29 février 2012
“Les ailleurs de la politique”
2011-2012
Séminaire organisé et animé par Aurélie Knüfer et Simón Gallegos Gabilondo
Ce séminaire aura pour objet d’explorer l’hypothèse selon laquelle toute politique entretient des relations complexes avec des lieuxautres – que l’on pourrait appeler ses “arrière-mondes”–, relations qui la travaillent et la constituent essentiellement. Qu’il s’agisse d’utopies, de récits de voyageurs, de communautés hétérogènes logées au sein même de l’État, ou encore de pays voisins, nous aimerions interroger et dresser une cartographie de ces « ailleurs », grâce auxquels on s’efforce de mettre à distance le présent politique pour le penser, le justifier ou le critiquer.
30 novembre : Ayse Yuva : “L’efficace politique des littératures étrangères: G. de Staël et l’Allemagne” (18h, Centre Thénard, Amphithéâtre Eyrolles)
29 février : Nestor Capdevila : “La conquête de l’Amérique du point de vue du nomos de la terre (C. Schmitt) et de l’économie-monde (I. Wallerstein)” (18h, Sorbonne, salle F609)
28 mars : Aurélie Knüfer : “Restaurer ou libérer ? Deux politiques de l’intervention selon E. Burke et W. Godwin” (18h, Sorbonne, salle F609)
25 avril : Grégoire Chamayou : “Qu’est-ce que la téléprésence ? Le cas du pilote de drone” (18h, Sorbonne, salle F609)
16 mai : Simón Gallegos Gabilondo : “Conceptualisation de l’espace et littérature de voyage : le cas du continent austral” (18h, Sorbonne, salle F609)
6 juin : Yves Vargas : “J.J. Rousseau : comment la politique vient au peuple” (19h30, Sorbonne, salle Lalande)
Les séances auront lieu à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (17, rue de la Sorbonne, métro Cluny-Sorbonne, RER Luxembourg) et au Centre Thénard, Amphithéâtre Eyrolles (1, rue Thénard, métro Cluny-Sorbonne).
Le Centre d’études du Vivant a la plaisir de vous annoncer
le Séminaire « Nouvelles Configurations Sexuelles »,
organisé par Beatriz Santos
Post-doctorante au Centre d’Études du Vivant, Allocataire de l’Institut Émilie du Châtelet
Il se déroulera en cinq séances, les mercredis 08/02, 15/02, 07/03, 14/03 et 21/03, de 18h à 20h, en salle 256A du bâtiment Condorcet,
4 rue Elsa Morante – Paris 13°- Métro – RER Bibliothèque François Mitterrand – voir le plan d’accès en pièce jointe.
Ce séminaire propose d’examiner l’hypothèse d’une nouvelle cartographie des hétérosexualités. Nous partons de la critique féministe de la norme hétérosexuelle d’une part, et de l’analyse du processus inconscient de construction identitaire proposée par la psychanalyse de l’autre. Il s’agit de réfléchir à la convergence entre la notion de sujet sexué proposée par les études du genre et les théories psychanalytiques de la sexualité. Nous repérerons les transformations que ces deux avancées apportent à toute identité sexuelle, hétérosexualité incluse. Si les travaux disjoignant l’identité sexuelle du sexe biologique pluralisent le champ des nominations possibles et légitiment la critique de l’hétérosexualité comme contrainte, leur impact sur la (re)construction de l’identité hétérosexuelle ne devient-il pas un champ de recherche fructueux ? Autrement dit, les manières d’être femme et homme ne sont-elles pas aussi passibles d’être bouleversées par les nouvelles théories de la sexualité (et notamment par celles mettant en question l’hétéronormativité) ?
Thèmes des séances :
1- Changements hétérosexuels : nouvelles identités, nouvelles hétérosexualités ?
2- Féminisme et hétérosexualité – politiques de l’espace privé
3- Corps, inscriptions corporelles et sexualités [avec la participation de l’anthropologue José Bizerril (UniCeub – Brasilia, Brésil)]
4- Topologies de la rencontre amoureuse – Qu’y-a-t-il dans le rapport sexuel ?
5- “All you queer is love”? Amour, sexualité et l’amitié comme mode de vie.
Renseignements : centredetudesduvivant.net
Conférence hors-série du séminaire
« Formalisme(s) : la philosophie française et les sciences formelles »
Responsables : Juan Luis Gastaldi et Tzuchien Tho
L’éclat de la dialectique dans les courts-circuits de la syntaxe : Hegel, Petersen, Girard
Zachary Luke Fraser
(Jan Van Eyck Academie/ University of Guelph)
Mercredi 29 février 2012, 17h-19h.
Salle de séminaire (sous-sol), Pavillon Pasteur, École Normale Supérieure.
Résumé :
Le sujet de cette intervention fait partie d’une recherche en cours autour des différents efforts dans la direction d’une formalisation de la logique dialectique. Je me concentrerai ici sur ce que Hegel considérait l’obstacle le plus fondamental pour un traitement mathématique d’une logique authentique (c’est-à-dire, dialectique) : la « fixité » et extériorité mutuelle des signes mathématiques. Je tenterai donc d’analyser cette notion de « fixité », et de montrer dans quelle mesure celle-ci est réalisée à l’intérieur des mathématiques elles-mêmes, au lieu d’être une condition a priori de la logique. Je prendrai appui sur l’analyse d’une Remarque de Hegel, où il élabore une critique des lois traditionnelles de la pensée, trouvant à chaque fois le mouvement syntaxique qui articule chaque loi, pour présenter la loi avec son exception et sa relève. La question qui se pose alors est : qu’est-ce qui empêche la syntaxe logico-mathématique de se comporter de cette manière ? Après examiner certains aspects de cette question concernant le caractère antidialectique de la stratification du discours formel, à partir du débat que J.-A. Miller et A. Badiou entretiennent vers la fin des années soixante autour de la lecture de la philosophie de Frege, je me pencherai sur les œuvres d’Uwe Petersen et de Jean-Yves Girard. Ces dernières œuvres effectuent une « destratification » partielle de la logique à travers l’abolition de types à deux niveaux différents : prédication (Petersen) et preuves (Girard). A chaque fois, cette stratification s’accompagne d’une ouverture de la logique sur des phénomènes d’ambiguïté systémique et d’interférence syntaxique qui semblaient à l’œuvre dans le texte de Hegel. A chaque fois aussi, il se produit une suspension du principe de fixité le plus élémentaire, que Boole appelait la « loi fondamentale de la pensée ». La clarté et la rigueur dont la dialectique est reflétée dans ces œuvres ne sont pourtant pas achevées à travers un refus total de la stratification discursive, mais par l’influence de la structure stratifiée de la formalisation logique sur elle-même. Un formalisme stratifié apparaît alors comme le pivot non dialectique de la pensée dialectique, refusant et restituant à la fois sa propre force.
Plus d’information sur le site du séminaire : http://www.ciepfc.fr/spip.php?article242