à s’interroger en somme sur les conditions de production des matériaux ethnographiques (textes, images et sons) à partir desquels ils fixent un « réel », formulent leurs hypothèses de travail et proposent des pistes de réponse à leurs questionnements.

Le recours au multimédia : outil d’illustration et plus-value descriptive

Découvrant les possibilités offertes par la publication en ligne, les auteurs cherchent d’abord à rendre compte de leur terrain ethnographique par la photographie. Le premier usage, classique, reste donc celui de l’image illustrative. Bernard Boutter, par exemple, utilise les photographies pour illustrer un propos portant sur la pluralité religieuse contemporaine à l’île de la Réunion[8]. Dans un même registre, Pierre-Joseph Laurent utilise la photographie pour rendre compte d’une séance d’imposition des mains dans une Église pentecôtiste du Burkina Faso[9]. Le recours à la photographie illustrative est ainsi extrêmement fréquent, en particulier chez les auteurs traitant des activités rituelles. La photographie permet, comme dans l’article de Miriam Rabelo, de montrer les ornements du corps qui caractérisent des rituels d’initiation dans le Candomblé brésilien et d’illustrer ainsi des postures et des engagements corporels producteurs de sens au cœur de ces pratiques rituelles[10]. Le lecteur peut ainsi suivre, image par image, l’enchaînement des séquences qui construisent une cérémonie religieuse, comme dans le texte d’Alessandro Monsutti portant sur des processions expiatoires de pénitents Hazara au Pakistan[11].

Mais l’intérêt d’une revue multimédia tient aussi à la possibilité offerte aux auteurs de multiplier à souhait les types de supports utiles à leurs descriptions. Les textes se trouvent enrichis d’extraits d’entretiens supplémentaires, de photographies, de croquis, de cartes, etc. Les auteurs peuvent donc chercher à donner accès à la totalité des matériaux exploités dans le cadre de leur recherche. Pour son étude sur le rock groenlandais, l’ethnomusicologue Maeva Glardon utilise ainsi toute la potentialité de l’outil en articulant à son propos les musiques originales, les textes des chansons, les discours des musiciens et les jaquettes des CD[12] pour décrire le plus finement possible la manière dont se structure cet espace de production musicale, qui est aussi production de sens. À sa façon, Philippe Geslin exploite lui de nombreux extraits vidéos afin de rendre compte, entre autres, de la totalité des gestes effectués dans le cadre de la cueillette du safran[13]. En collaboration avec des acteurs, l’auteur contribue, par son texte, à une opération de sauvegarde des savoir-faire liés à la cueillette du safran dans le but de participer à la relance de cette culture. La démarche de l’auteur, inscrite dans le champ de l’anthropotechnologie, a ici une visée transformatrice ; l’objectif étant de produire des connaissances sur les formes sociales « d’appropriations » des objets techniques. Ainsi, entre description ethnographique et patrimonialisation d’un savoir-faire, la publication multimédia devient tout autant descriptive des savoirs qu’un outil de transmission d’une culture technique menacée d’extinction. De même, dans le texte de Suzanne Chappaz-Wirthner et Grégoire Mayor portant sur la fabrication des masques de carnaval dans le Haut-Valais suisse[14], les séquences vidéos s’agrègent utilement au texte afin de mettre en évidence la manière dont les fabricants de masques se positionnent les uns par rapport aux autres lorsqu’ils décrivent, devant l’objectif, les « secrets » d’un geste créateur dont ils sont les garants et qui, bien au-delà de l’objet, véhicule une identité culturelle se voulant imperméable aux influences du monde extérieur.

