Critique hégélienne de la logique formelle et logiques formelles contemporaines

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Forme et relation logiques dans la Doctrine de l’essence

La dialectique du « fondement absolu » fait assister à la production de trois oppositions de la « forme » à elle-même sous l’aspect du fondement, à savoir l’opposition à l’essence, à la matière et au contenu. Certes, dans ces déterminations, le logicien contemporain ne reconnaîtrait pas son propre concept de forme ! Mais la raison, selon Hegel, en est simplement que, suivant « la représentation habituelle de la fonction formelle (formellen Funktion) de la logique »[32], la logique, en tant que formelle, fait abstraction de tout contenu : « nous avons alors une connaissance unilatérale qui ne doit contenir aucun objet (Gegenstand), une forme vide, dépourvue de détermination, qui donc [est] tout aussi peu une adéquation (Übereinstimmung), étant donné que pour l’adéquation sont requis essentiellement deux, — est tout aussi peu vérité »[33]. La catégorie de l’essence, spéculativement comprise, donne les moyens « logiques » de produire, au sein du mouvement de détermination de la forme, la scission de la forme logique et de son contenu extra-logique, quel qu’il soit. Le dualisme constitutif de toute logique formelle, séparant son dedans formel et son dehors matériel ou factuel, peut alors ne plus être absolu, ni exiger, comme chez Kant, la constitution d’une logique supplémentaire, dite transcendantale, chargée d’expliciter les fondements de possibilité du rapport de la forme logique, analytique ou synthétique, avec le contenu sensible et son contexte d’expérience.

La relation d’inférence, au sens qui lui a été donné ci-dessus avec Aristote, engage évidemment toute la nécessité du « rationnel », et donc trouve toute la richesse de son développement logique dans la Doctrine du concept, dans l’explicitation de la « conclusion (Schluß) » rationnelle, autrement dit, du syllogisme. Mais la Doctrine de l’essence intéresse la relation en tant que telle, car, l’essence étant « réflexion dans elle-même (in ihm selbst) »[34], la dialectique de la relation s’y spécifie : « La réflexion est tout d’abord le dépassement (Hinausgehen) de la déterminité isolée et une mise en relation (ein Beziehen) de cette dernière, par laquelle celle-ci est posée dans un rapport (Verhältnis), tout en étant par ailleurs maintenue dans sa valeur isolée. La dialectique, par contre, est ce dépassement immanent dans lequel la nature unilatérale et bornée des déterminations d’entendement s’expose comme ce qu’elle est, à savoir comme leur négation »[35]. Alors que, dans l’article de 1802 sur le Scepticisme, le rationnel était immédiatement la relation, la relation est devenue un rationnel plus déterminé en devenant rapport « effectif (Wirklich) ». À ce point du processus, les déterminations de réflexion que sont en réalité les « lois universelles du penser » sont, on le sait, devenues « effectives », autrement dit, sont devenues à elles-mêmes leur propre raison d’être. Les catégories réflexives de l’apparence, de l’identité et de l’intérieur sont supprimées et conservées « effectivement » au sein du « rapport absolu » : « La nécessité ne parvient pas à la liberté du fait qu’elle disparaît, mais du fait que seulement son identité encore intérieure se trouve manifestée ; une manifestation (Manifestation) qui est [..] la réflexion dans soi de l’apparence comme apparence »[36].

