Pour une épistémologie du capitalisme

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Cet événement est terminé
Evénément :
Pour une épistémologie du capitalisme
Date
7 juin 2011
Mise à jour :
2 février 2011
Lieu :
Université Paris Ouest Nanterre Bâtiment D, salle 201B
Adresse :
Paris, France
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Pour une épistémologie du capitalisme – Séminaire d’équipe SOPHIAPOL 2010-2011

Après une période marquée par l’intégration des problématiques relevant de la culture et de l’identité, de nombreux représentants de la théorie sociale contemporaine – qu’elle relève des sciences sociales à proprement parler ou de la philosophie sociale et politique – semblent vouloir retrouver la voie d’une réflexion plus spécifiquement économique, voie que le déclin du marxisme encourageait à délaisser, au moins à relativiser. Sans même insister sur les effets de la crise actuelle issue des désordres de la financiarisation, on peut affirmer que le rôle historique majeur joué par le projet néolibéral depuis trente ans, l’ampleur et la vitesse des transformations dans les rapports de force commerciaux à l’échelle internationale, la massivité des inégalités de revenus et de conditions de vie entre régions du monde, l’impact humain des conditions de travail, etc., constituent autant de phénomènes auxquels il semble de plus en plus difficile de ne pas faire une place importante lorsque, en sociologues ou en philosophes, nous nous essayons à faire tenir ensemble quelques idées pas trop superficielles sur le sens de notre présent et de notre avenir historiques.

Une telle évolution pose cependant un certain nombre de problèmes conceptuels. Ce sont eux que nous voudrions voir évoqués dans le séminaire de l’année qui vient. On peut en isoler quelques uns.

* La notion de « capitalisme », qui s’impose immédiatement à l’esprit dans un tel contexte, semble aussi indispensable que large, voire vague. Les tentatives de caractérisation qui ont ponctué l’histoire des sciences sociales, de Marx à Braudel, et au-delà, en passant par Weber, restent évidemment précieuses. En quoi l’expérience contemporaine permet-elle d’enrichir ou d’infléchir (dans un sens résolument pluraliste, par exemple) notre compréhension de cette catégorie et de ses usages ? Quelles révisions cette expérience appelle-t-il par rapport aux analyses classiques du capitalisme ?

* Les interprétations du néo-capitalisme ne manquent pas, désormais, et leur approfondissement progressif semble constituer aujourd’hui une des tendances les plus vivantes des sciences économiques et sociales : problématique de la mondialisation et de la dérégulation (Beck, Held) ; sociologie de l’effondrement du compromis kéynésiano-fordiste (Castel, École de la régulation) ; analyse des idéologies et des pratiques néolibérales à l’échelle des politiques économiques nationales (Harvey) ou de l’organisation du travail dans les entreprises (Boltanski) ; capitalisme cognitif et économie de la connaissance (Moulier Boutang) ; critique du néo-impérialisme (Hardt et Negri) ; étude du retour de l’exploitation et intensification de la domination de classe (sociologie et psychologie du travail, Duménil et Lévy)… On souligne, par ailleurs, de plus en plus le rôle des doctrines économiques néolibérales dans la reproduction du capitalisme (Lebaron) et engagé la critique des contradictions du discours économique standard (Lordon, Guerrien). Développés chacun de façon autarcique, ces approches critiques et ces différents paradigmes ne devraient-ils pas être comparés entre eux de façon critique pour pouvoir être évalués ?

* Par rapport à l’enrichissement considérable du dossier « Capitalisme » dont notre époque est le théâtre, la perspective d’une « critique », voire d’un «dépassement» de ce système peut-elle conserver un sens théoriquement tenable ? Quelles indices ou promesses historiques pourraient alors donner une crédibilité à cette perspective ? Et, le cas échéant, quelles forces (mouvements sociaux ou transformations institutionnelles) apparaissent-elles comme capables de réaliser ces promesses ?

Ce sont ces questions difficiles mais à nos yeux incontournables que nous voudrions voir abordées par les invités de cette année de séminaire.

Le séminaire est ouvert à tous et peut être validé dans le cadre de la formation doctorale en tant que séminaire thématique en philosophie (EA 39 32) de l’ED 139.

Comité d’organisation :

Stéphane Haber (Professeur – Univ. Paris Ouest Nanterre/Sophiapol), Marie Garrau (ATER – Univ. Paris Ouest Nanterre/Sophiapol) et Christian Lazzeri (Professeur – Univ. Paris Ouest Nanterre/Sophiapol).

En collaboration avec Alice Le Goff (MCF – Univ. Paris 5/ Chercheuse au GEPECS/EA 3625)

PROGRAMME

  • Mardi 7 juin, de 14h à 16h : la question du capitalisme émotionnel (II). Intervention d’Aurélie Jeantet (MCF – Sociologie, Paris III). Titre à préciser.

Lieu :

Université Paris Ouest Nanterre

Bâtiment D, salle 201B


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