Introduction

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Que ce soit pour dénoncer les « dérives sécuritaires », encourager le principe de précaution ou déplorer des excès dans l’application celui-ci, le débat public ne cesse de se référer à la notion de sécurité. La question est pourtant brouillée par la confusion des arguments qui s’opposent. Les partisans de la sécurité se prévalent de l’évidente nécessité du soin de la vie. Mais, de là naît la tentation de ramener la sécurité à un besoin, en feignant d’ignorer que nous ne pouvons jamais, en matière de sécurité comme en d’autres, faire l’économie d’un choix qui nous confronte à l’incertitude des conséquences : choisir de ne pas se faire vacciner contre le virus H1N1 à l’automne dernier, ce n’était nécessairement ni s’opposer au principe de la vaccination ni se délecter du risque couru, mais calculer qu’un risque (les effets d’un vaccin hâtivement préparé) était supérieur à un autre (subir une infection généralement sans gravité). Les adversaires de la sécurité objectent que trop de sécurité tue la vie, et équivaut à la paix des cimetières[1]. Toujours prompts à soupçonner dans le discours de la sécurité un jeu despotique sur la peur, les critiques des politiques sécuritaires ne voient pas qu’ils sont eux-mêmes exposés à une naturalisation du risque. Laurence Parisot a clairement exprimé ce recours à une supposée nature en assimilant la précarité à une loi de la condition humaine : « La vie, la santé, l’amour est précaire. Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »[2].  Nul ne pouvait donner aussi clairement raison à Michel Foucault, qui voyait dans le libéralisme une « culture du danger »[3]. Un tel argument est d’autant plus fallacieux qu’il est toujours doux de voir, du rivage, la mer démontée.  L’acceptation courageuse des dangers est facilitée par l’assurance d’être à l’abri, et l’agacement suscité par l’information d’une menace, par exemple terroriste, relève bien souvent davantage d’une peur de la peur que d’un refus de la sécurité.

Une notion négative

Il est vrai que tout acte implique, pour un sujet humain, un risque — en tout premier lieu celui d’être transformé par ce qui aura été accompli. Nul ne peut vivre sa vie sans se séparer, par des actes qui l’engagent, de ce qui le protège. Mais cela requiert-il une insécurité ou au contraire un sentiment de sécurité ? Être en sécurité, est-ce rester tranquille ? La tranquillité ne procure pas de toute évidence un sentiment de sécurité. Elle peut nous confronter au néant de l’existence, à l’angoisse. Nous craignons la tranquillité autant que la guerre et pour la même raison : l’ennui préfigure la mort. Le plus difficile pour les hommes n’est pas l’aventure et le péril, mais de « demeurer en repos dans une chambre »[4]. Dans l’ordre de la sécurité aussi il y a un « renversement du pour et du contre ». La sécurité peut se retourner en insécurité, tandis que la peur peut être vécue, comme dans la phobie, comme un bizarre moyen de se protéger[5]. Une des raisons réside dans le fait que la sécurité est une notion négative. Le préfixe se, dans securus (être en sécurité) est un privatif. L’adjectif qui a donné securitas, signifie donc initialement « exempt de souci » (cura). Plutôt que de chercher à remplir abusivement la notion de sécurité par un contenu, il est plus juste d’en préserver l’indétermination. Ce que l’on peut à juste titre reprocher aux « dérives sécuritaires », c’est ce passage illégitime du négatif au positif. Les visées sécuritaires, individuelles ou collectives, dans leur prétention à faire le bonheur d’un sujet, peuvent à juste titre apparaître comme des mises sous tutelle du désir, dont le souci et l’inquiétude sont des modalités. Kant y voyait le pire despotisme qu’on puisse imaginer[6].  On peut y discerner aujourd’hui le signe d’une résurgence du matriarcat[7].

Les aléas du sentiment de sécurité

Parce que le réel qui serait contenu dans la notion de sécurité est indéterminé, le sentiment seul semble constituer, pour un sujet, un critère sûr. Le sentiment de sécurité n’est pas rien. Les études récentes sur la police ont montré que ce n’était pas exactement la sûreté — la sécurité objective — qui créait le sentiment de sécurité, mais l’inverse. James Q. Wilson et George Kelling, dont le texte « Les vitres cassées » est à tort considéré comme la profession de foi de la politique de « tolérance zéro », montrèrent à partir de l’étude d’une patrouille à pied dans Newark que la peur urbaine n’est pas tant causée par les crimes, les délits et les infractions effectivement commis — qu’il n’est pas raisonnable d’imaginer éradiquer et dont la société s’accommode depuis toujours — que par la crainte suscitée par l’attitude intimidante, agressive et banalement destructrice, des membres du quartier qui se livrent à des « incivilités »[8]. Plus que la sécurité, ce qui restaure le lien social est un sentiment de sécurité qui ne correspond pas nécessairement à une baisse de la criminalité. Le but de la police est d’abord de « policer l’apparence » — pour reprendre l’expression de Jean-Paul Brodeur[9]. Et il y a bien là une forme d’efficace : si la sécurité ne fait pas magiquement diminuer la délinquance, en revanche l’insécurité fait progresser celle-ci : « qu’une seule vitre brisée le reste et c’est le signal qu’en casser d’autres sera sans conséquence ». Envisagée comme sentiment, la sécurité se confond avec la familiarité. Si en rentrant chez nous, nous trouvons les choses telles que nous les avons laissées en partant, nous nous sentons en sécurité. Dans le cas contraire, nous éprouvons une « inquiétante étrangeté »[10]. Comme tout sentiment, le sentiment de sécurité peut être un leurre. Si je me promène dans une ville ou un quartier inconnus, je peux éprouver un sentiment d’insécurité parfaitement injustifié. En revanche, on observe fréquemment des habitants de pays en guerre continuer à se sentir en sécurité, de manière tout aussi incongrue. Se sentir en sécurité, c’est ne pas penser à sa sécurité. Il n’est rien de plus insécurisant que  la démonstration des forces de sécurité. Le souci de la sécurité crée de l’insécurité. Pourtant, pour oublier la sécurité, il faut que celle-ci devienne l’objet d’institutions qui sont chargées de la faire régner[11]. Plus qu’imaginaire, la sécurité est donc fictive : elle est un artefact, elle requiert des institutions.

