Écrans philosophiques

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Evénément :
Écrans philosophiques
Date
18 décembre 2011
Mise à jour :
4 octobre 2011
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Écrans philosophiques

Philosophie, art et littérature | 26 octobre, 23 novembre, 14 décembre, 18 décembre

AGOPIAN Annie, GOUDET Stéphane, GOUVERNEUR Sophie et SÉVÉRAC Pascal

 

 

Cinéma Le Méliès, centre commercial de la Croix de Chavaux, 93100 Montreuil.

Mer 26 oct, Mer 23 nov, Mer 14 déc : 20h30-23h30

Mer 18 jan : 20h-23h30

(Ce cycle se poursuivra au second semestre)

 

Cycle conçu et organisé avec la Maison Populaire de Montreuil, le cinéma Le Méliès et l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

 

Le Collège international de philosophie a toujours eu comme ambition de permettre les « intersections » entre la philosophie et les autres modes de la pensée. La réflexion sur le cinéma est un aspect important de la philosophie contemporaine. Les « Écrans philosophiques », organisés en partenariat avec La Maison Populaire, le cinéma Le Méliès de Montreuil et l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sont une nouvelle occasion d’un philosopher qui se déploie en un dialogue avec une œuvre d’art déterminée. Carte blanche est donnée à un philosophe (directeur de programme ou invité) qui choisit un film, et propose, après sa projection, la réflexion qu’il lui inspire.

 

Pour des raisons relatives à la disponibilité du film, le public est invité à vérifier que les séances ont bien lieu auprès du cinéma Le Méliès (01 48 58 90 13) ou de la Maison Populaire de Montreuil (01 42 87 08 68 ou www.maisonpop.fr). La projection commence à 20h30. Le prix de la séance, conférence comprise, est de 5,50 euros pour le plein tarif, 4,35 euros pour le tarif réduit et 3,90 euros par carnet de 10, carnet non nominatif, utilisable sur toutes les séances. Pour ces séances, merci de vérifier l’horaire qui peut varier selon la durée de la projection précédente, auprès du cinéma Le Méliès. L’entrée à la conférence qui suit est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

 

Mercredi 26 octobre

 

Rouge Ciel : un essai sur l’art brut

Film : Rouge Ciel de Bruno Decharme (France, 2009, 1h33, produit par Système B – Montreuil-France, www.systemeb.eu) avec Henry Darger, Gabriel Joaquim Dos Santos, Adolphe-Julien Fouré, Zdenek Kosek, Alexandre Lobanov, Helen Martins, Kunizo Matsumoto, Simon Rodia, George Widener, Purvis Young.

Présenté par Barbara Safarova, présidente de l’association abcd et spécialiste de l’art brut, directrice de programme au CIPh.

 

« Le Japonais Kunizo Matsumoto ne sait ni lire ni écrire, pourtant il invente une écriture aussi belle qu’énigmatique. L’Américain George Widener mémorise les événements des 1 500 dernières années et prédit le futur, qu’il inscrit dans ses « carrés magiques ». Fernand Desmoulin, un graveur français, dessine dans le noir, sa main guidée par « les esprits ». Le Tchèque Zdenek Kosek reste pendant des semaines à l’affût derrière sa fenêtre sans manger ni dormir, notant tous les mouvements de l’extérieur, de peur que le ciel n’engloutisse le monde s’il s’arrête de tout noter.

Rouge Ciel raconte l’histoire de ces artistes hors normes, souvent anéantis par la vie, qui sont parvenus à se reconstruire grâce à la création artistique. Rouge Ciel tente aussi de comprendre pourquoi ces œuvres de l’art brut, en apparence si éloignées de nous mettent pourtant en résonance ce que nous avons de plus intime. »

 

Barbara Safarova

 

 

Mercredi 23 novembre

 

L’universalisme chrétien et ses hérésies,

ou Jouer dans l’herbe le temps qui reste

Film : La Voie lactée de Luis Buñuel (France, Allemagne de l’Ouest, Italie, 1969, 1h37) avec Paul Frankeur, Laurent Terzieff, Delphine Seyrig, Édith Scob, Bernard Verley, Georges Marchal, Pierre Clémenti, Julien Guiomar, Julien Bertheau, Michel Piccoli.