Dissolution « réflexive-spéculative » de l’aporie de l’autofondation

Mais est-il vrai que la catégorie réflexive du fondement soit devenue à elle-même sa propre raison ? Autrement dit, la logique de la réflexion spéculative réussirait-elle là où échouent les logiques formelles mathématisées, c’est-à-dire parvient-elle à produire une preuve d’autofondation qui ne soit pas un simple diallèle ? Non, parce que, parmi les significations du fondement, est exclue celle de raison d’être finale, ou de « cause finale ». « Cette détermination du fondement », est-il écrit dans la Doctrine de l’essence, « n’a pas sa place ici ; le fondement téléologique est une propriété du concept et de la médiation par ce même [concept], [médiation] qui est la raison (Vernunft) »[37]. Le fondement n’étant pas, en tant que tel, la fin ou le but d’un quelque chose, la totalité à laquelle il donne forme et contenu n’a pas l’unité rationnelle de la fin. Cette totalité demeure dédoublée en relation du fondement envers le fondé, et du fondé envers le fondement. Déclarer que : « L’essence se détermine elle-même comme fondement »[38] n’est pas déclarer que le fondement essentiel est une autodétermination égale à une causa sui, ou que la réflexion de l’essence se développe en une autofondation. Au contraire, « l’essence, en tant qu’elle se détermine comme fondement, se détermine comme le non-déterminé, et c’est seulement le sursumer de son être déterminé qui est son déterminer »[39]. Toute l’analyse du dédoublement du fondement vise à démontrer l’impossibilité de remédier à ce dédoublement à l’aide de la seule catégorie du fondement. Au terme de la section du Fondement, la « relation fondamentale » n’est « totale »[40], autrement dit, n’est le « fondement du fondement » de la détermination du quelque chose, que dans ce quelque chose. L’aporie d’entendement de l’autofondation des lois du penser n’est donc pas résolue, mais dissoute.

Le procès spéculatif qui anime les « lois universelles du penser » paraît pourtant circulaire, privé de but ou de raison, du fait que la réflexion de l’essence est une réflexion qui nie « dans soi » sa relation à son autre. Ce procès semble n’avoir pas d’autre « sens » que de rapporter indéfiniment à eux-mêmes les rapports à soi initiaux, dans un jeu formel vide. Mais ce serait oublier que la réflexion est « le paraître de l’essence dans elle-même »[41]. Une lecture « formalisante » ou « formaliste » de la Logique hégélienne, telle que celle proposée par P. Livet, peut éclairer la pluralisation interne de la réflexion qui en résulte. Hegel développe en effet « différentes manifestations de l’autoréférence — l’autoapplication d’un opérateur à lui-même comme opéré, la mise au même niveau de l’opérateur et de l’opéré, l’auto-dédoublement d’un processus réflexif en opérateur et opéré ; enfin l’auto-référence de l’opérateur devient l’opérateur lui-même. Les différentes manifestations de l’auto-référence conservent donc un « sens », une signification différentielle à l’auto-référence du savoir. La Logique, comme auto-référence du savoir, n’a de sens que comme phénoménologie de l’autoréférence »[42].

Contradiction logique du principe de non-contradiction.

Prendre pour « principe » de développement du « logos » la contradiction n’aboutit pas à abandonner la rigueur constitutive de la logique en tolérant l’incohérence ou l’inconsistance. Un tel abandon ne se produirait que si l’acceptation de la contradiction, supposée être identique au faux et à l’impossibilité logique, était équivalente à la règle du ex falso sequitur quodlibet. Rien de déterminé ne pourrait plus alors être inféré de rien. Mais « le penser spéculatif consiste seulement en ce que le penser maintient fermement la contradiction et dans elle [se maintient] soi-même, mais non pas [en ce] que, comme il en va pour le représenter, il se laisse dominer par elle et par elle laisse se dissoudre ses déterminations seulement dans d’autres ou dans rien »[43]. Si le penser non spéculatif pouvait ne pas se contredire en excluant la contradiction, le penser spéculatif serait spéculativement réfuté. Il ne comprendrait pas son autre dans son rapport négatif à soi. Or, cela est bien connu, toute pensée de la totalité inconditionnelle s’inclut nécessairement elle-même dans cette pensée. Par conséquent, un des arguments de la pensée d’entendement les plus simples en faveur de la contradiction de la non-contradiction est, nous semble-t-il, celui par lequel Aristote établit que le seul fait d’universaliser ou de totaliser un énoncé portant sur le vrai ou le faux conduit à une autonégation. En effet, dit Aristote, « on voit clairement que ne peuvent être vraies, ni unilatéralement (μοναχῶς), ni universellement (κατὰ πάντων), les assertions de ceux qui soutiennent, les uns que rien n’est vrai [..], les autres que tout est vrai »[44]. Du point de vue d’une logique de la non-contradiction, thématiser les prédicats « vrai » et « faux » en les quantifiant universellement conduit nécessairement à une contradiction interne. Au contraire, le penser spéculatif conserve la nécessité de la relation de conséquence, qui fait l’essence de l’inférence logique, grâce à une logique « dialectique » du contenu dans laquelle la contradiction devient une médiation interne, au lieu qu’elle « domine » la pensée jusqu’à l’anéantir.