 

La paix et la guerre, dialectique de la sécurité et de l’insécurité

Que j’en aie ou non le sentiment, il y a des rues, des quartiers, des villes, des pays et des contrées sûrs et d’autres qui ne le sont pas. La sûreté, peut se définir, pour un sujet humain comme l’assurance d’une immunité. Pour cette raison, elle semble nécessairement publique, et un attribut de la souveraineté — que celle-ci soit centralisée, décentralisée, ou déplacée au niveau d’une fédération voire d’une alliance entre des États. La recherche de la sécurité, comme désir de paix, dépasse l’aporie de l’insécurité naturelle où conduisent la dialectique du désir de puissance et de la peur ainsi que les terribles anticipations qu’elle induit. La sécurité est nécessairement civile car nul ne peut seul assurer durablement sa sécurité ; pour vivre en paix, il faut faire la paix avec ses voisins qui sont le premier objet naturel de défiance. La sécurité ne peut être que l’effet d’un pacte instituant la société civile et l’État, ainsi que le montre Hobbes. Si la peur de l’État seule délivre de la peur des autres, ce n’est pas à la façon d’une obligation morale mais par le monopole de la violence légitime : « Les conventions, sans l’épée, ne sont que des mots et sont sans force aucune pour mettre qui que ce soit en sécurité»[12]. Loin de créer de l’insécurité, la crainte du glaive délivre de la peur. Qui désobéit à la loi sait certes à quoi s’attendre. Mais une anticipation réglée par le texte de la loi, n’étant pas soumise à l’imagination d’une menace venue d’autrui, ne provoque pas l’effroi. En contrepartie, l’État ne peut donner que ce qu’il peut. Les rondes de police ne dispensent pas de fermer sa porte à clé. S’il interdit que l’individu fasse lui-même sa propre police, l’État est cependant fondé à attendre des sujets qu’ils contribuent à assurer leur propre sécurité, sans se reposer entièrement sur lui. L’insécurité n’est pas tant supprimée que déplacée.

Comme l’avait déjà montré Machiavel, pour vivre en sécurité, il convient que l’État puisse se conserver lui-même, ne soit pas envahi, ni conquis ou occupé. La sécurité d’un État, c’est sa capacité à assurer son indépendance. La sécurité pour un prince consiste à « tenir par lui-même », et ne pas être « contraint d’avoir recours aux autres pour se défendre »[13]. Toute sécurité réside in fine dans la confiance en l’autre. Pour être en sécurité, il faut savoir en qui se fier. Le prince, lui, doit s’appuyer sur le peuple. Pourtant, trop de confiance ruine la sécurité. Le sens de l’insécurité est une vertu de l’homme politique en permanence soumis aux coups du sort. Un prince doit toujours avoir peur, toujours penser à la guerre et ne jamais se fier à sa bonne fortune. César Borgia n’a réussi que tant qu’il a craint. C’est son assurance qui l’a perdu : il meurt abandonné. La pire insécurité provient de la perte d’un lieu où vivre et mourir. Mais une telle conception territoriale de la sécurité n’est pas sans poser problème : elle alimente la crainte de l’autre — lequel est alors perçu comme ennemi risquant de surgir à l’improviste et dont il faut se garder par des murs et des frontières. Non seulement, là encore, l’impératif de sécurité crée de l’insécurité, mais le modèle territorial de la sécurité ne correspond qu’imparfaitement à notre rapport à l’autre.