La multiplicité des supports multimédias et leur articulation avec le texte deviennent presque indispensables dès lors que les auteurs traitent des pratiques rituelles. Dans le texte de David Bozzini, le lecteur a accès à la quasi-totalité de l’ambiance d’une pratique de dévotion dans l’appartement d’une sainte à Naples[15] : prières énoncées, mobilier agencé, déplacements effectués. La publication multimédia participe donc ici d’un véritable effort de recontextualisation des séquences rituelles, de leur mise en acte et du travail de médiation des objets. Il en est de même dans le texte de Sébastien Baud portant sur le chamanisme péruvien et l’usage de l’ayahuasca[16]. L’auteur se livre à une véritable description exhaustive de ces pratiques chamaniques, photographiant chaque étape de la cure, depuis les plantes avant leur cueillette jusqu’aux séances de vision en passant par l’ensemble de la préparation des concoctions et les étapes rituelles de la purification. Depuis les nomenclatures botaniques jusqu’aux représentations symboliques qui organisent les fonctions « enseignantes » des plantes utilisées, le lecteur peut alors suivre toutes les étapes de l’initiation.

Écrire autrement : exemples d’usages avancés

Si le recours aux supports multimédias peut constituer une valeur ajoutée au texte ethnographique, certains auteurs vont plus loin encore. Dans un certain nombre de publications, d’images, de sons et séquences vidéos sont indispensables au propos et le texte publié, dans une certaine mesure, ne pourrait être compris indépendamment de ces matériaux auxquels il est associé. Grégory Delaplace et Vincent Micoud, en présentant leurs recherches sur les usages sociaux de la photographie en Mongolie, mobilisent un « terrain » essentiellement composé par des vitrines de photographies constamment présentes dans les foyers[17]. Leur démarche consiste donc ici à présenter et commenter des photographies de photographies pour y déceler les règles sociales sous-jacentes à l’organisation de vitrines qui traduisent, entre autres, des systèmes de parenté, des statuts sociaux, des rapports de genre et des attachements religieux. Comme le disent les auteurs, la photographie est non seulement l’objet mais aussi le support de cette étude, elle implique l’observateur, en tant que photographe, dans la production de son objet d’observation.

Charlotte Pezeril utilise, la photographie pour mieux rendre compte de deux types d’engagement corporel au sein d’un même rituel. Elle traduit ainsi par l’image, parallèlement à son texte, des formes de résistance à l’orthodoxisation durant les séances de sikar collectif de la communauté musulmane des Baay Faal du Sénégal[18]. L’usage de la photographie permet ici à l’auteure de mettre en évidence différents groupes de disciples qui, par les modalités de leurs engagements corporels spécifiques, traduisent (donnent à voir) la variété des représentations qui sous-tendent les pratiques de la transe dans ce rituel collectif. Ici, comme le dit l’auteure, l’image n’est plus illustrative, elle devient démonstrative et fait pleinement partie du texte ethnographique.

Tout aussi stimulant, l’article de Pascal Viot, Luca Pattaroni et Jérôme Berthoud exploite des techniques inédites mises en place pour les besoins du propos. Étudiant les comportements festifs lors de l’Euro de football 2008 à Genève, les auteurs revisionnent les séquences vidéos extraites du terrain pour y trouver des informations que l’observation in situ ne permet pas de premier abord[19]. Ils nous permettent de suivre leur démarche à l’aide d’une visionneuse déroulant les actions au ralenti et indiquant par une fenêtre adjacente et un commentaire ce qu’il convient de voir et de comprendre. Leur étude de ces micro-situations des comportements de foule, opérée à partir d’une analyse détaillée des rushs, permet de saisir la dynamique de basculement entre le moment d’émulation amicale et l’altercation violente entre des supporters. L’objectif des auteurs est ici que le lecteur puisse reproduire « les gestes d’observation » qu’ils avaient eux-mêmes réalisés pour développer leur analyse.