La logique hégélienne à l’aune de la logique mathématisée

Depuis le début de la présente étude, nous tentons d’évaluer la logique formelle mathématisable en fonction de la logique philosophique hégélienne. Or, en tant que celle-ci se veut une logique, cette dernière peut assurément être l’objet des logiques formelles contemporaines visant la mathématisation, mais aussi de celles visant la signification et l’usage du langage ordinaire, puisqu’elle revendique d’être écrite dans la langue commune et refuse en philosophie tout Kunstsprache. Tâchons d’esquisser quel pourrait être dans les deux cas le lieu théorique, sinon d’un impossible échange, du moins d’une mutuelle reconnaissance, au sens d’acceptation de légitime existence, entre les logiques formelles et le « logos » hégélien.

Dans son livre Logique et dialectique, D. Dubarle offre le paradigme d’une interprétation logique contemporaine de la logique hégélienne. « Paradoxalement », y écrit-il, « si l’on se souvient du refus doctrinal d’abandonner le discours philosophique et sa logique à la mathématisation, le mathématicien peut apercevoir dans la physionomie même du discours philosophique l’ébauche de structurations bien mathématiques : Hegel a fait comme malgré lui ce qu’il refusait par principe d’admettre »[45]. Mais, à la vérité, la tentative de Dubarle n’est pas une application directe de la logique mathématique à la logique hégélienne, car une telle application ne serait possible que si le domaine d’application était homogène à la logique mathématique, autrement dit, s’il était déjà un langage formalisé, ou du moins formel, qui puisse être traduit dans les termes du langage de la logique de référence. Tel n’est pas le cas, puisque le « logos » hégélien n’est pas moins parole que raison, et qu’il se veut, selon l’expression de l’article Foi et savoir, une « parole scientifique articulée (Logos) »[46]. La mise en correspondance des deux logiques opérée par le logicien repose donc sur des hypothèses autres que celles du calcul logique, puisqu’elles lui arrivent de l’extérieur. Parmi ces hypothèses, qui sont plutôt des thèses philosophiques, vu qu’elles sont des assertions portant sur l’être ou l’essence du « logos », deux nous paraissent fondamentales. La première est que, « pour autant qu’elle est formelle — et ainsi capable de formalisation — la logique est par principe commune à tout régime intellectuel de la pensée »[47]. Cette thèse de la « communauté » de la logique à la totalité de la pensée humaine est associée à une thèse qui affirme que la rationalité du « langage courant » est essentiellement mathématisable, autrement dit réductible à un calcul du type booléen : « C’est la même logique que mathématiques, philosophie, voire même métaphysique et théologie, observent toutes ensemble, bien que ce soit de façon différente que les unes et les autres puissent avoir à l’observer. Et il faut récuser l’idée hégélienne d’une logique de la pensée spéculative qui pourrait se permettre de le prendre de haut avec la logique de l’entendement, ayant le pouvoir d’en effectuer l’Aufhebung au-dedans de son propre régime »[48]. En effet, explique Dubarle, « [les mathématiques] ont, entre 1850 et l’époque actuelle, mené à peu près à bien en ce qui les concerne le projet leibnizien de la caractéristique. [..] Ce qui est ainsi survenu au sein des mathématiques a l’avantage de bien mettre en lumière le rôle essentiellement normatif que le langage exerce à l’égard de toute prétention à la rationalité. Ce n’est pas l’objet qui est le maître de la rationalité, c’est le langage lui-même qui en détient la clef décisive »[49].