Présenté par Joëlle Marelli, philosophe, directrice de programme au CIPh.

 

« Road movie rigoureusement contemporain d’Easy Rider. Récit de l’hégémonie chrétienne à partir de ce qui lui a toujours manqué pour fonctionner tout à fait ; trajets de l’universalisme chrétien à partir de ses hérésies ; cheminement dans la temporalité de la grâce à partir de sa fragmentation ; sondage dans l’hétérogène de l’espace contemporain avec les niches et les échappées temporelles qui trouent son immédiate proximité, sa trivialité bariolée et sonore, poétique comme une autoroute de la fin des années soixante dans le regard d’un surréaliste espagnol. Approches de l’intransigeance chrétienne depuis les failles creusées par sa singulière ardeur (passive, patiente, violente, transitive, convertive) pour les âmes humaines.

Un pèlerinage qui se déploie comme l’incomplet, implacable et tendre recueil des passions chrétiennes au fil de la plus magistrale « critique interne » qu’on puisse imaginer. »

 

Joëlle Marelli

 

 

 

Mercredi 14 décembre

 

La passion de l’âne

Film : Au hasard Balthazar de Robert Bresson (France, 1966, 1h30) avec Anne Wiazemsky, François Lafarge, Philippe Asselin, Nathalie Joyaut, Walter Green, Pierre Klossowski, Jean-Claude Guilbert.

Présenté par Pierre Lauret, philosophe, directeur de programme au CIPh.

 

« L’âne Balthazar passe de maître en maître, et au long d’un chemin de croix, l’innocence de la bête révèle les vices des hommes : orgueil, sensualité, passivité, cruauté, avarice, indifférence. La morale de la fable serait un peu courte, si l’esthétique du cinématographe selon Bresson, pour déjouer l’artifice du jeu, n’imposait à ses personnages un être-au-monde abrasé de toute intention. La passion de Balthazar superpose ainsi trois régimes hétérogènes du sens : animalité, culture, extériorité. L’intentionnalité opaque de l’animal, aussi indéniable qu’inaccessible, et son être saturé de sens par la culture du spectateur qui l’investit de symboles mythologiques et évangéliques, dénoncent avec une douceur implacable l’absence des personnages au sens de leurs conduites, marque de l’inhumanité d’un monde sans compassion. »

 

Pierre Lauret

 

 

 

Mercredi 18 janvier

(en raison de la durée du film cette séance commencera exceptionnellement à 20 heures)

 

Stalker : voyage nucléaire

Film : Stalker d’Andreï Tarkovski (URSS, 1979, 2h30) avec Alexander Kaïdanovski, Alisa Frejndlikh, Anatoli Solonitsyn, Nikolai Grinko, Natasha Abramova.

Présenté par Xavier Papaïs, directeur de programme au CIPh, qui anime à l’ENS un séminaire sur les anciens savoirs magiques, et Christine Bergé, anthropologue et philosophe, chargée d’enseignement à l’ENS. Elle a écrit récemment : Superphénix, déconstruction d’un mythe et L’Odyssée de la mémoire (La Découverte, 2010).

 

« Un écrivain et un savant veulent pénétrer dans une Zone interdite, cernée par l’armée après une catastrophe majeure. En son cœur, se trouverait une chambre, lieu d’un pouvoir et d’un savoir surhumains. Pour l’atteindre, les deux hommes ont recours à un « stalker » : un passeur qui les guide sur une route semée de vestiges et de dangers impalpables. Dans le périple, peu à peu les intentions se révèlent, oscillant en chaque personnage : désir de puissance, vœu de salut, tentation sacrificielle. Même le stalker est ambigu : est-ce un passeur d’âmes, un meneur d’illusions ?

En 1979, Tarkovski prévoyait Tchernobyl (1986). Dans un temps dilaté, il montre un monde en ruines, qu’il renvoie à ses fondations sacrées, ramenant de très anciens savoirs. Chez les Grecs, les incubations dans des grottes où l’âme s’éveillait au divin. Au Moyen Age, les mystères des « Terres gastes », pays dévastés où vivaient les ermites : le cycle du Graal a décrit ces parcours aux confins de l’humanité. »


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