Dans son étude comparée des cultes catholiques et protestants, Catherine Rémy met à profit le travail sur l’image en retouchant et colorant ses propres photographies afin de mettre en évidence des postures, des attitudes priantes ou des modalités diverses d’engagement variant en fonction du contexte confessionnel mais aussi en fonction du moment de la cérémonie, de la position dans l’espace du lieu de culte, du nombre de protagonistes engagés et de leur fonction dans le déroulement rituel[20]. Elle peut ainsi, grâce à ce procédé, traduire ce que sont et sur quoi reposent ces engagements ordinaires qui, parce qu’ils apparaissent comme des détails insignifiants, ne sont que rarement analysés dans les travaux de recherche.

Patrick Plattet, dans son article portant sur un rituel sibérien, brise la linéarité même du texte et propose un document où la photographie elle-même, découpée et interactive, constitue en quelque sorte le sommaire qui structure le texte[21]. C’est à partir de la photographie, en cliquant sur telle ou telle partie de l’image, que le lecteur se déplace dans l’article et découvre tous les aspects symboliques qui donnent sens à l’usage des objets et aux actes accomplis (que l’image illustre). La photographie, ailleurs simple illustration, devient ici porteuse de la totalité du sens et c’est à partir d’elle que l’on accède aux dimensions visibles et invisibles qui constituent ensemble la scène photographiée. Quand, ailleurs, l’image illustre le texte, ici, c’est donc bien le texte qui illustre l’image. L’article de Patrick Plattet ne se lit donc plus d’un bloc. On y circule entre images et textes. À partir d’une seule photographie, c’est tout le contenu du texte qui devient accessible. Par des cheminements chaque fois spécifiques, le « lecteur » parcourt à sa manière la multitude des analyses de l’auteur sans se voir imposer une linéarité. Ainsi, le texte n’a plus vraiment ni début, ni fin. Il peut offrir plusieurs parcours sémantiques pour une même analyse.

Le texte de Michèle Fiéloux et Jacques Lombard constitue lui aussi une expérimentation passionnante[22]. Pour les besoins de la cause, les auteurs s’autorisent même quelques libertés vis-à-vis de la charte graphique de la revue. Ce très beau texte retrace le quotidien de Clairette, une femme de 45 ans régulièrement possédée par le prince Raleva à Madagascar. Portant sur la complexe articulation entre deux registres identitaires, l’article de Michèle Fiéloux et Jacques Lombard inverse clairement les usages. C’est ici le texte qui n’est qu’un simple annexe à la portée des images qui monopolisent la quasi-totalité de l’écran. L’article est constitué de plusieurs pages HTML articulées entre elles par les images ; véritables portes donnant accès à la suite du propos. Trois produits multimédias distincts se succèdent tout en s’articulant entre eux et traduisent ainsi la nécessité pour le possédé de « sortir » d’un état social pour « entrer » dans un autre. La possession, comme pratique culturelle basée sur la maîtrise d’un double registre identitaire et la gestion quotidienne des risques de leurs chevauchements, se trouve ainsi traduite par la manière même dont les auteurs, en articulant les images et les séquences de texte, jouent entre horizontalité et verticalité pour mettre en scène leur propos.

Nouveaux usages, nouveaux défis

Cet article, tout en faisant la promotion d’une revue en ligne, nous invite donc à réfléchir sur la potentialité que nous offre aujourd’hui ce type de publication, à l’heure où de nombreuses revues de sciences humaines et sociales sont amenées, par choix ou par contrainte, à s’ouvrir sur la toile. Bien évidemment, un tel article ne fait que commenter des performances audio-visuelles réalisées par des auteurs ayant voulu saisir l’opportunité d’une publication en ligne pour exploiter une partie des matériaux ethnographiques qu’ils avaient collectés, bien souvent au départ en vue d’autres usages. Si, donc, un certain nombre de publications se sont révélées innovantes, reste que la majeure partie des articles publiés dans la revue ethnographiques.org adoptent le format classique des publications papier. Il importe en effet de préciser en conclusion qu’une publication véritablement multimédia n’est guère habituelle et que la grande majorité des auteurs potentiels n’ont jamais véritablement envisagé d’exploiter autrement que sur le mode illustratif leurs matériaux sonores et visuels.