La logique, travail de la raison dans le langage ordinaire

La critique par Hegel du projet de caractéristique de Leibniz, supposé par nous précurseur du calcul logique contemporain, aurait donc été réfutée par l’Histoire. La fécondité des travaux des logiciens et linguistes en « sémantique » formelle semble l’attester[50]. Toutefois, le malentendu mutuel n’est pas le dernier mot de la confrontation de la logique spéculative et des logiques contemporaines à propos de la signification. Certes, la logique spéculative est écrite dans les phrases prédicatives de la langue commune, alors que, depuis Frege, la distinction logique irréductible n’est pas celle entre sujet, copule et prédicat, mais celle entre signe de fonction et signe d’argument. Certes, l’Encyclopédie ne contient ni une philosophie du langage, ni de la langue, mais seulement du signe et du mot[51]. Écoutons pourtant Hegel refuser la langue du calcul au nom du langage humain :

« Étant donné que l’homme a le langage (die Sprache) comme moyen de désignation caractéristique (eigentümliche) de la raison, c’est une fantaisie gratuite de vouloir s’enquérir d’un type de présentation (Darstellungsweise) moins parfait et de s’ennuyer avec. Le concept comme tel ne peut se trouver saisi essentiellement que par l’esprit, dont il n’[est] pas seulement propriété, mais il est le Soi (Selbst) pur. Il est vain de vouloir le tenir fermement par des figures spatiales et des signes algébriques au service de l’œil extérieur et d’un type de traitement mécanique dépourvu de concept, d’un calcul »[52].

Ce texte appelle cinq remarques, qui sont plutôt des perspectives que des conclusions. Il pose en effet que l’instance qui « désigne » dans le langage n’est pas l’entendement, mais la raison (Vernunft). Le travail « négatif » de celle-ci dans l’élément de la parole peut alors aller et venir des significations du langage ordinaire jusqu’aux syllogismes du savoir absolu, en passant par l’art et le mythe. Premièrement, on le comprend mieux, la simple maîtrise de la grammaire d’une langue implique déjà la connaissance de cette « expression de l’esprit en général » qu’est la logique[53]. Deuxièmement, l’aptitude à contenir en soi sa détermination opposée et donc à changer continûment de contenu ou de sens au sein de la discontinuité des signes linguistiques est caractéristique des déterminations du concept : « Cette manière de comparer ces déterminations sans penser à leur dialectique et au changement continu (vortgehende Änderung) de leur détermination, ou plutôt à la liaison (Verknüpfung) dans elles présente de déterminations opposées, est ce qui rend stérile et dépourvue de teneur toute la considération [touchant] ce qui dans elles est univoque ou non, pour ainsi dire comme si cette univocité (Einstimmigkeit) ou non-univocité (Nichtein-stimmigkeit) était quelque chose de séparé et de durable »[54]. Troisièmement, la nature spéculative de la vérité logique outrepasse d’elle-même la dichotomie « apophantique », ou encore déclarative, du vrai et du faux, à laquelle est nécessairement limité le calcul logique[55].

