Le cycle de séminaires de l’Atelier Simondon cette année, toujours organisé en partenariat avec la MSH Paris-Nord, sera intitulé « Culture et Invention ». Il s’agira ainsi de prolonger Simondon sur le terrain socio-politique, mais sans délaisser non plus les dimensions épistémologique et esthétique de la notion d’invention, ici mise en jeu comme centre d’une nouvelle culture et préférentiellement à la notion d’ »innovation » – mot d’ordre dont il faudra montrer le contenu technocratique illusionnant. Dans cette perspective on proposera plusieurs confrontations de la pensée simondonienne à celles d’autres philosophes.
PRESENTATION
« Le devenir-technique de la culture est-il ce qui peut nous faire passer de la « culture du travail » à une « culture de l’invention » ? Et si oui, selon quelles modalités? Telles sont les deux questions, de type socio-politique, que ce nouveau séminaire entend prioritairement traiter, en prolongeant pour cela les pistes tracées par Simondon dans « Du mode d’existence des objets techniques » (1958) mais aussi dans le Cours de 1965-66 intitulé « Imagination et invention ». L’ère de l’information qu’anticipait Simondon est aujourd’hui devenue l’ère des réseaux numériques : la technique peut y entretenir une nouvelle relation à l’homme favorisant ce que Simondon appelait la « transindividualité ». Mais cela ne pourra se faire qu’en renonçant à une certaine « culture du travail », qui rendait impossible la compréhension de la nature profonde de la réalité technique : la transindividualité, dont l’invention technique fournit le « support », s’oppose en effet à l’ »inter-individualité » mise en œuvre par les
relations du travail dominées par l’organisation productiviste. C’est déjà ce qu’annonçait la très longue « Note complémentaire » à « L’individuation à la lumière des notions de forme et d’information »(ILFI, 2005) ».
PROGRAMME
27 septembre : Vincent Bontems
« L’éthique des techniques chez Simondon et Gonseth »
11 octobre : Jean-Hugues Barthélémy
« Les anti-substantialismes de Bachelard, Merleau-Ponty et Simondon »
8 novembre : Christian de Ronde
« Potentiality in Quantum Mechanics: a Simondonian Interpretation »
6 décembre : Bernard Stiegler
« L’invention et la bêtise. Simondon ou l’oubli de Derrida lisant Deleuze »
17 janvier : Gilles Hiéronimus
« L’imagination du mouvement chez Bachelard et Simondon »
7 février : Sarah Margairaz et Julien Rabachou
« La puissance et le préindividuel : Simondon et Aristote »
6 mars : André Tosel
« Simondon et Marx : technique et politique »
(journée d’étude avec la participation probable d’Andrea Bardin, Jean-Hugues Barthélémy, Vincent Bontems, Giovanni Carrozzini, et Andrea Cavazzini)
3 avril : Sacha Loeve
« Figures de la technique dans l’oeuvre de Simondon »
15 mai : Baptiste Morizot et Brice Poreau
« L’individuation biologique. Simondon, Lamarck et Darwin »
5 juin: Arne de Boever
« Simondon et Baudrillard »
Les séances auront lieu de 18h à 20h30, pour la plupart, en Salle des Actes, au 45, rue d’Ulm.