En plus des problèmes classiques (mais accentués) du droit des images, du plagiat et de la conservation des contenus publiés, bien des difficultés se présentent pour les promoteurs d’une revue de sciences humaines et sociales en ligne à dimension multimédia :

L’exploitation de la totalité des matériaux ethnographiques dans la publication demeure une pratique peu fréquente. Dans la grande majorité des cas, le premier document fourni à la revue pour évaluation est une version strictement écrite accompagnée de précisions quant aux photographies qui pourraient l’illustrer. Ce sont alors les membres du comité éditorial de la revue qui entreprennent eux-mêmes la démarche de contacter les auteurs pour leur suggérer d’autres modes d’exploitation possibles, d’autres manières d’écrire. Un travail de co-construction se met alors en place, à partir d’exemples et d’une réflexion conjointe sur les potentialités de l’outil, déjà explorées ou possiblement explorables. Ce travail, quand il a lieu et quand il finit par aboutir à une refonte complète de l’article proposé, s’apparente donc à une exploration dont les enjeux, les intérêts et la plus-value ethnographique ne sont jamais totalement maîtrisés.

La seconde difficulté (majeure) concerne les protocoles d’évaluation des articles (peer review). Si dans ce domaine les pratiques sont relativement établies, la publication multimédia véhicule avec elle de nouveaux défis. En effet, comme cela est précisé plus haut, il existe très souvent une différence radicale entre le contenu (texte) de l’article dans sa version d’origine et le document multimédia finalement publié. Entre ces deux étapes, tout un travail d’élaboration entre les auteurs et le comité éditorial de la revue se met en place. Dans certains cas, l’article connaît donc une évolution considérable, changeant en fin de compte radicalement de forme (et donc également de fond). L’évaluation par des experts externes au comité éditorial intervient dans cet entre-deux, sans que ces derniers puissent en définitive évaluer la version définitive du document publié. De plus, ces évaluateurs externes, généralement rompus à l’exercice, n’ont que rarement d’avis quant au choix des images, à la scénographie d’un article, à la pertinence d’une articulation innovante entre textes, images et sons. L’évaluation donnée se limite donc généralement au contenu du texte (c’est-à-dire à l’articulation argumentative) et laisse généralement de côté les photographies et autres extraits audio-visuels que l’auteur se propose d’ajouter. C’est alors au comité éditorial de faire ce travail d’évaluation lui-même, afin d’éviter autant la surenchère de photographies illustratives que le recours distrayant aux innovations multimédias dépourvues d’apports heuristiques.

Enfin, la publication multimédia n’échappe pas aux questions qu’elle contribue elle-même à générer. La revue ethnographiques.org, que nous venons de présenter, conserve actuellement le format classique des publications papiers : logique de numéro, édition à intervalle régulier, conservation datée et non-modifiable des articles publiés. Pourtant, ce choix éditorial n’exploite pas tout le potentiel d’une publication en ligne : possibilité pour les auteurs d’actualiser leurs articles (voir de décider de les retirer), possibilité pour les lecteurs d’ajouter remarques et commentaires, possibilités pour les auteurs-lecteurs de participer à des articles collectifs supprimant toute dimension d’auteur pour faire advenir des documents in progress à plusieurs mains évoluant au fur et à mesure que se déploient les modes de pensée et que s’affinent (ou se réorientent) les théories scientifiques. Une telle orientation rendrait bien évidemment complexe la possibilité d’une histoire de la pensée car les contenus publiés demeureraient, ainsi, non assimilables à un auteur unique et à une période spécifique. Mais une telle orientation permettrait de mettre à jour (d’objectiver) les modalités de co-construction de la pensée (toujours collective) que les auteurs gomment généralement de leur production pour revendiquer le talent (génie) personnel qui leur permet d’exiger leur place dans le panthéon des penseurs contemporains.