Les traités de logique formelle se préfacent en effet nécessairement eux-mêmes dans la langue déclarative commune et le calcul ne peut être son propre objet que dans un métalangage, tombant ainsi à nouveau sous le coup de la triple aporie décelée par Aristote. Le propos spéculatif, au contraire, n’est pas autoréflexif, réflexion sur sa réflexion, mais « réflexion dans soi ». Maintenue dans la sphère de la négativité de l’essence, la « totalité-mouvement »[56] qu’accomplit chaque nouvelle détermination est inachevable, et la pluralité de la réflexion, irréductible. Quatrièmement, il est bien connu que l’Encyclopédie hégélienne n’est pas le texte homogène du « logos », comme si la philosophie, qui doit, insiste Hegel, se dire toute entière en allemand, ne parlait qu’un genre de discours. Elle combine au contraire des textes d’un seul tenant logique, avec des textes rhétoriques ou historiques, tels que les Préfaces, Remarques et Additions, qui relèvent de ce que les linguistes nomment l’énonciation. Hegel a d’ailleurs plusieurs fois rappelé que l’abrégé de cours qu’est l’Encyclopédie « doit recevoir par le moyen d’un exposé oral sa nécessaire élucidation »[57]. Lors de sa mort, il révisait le premier livre de la Science de la logique, signe que le travail de la raison dans la langue est inachevable. Sous cet aspect écrit et oral, la logique spéculative s’expose évidemment aux hypothèses et analyses des théories logiques formelles de la signification et du discours. Mais, inversement, il est très probable que Hegel eût été attentif aux effets spirituels de cette logique mécanisée qu’est la pensée informatique, issue des logiques booléennes. Sans doute aurait-il considéré que la pratique sociale occasionnée par l’extension technique de cette logique appartient à la logique de « l’esprit objectif », en raison de son « effectivité » politique. Enfin, autant il est vain d’attendre une pertinence opératoire de la logique spéculative à l’égard des logiques contemporaines, autant son intempestivité, qui tient à l’éternité du « logos » spéculatif, constitue-t-elle comme l’asymptote de toute logique formelle, en tant que procédé de connaissance : « L’idée absolue elle-même, de façon plus précise, a seulement pour contenu ceci que la détermination formelle est sa totalité propre achevée, le concept pur. [..] Ce qu’il y a donc ici encore à considérer est ainsi, non pas un contenu comme tel, mais l’universel de sa forme, — c’est-à-dire la méthode »[58].

Jean-Michel Pouzin, agrégé de philosophie et docteur en philosophie de l’Université de Provence (Aix-Marseille I), enseigne la philosophie au lycée Chrétien de Troyes à Troyes.


[1] Hegel, Science de la logique, t.2, La logique subjective ou doctrine du concept, trad., prés., notes Labarrière P.-J. et Jarczyk G., Paris, Aubier Montaigne, 1976 (cité D. du concept), 1ère sect., ch.1, B, Le concept particulier, Remarque, p.89.

[2] Ibid., p.90.

[3] Liard L., Les logiciens anglais contemporains, Paris, Germer Baillière et Cie, 1884, ch.5 : Boole, p.100. Cf. Boole G.: The mathematical analysis of Logic, being an essay towards a calculus of deductive reasoning, Cambridge, 1847, et An investigation of the Laws of Thought on which are founded the mathematical theories of Logic and Probabilities, London, 1854.

[4] Ibid., p.103.

[5] Ibid., p.102.

[6] Cf. Casanova G., L’algèbre de Boole, P.U.F., 1980 (4ème édit. mise à jour). Cette algèbre s’est avérée n’être qu’un « cas particulier de l’algèbre des parties d’un ensemble, lorsque l’on utilise les trois opérations de réunion, d’intersection et de complémentation » (p.5).

[7] Leibniz, Méditations sur la connaissance, la vérité et les idées (1684), in Opuscules philosophique choisis, texte latin établi et traduit par Schrecker P., Paris, Vrin, 1959, p.19.

[8] D. du concept, 1ère sect., ch.3, Le syllogisme, A, Remarque, p.180 sq.

[9] Knecht H. H., La logique chez Leibniz, Essai sur le rationalisme baroque, Lausanne, L’âge d’homme, 1981, p.9.

[10] Aristote, Premiers analytiques, trad. Tricot, Vrin, 1992, p.4 sq. : « Le syllogisme est un discours dans lequel, certaines choses étant posées, quelque chose d’autre que ces données en résulte nécessairement par le seul fait de ces données ».

[11] Anderson-Belnap, The pure Calculus of Entailment, Journal of Symbolic Logic, 27, 1962, cité par Largeault J., La logique, P.U.F., 1993, p. 114.

[12] Aristote, Seconds analytiques, trad. Tricot, Vrin, 1995, p.15 sq. Ibid. pour la citation suivante.

[13] Vuillemin J., « Formalisme et réflexion philosophique », Bulletin de la Société française de philosophie, Juillet-septembre 2000, p.36.

[14] Hegel, La relation du scepticisme à la philosophie, trad. et notes Fauquet B., préface Dumont J.P., Paris, éd. Vrin, 1986.

[15] Ibid., p.55 sq.

[16] Sextus lui-même envisage une telle réduction des cinq tropes à trois. Cf. Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, Introd., trad. et commentaires Pellegrin P., édit. du Seuil, 1997 ; Livre 1, 16 (178-179), p.149.

[17] La relation du scepticisme à la philosophie, p.56.

[18] Thomas-Fogiel I., « Autoréférence et autoréflexion : le problème de la relation d’un x à lui-même chez Russell et chez Fichte », Revue de métaphysique et de morale, Avril-juin 2000, n°2, p.223.

[19] Wittgenstein L., Tractatus logico-philosophicus (1922), trad., et notes Granger G.-G., Introd. Russell B., Gallimard, 1993, § 6.123, p.100.

[20] Cf. Leibniz, Nouveaux essais sur l’entendement humain, G. F., 1990, L.IV, ch.17, § 4, p.378 : « il faut savoir que par les arguments en forme, [j’entends] [..] tout raisonnement qui conclut par la force de la forme, et où l’on n’a besoin de suppléer aucun article, [..] parce que leur forme de raisonner a été prédémontrée, en sorte qu’on est sûr de ne s’y point tromper ».

[21] Russell B., Introduction à la philosophie mathématique, é.o.1919, édit. Payot, 1991, p.370 et 372, note. Hegel emploie aussi le terme de « tautologie » : « dans le résultat est contenu essentiellement ce dont il résulte ; — ce qui à proprement parler est une tautologie (Tautologie) » (Science de la logique, op. cit., L’être (1812), p.26). Mais cette identité de définition nominale n’autorise aucune assimilation des deux concepts de tautologie, puisque chacun ne prend ce qu’on pourrait appeler sa définition réelle que par le contexte « logique » de son emploi.

[22] Cf. Tractatus logico-philosophicus, 4.46, p.68.

[23] Liard, op. cit., p.110.

[24] Pour une présentation, cf. Boghossian P., « Knowledge of Logic », in Boghossian P. et Peacocke C. (dir.), New essays on the A Priori, New-York, Oxford University Press, 2000, p.248.

[25] Tractatus, 4.461, p.68.

[26] Cf. Quine W. van O., Truth by convention (1936), in The ways of Paradox and other Essays , Cambridge, Harvard University Press, 1976 (2ème éd.).

[27] Cf. Ayer A. J., Language,Truth and Logic (1936), Londres, Penguin, 1971. Ayer y affirme que l’existence des tautologies ne fait qu’attester notre volonté de respecter les règles du langage.

[28] Tractatus, 4.4611, op. cit. p.68.

[29] La relation du scepticisme avec la philosophie, p.58.

[30] Cf. Science de la logique, op. cit., Doctrine de l’essence (cité D. de l’essence), ch.1 : L’apparence, C : La réflexion, p.18 sq. : « Dans le devenir de l’être, l’être se trouve au fondement de la déterminité, et elle est relation (Beziehung) à autre-chose. Le mouvement réfléchissant, par contre, est l’autre comme la négation en soi qui n’a un être que comme négation en relation à soi ».