Les revues en ligne de sciences humaines et sociales n’ont, dans leur globalité, pas encore évoluées en ce sens. S’il y a là un enjeu, un défi à relever, il y a aussi (et surtout) des technologies à imaginer pour l’accompagner.

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[1] Geertz Clifford, Ici et là-bas. Lanthropolgue comme auteur, Paris, Métaillé, 1996 (1988).

[2] Nous pensons ici tout particulièrement au texte très stimulant de Nicolas Mariot portant sur l’état d’esprit prêté aux foules et la nécessité pour le chercheur de prendre ses distances avec l’assimilation immédiate entre des attitudes collectives et des manières de penser (cf. MARIOT Nicolas, « Les formes élémentaires de l’effervescence collective, ou l’état d’esprit prêté aux foules » in Revue française de science politique, 2001, 51 : 707-738).

[3] Voir notamment : ATTANE Anne, LANGEWIESCHE Katrin, POURCEL Franck, « Methodological reflections on the use of photography in anthropology — Reflexoes metodológicas sobre os usos da fotografia na antropologica », Cardernos de Antropologia e Imagem, 2005, 21 : 133-152 ; BATESON Gregory, MEAD Margaret, Balinese Character : a photographic analysis, New York, The New York Academy of Science, 1942 ; COLLIER Jr. John, Malcom Collier, Foreword (préface) par Edward T. Hall, Visual anthropology : Photography as a research method, University of New Mexico Press, 1986, (1ère publication par Holt, Rinehart and Winston, 1967), ; Conord Sylvaine, « Le choix de l’image en anthropologie : qu’est-ce qu’une « bonne » photographie ? », ethnographiques.org, 2002a, 2 [en ligne] ; CONORD Sylvaine, « De l’image photographique au texte en anthropologie », in Noël Barbe, Philippe Chaudat, Sophie Chevalier (dir.), Filmer la ville, Annales littéraires de lUniversité de Franche Comté, Presses universitaires franc-comtoises, 2002b, 51-58 ; HÄGELE Ulrich, Foto-Ethnographie. Die visuelle Methode in der volkskundlichen Kulturwissenschaft. Tübingen, Tübinger Vereinung für Volkskunde, 2007 ; PIETTE Albert, Le mode mineur de la réalité. Paradoxes et photographies en anthropologie, Louvain-La-Neuve, Peeters, 1992 ; ROSE Gillian, Visual Methodologies. An introduction to the interpretation of visual materials, Los Angeles / Londres, Sage Publications, 2001 ; STANCZAK Gregory C. (dir.), Visual Research Methods. Image, Society and Representation, Los Angeles/Londres, Sage Publications, 2007 ; TERRENOIRE Jean-Paul, « Images et sciences sociales : l’objet et l’outil », Revue française de sociologie, 1985, XXVI-3 : 509-527 ; WAGNER Jon,  « Visible materials, visualised theory and images of social research », Visual Studies, 2006, 21(1) : 55-69.

[4] THEVENOT Laurent, L’Action au pluriel. Sociologie des régimes d’engagement. Paris, La Découverte, 2006 ; CORNU Tanguy, « La photographie comme révélateur d’un terrain. Le cas des meetings de tuning », ethnographiques.org, 2010, 21 [en ligne] ; Viot Pascal, Pattaroni Luca, Berthoud Jérôme, « Voir et analyser le gouvernement de la foule en liesse. Eléments pour l’étude des rassemblements festifs à l’aide de matériaux sonores et visuels », ethnographiques.org,  2010, 21 [en ligne].

[5] Cf. LALLIER Eric, « L’observation filmante. Une catégorie de l’enquête ethnographique », LHomme, 2011, 198/199 : 105-130.