[31] Cf. D. de l’essence, ch.2, Remarque, p.35.

[32] D. du concept, Du concept en général, p.57 sq.

[33] Ibid., p.58.

[34] D. de l’essence, Première section, p.7.

[35] Encyclopédie des sciences philosophiques (cité Encycl.), I, La science de la logique, trad. Bourgeois B., Paris, Vrin, 1970, Concept préliminaire (1827 et 1830), § 81, p.343 sq.

[36] D. de l’essence, L’effectivité, p.295.

[37] Ibid., p.92.

[38] Ibid., p.88 (première phrase de la section du « Fondement »).

[39] Ibid., p.89.

[40] Ibid., p.128 (de même pour la citation suivante).

[41] Ibid., L’apparence, p.9.

[42] Cf. Livet P., « Réflexivités et extériorité dans la Logique de Hegel », Archives de Philosophie, n°47, 1984, art.n°1, pp.33-62 ; art.n°2, pp.291-318.

[43] D. de l’essence, 1ère section, ch.2, C : La contradiction, Remarque 3, p.83.

[44] Aristote, La Métaphysique, trad. Tricot J., Vrin, 1966, 1012 a, 29-34, p.242. Traduction légèrement modifiée. Pour le texte grec, cf. Aristotelis metaphysica, édit. Jaeger W., Oxford Classical Texts, 1988 (rééd.), p.85.

[45] Dubarle D., Logique et dialectique, Larousse, 1972, p.116.

[46] Cf. Hegel, Foi et savoir, Journal critique de la philosophie, trad. Philonenko A. et Lecouteux C., Paris, Vrin, 1988, p.144 : « [..] zu dem artikulierten wissenschaftlichen Worte (Logos) ».

[47] Logique et dialectique, p.108.

[48] Ibid., p.109.

[49] Ibid., p.56.

[50] Les théories à ce sujet se sont pluralisées et diversifiées, de Frege et Russel à Austin, en passant par Tarski, Carnap et Hintikka, jusqu’à Kripke, Putnam et Montague. Se pose le problème de les coordonner dans une théorie unitaire.

[51] Cf. Encycl., III, § 462, p.261 : « c’est dans le nom que nous pensons » ; Ibid., Add. § 462, p.560 : « un extérieur ainsi intérieur, seul l’est le son articulé, le mot ».

[52] D. du concept, p.91.

[53] Cf. l’Introduction à la Science de la logique, 1er livre (1812) : « [..] qui maîtrise une langue [..] peut par la grammaire et tout au long de celle-ci, connaître l’expression de l’esprit en général, la logique » (p.30), au lieu de ne connaître que des « règles contingentes » et qu’une « multitude isolée de déterminations » n’exprimant qu’un « sens immédiat » (ibid., p.29).

[54] D. du concept, p.89.

[55] Cf. Imbert C., Phénoménologies et langues formulaires, Paris, coll. Épiméthée, P.U.F., 1992, p.371 :«  L’énoncé de Tarski ne fut évoqué qu’afin d’apporter une confirmation externe à la singularité de la structure apophantique. Car il annulait le principe d’un langage qu’il feint d’acculer à la contradiction : l’inscription du procès énoncé dans l’énonciation. La formule de Tarski est entièrement métalinguistique. Elle joue à l’inverse du classique Menteur, celui-ci habilitant les propriétés de nos énoncés si communément, ou tortueusement, déclaratifs que celle-là devait exclure ».

[56] Cf. Jarczyk G., Totalité et mouvement chez Hegel, in Hegeliana, coll. Philosophie d’aujourd’hui, P.U.F., 1986, Première partie : Dialectiques, p.81.

[57] Encycl., I, Préface à l’édition de 1827, p.121 (cité p.67 de la Présentation du traducteur).

[58] D. du concept, L’idée absolue, p.368 sq.

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