[6] Cf. BARBICHON Guy, « Usages de l’image : faire, dire », Ethnologie française, 1994, XXIV, 2 : 169-175 ; MEYER Michaël, « La sociologie visuelle pour “enquêter visuellement“ ? L’image comme objet, travail et culture de l’enquête qualitative », Magma, vol.6 n°2, numéro spécial « Image et Société », Observatoire des processus de communication, 2008 ; MØHL Perle, « Mise en scène, Knowledge and Participation: Considerations of a Filming Anthropologist », Visual Anthropology, 2011, 24 : 227-245.

[7] Cf. Mir-Hosseini Ziba, « Les dessous de la réalisation de Divorce Iranian Style », ethnographiques.org, 2004, 6 [en ligne] ; PICTON Oliver, « Anthropologists Working « at Home »: On the Range of Subjects and Forms of Representation in Film, and What Makes These Ethnographic », Visual Anthropology, 2011, 24 : 421-436.

[8] BOUTTER Bernard, « “Malbar lé sorsyé…”, conversion au pentecôtisme et diabolisation de l’hindouisme populaire chez les Réunionnais d’origine indienne tamoule », ethnographiques.org, 2003, 4 [en ligne].

[9] LAURENT Pierre-Joseph,  « L’offre de guérison des Assemblées de Dieu du Burkina Faso. Un bricolage en train de se faire entre la société mythique et la modernité globalisée », ethnographiques.org, 2007, 14 – [en ligne].

[10] RABELO Miriam C.,  « Possession, corps et thérapie dans le contexte religieux brésilien », ethnographiques.org, 2007, 14 [en ligne].

[11] Monsutti Alessandro, « Entre effervescence religieuse et expression politique : l’Ashura parmi les Hazaras à Quetta (Pakistan) », ethnographiques.org, 2005, 8 [en ligne].

[12] GLARDON Maeva, « Le rock groenlandais : un moyen privilégié d’expression dans un pays qui se questionne », ethnographiques.org, 2002, 2 [en ligne].

[13] GESLIN Philippe, « Les formes sociales d’appropriations des objets techniques, ou le paradigme anthropotechnologique », ethnographiques.org, 2002, 1 [en ligne].

[14] CHAPPAZ-WIRTHNER Suzanne, MAYOR Grégoire, « Les Tschäggättä en scène : débats sur l’esthétique du masque parmi les sculpteurs du Lötschental », ethnographiques.org, 2009, 18 [en ligne].

[15] BOZZINI David, « La médiation des objets, pratiques rituelles dans l’appartement d’une sainte à Naples », ethnographiques.org, 2003, 4 [en ligne].

[16] BAUD Sébastien, « L’ingestion d’ayahuasca parmi les populations indigènes et métisses de l’actuel Pérou. Une définition du chamanisme amazonien », ethnographiques.org, 2008, 15 [en ligne].

[17] Delaplace Grégory, Micoud Vincent, « Les usages sociaux de la photographie en Mongolie : questions de méthode », ethnographiques.org, 2007, 13 [en ligne].

[18] PEZERIL Charlotte, « Place et intérêt de la photographie dans une étude anthropologique sur l’islam au Sénégal », ethnographiques.org, 2008, 16 [en ligne].

[19] Viot Pascal, Pattaroni Luca, Berthoud Jérôme, « Voir et analyser le gouvernement de la foule en liesse. Eléments pour l’étude des rassemblements festifs à l’aide de matériaux sonores et visuels », ethnographiques.org, 2010, 21 [en ligne].

[20] Rémy Catherine, « Fictionnalité, singularité et liturgie : micro-ethnographie d’une messe catholique et d’un culte protestant luthérien », ethnographiques.org, 2003, 4 [en ligne].

[21] PLATTET Patrick, « La course des deux bois du renne, commentaire ethnologique d’une photographie de terrain », ethnographiques.org, 2002, 2 [en ligne].

[22] FIELOUX Michèle, LOMBARD Jacques, « Regards en gamme. Chronique familiale ordinaire avec Personnage, juillet-septembre 1991 », ethnographiques.org, 2008, 16 [en ligne].

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