De la forêt à la ville : la discipline et la répression des pulsions

Jusqu’au XVIIième siècle, le lieu de l’insécurité est emblématiquement la forêt où un voleur risque toujours de nous surprendre au coin d’un bois.  Les textes de la littérature comme de la philosophie renvoient l’écho de cette crainte. Dès lors, la cause de l’insécurité résidait dans la solitude, qui est l’état dans lequel je me trouve quand personne ne peut répondre à mon appel au secours. Quand la vie s’est déplacée en ville, ce n’est plus l’absence de semblables qui a causé le sentiment d’insécurité, mais leur présence prise en foule. La ville augmente l’interdépendance. Comme le montre Norbert Élias, dans les sociétés policées, urbaines, « différenciées », l’insécurité est moins liée au risque d’invasion qu’à celui de la perte de contrôle des individus[14]. Ce qui menace en ville n’est pas tant que quelqu’un surgisse par surprise pour m’attaquer, mais que mon voisin ne respecte pas les codes qui régissent l’interdépendance. La sécurité n’est plus tant ordre public que discipline intérieure, qui repose sur la « répression », y compris dans un sens psychanalytique. Pour Freud, si nous pouvons vivre à peu près tranquillement avec nos semblables, ce n’est que par le refoulement d’une agressivité qui n’est pas pour autant supprimée[15]. On ne se protège plus en gardant ses frontières ; l’opposition du dedans et du dehors apparaît dans toute  sa fausseté. La discipline a pour objectif de prévenir l’explosion des pulsions. Elle est essentiellement préventive. Ce que l’on doit traquer désormais n’est pas l’intrus mais la dangerosité.

Pour comprendre les politiques de sécurité contemporaines, il faut, selon Michel Foucault, renoncer au modèle du territoire qui fait reposer la protection sur la force, sans prendre en compte que nos sociétés ont suscité des savoirs bien plus efficaces pour faire fonctionner le pouvoir[16]. C’est désormais du savoir qu’est attendue la sécurité. À un pouvoir portant sur l’individualité doit correspondre une science de l’individu. Percer le secret de l’individu pour le discipliner, telle est la fonction, selon Foucault, des sciences de l’homme. Idéalement, dans cette logique disciplinaire, le mal doit être prévu avant qu’il ne se produise. La sécurité devient politique de prévention. En cela, elle s’oppose au principe de précaution.

Prévention et précaution : les dispositifs de sécurité

On confond souvent dispositif préventif et principe de précaution. Pourtant, les politiques de prévention relèvent encore d’utopies réformatrices soucieuses de l’individualité, éventuellement philanthropiques. Il ne s’agit pas seulement pour elles de protéger la société de l’individu dangereux mais aussi l’inverse, et d’assurer au délinquant ou au malade mental, contre la vindicte populaire, un traitement décent et des soins. Dans le cours Sécurité, territoire, population Foucault montre que les dispositifs de sécurité, au sens propre, rompent avec ces politiques encore individualisantes. L’objet des mesures de sécurité n’est plus l’individu mais sur un objet global, la population. Les politiques sécuritaires ne relèvent pas d’un modèle domestique de l’ordre public, qui prescrit à l’État le soin de la « bonne police »[17], mais de la pratique libérale de la gestion des flux et du calcul des coûts. Les mécanismes de sécurité sont des mécanismes de régulation. Ils ne visent ni à empêcher ni à prévenir le danger mais à neutraliser celui-ci en l’intégrant dans des calculs statistiques qui le limitent ou le freinent. La vaccination est emblématique de ces dispositifs de sécurité. Les campagnes de vaccination fondent leur efficacité sur des données statistiques qui servent à « cibler » les populations concernées. On ne cherche pas à supprimer la maladie ni à en prévenir l’apparition, mais on l’inocule et on la « laisse faire », on calcule ses chances d’apparaître, on compare les coûts des soins et des vaccins, on introduit le facteur risque (risque que le vaccin ne fonctionne pas, risque de ses effets secondaires). Une épidémie devient un problème économique et cesse d’être en soi un fléau et une incarnation de la dangerosité.

C’est cela que l’on peut dans un premier temps nommer « principe de précaution ». Le principe de précaution repose sur un savoir du risque et vise à la minimisation de celui-ci. Dans cette première acception du principe de précaution, le champ du risque est considérablement étendu. Ce n’est plus seulement l’intention hostile de l’autre, comme chez Hobbes, qui menace, ni la dangerosité d’autrui, ni même seulement l’imprévu ou le surprenant, mais tout ce qui est exceptionnel sur le plan statistique. Le risque est désubjectivé : il est tremblement de terre ou attentat, guerre ou grippe. L’aléatoire est la figure moderne de l’insécurité.

Une nouvelle éthique

L’analyse foucaldienne des dispositifs de sécurité éclaire les abus de principe de précaution, qui régule à court terme et à l’aveugle : on diminue l’aléatoire pour aujourd’hui, au risque de l’augmenter pour demain. L’insécurité n’est pas supprimée mais intégrée. Un bon gouvernement supprime la peur en planifiant les risques. Cela va à l’inverse de la direction que Hans Jonas avait voulu donner à une éthique du futur[18]. Les nouvelles menaces ne sont nullement aléatoires mais prévisibles car engendrées par l’activité humaine elle-même, non pas que celle-ci ait supprimé la guerre ou l’insécurité urbaine, mais qu’elle ait fait surgir des risques inédits capables d’englober les autres. Ces menaces ne concernent en effet pas seulement l’homme, mais aussi « l’environnement », l’écologie, c’est-à-dire la possibilité d’habiter le monde. Le modèle territorial est bel et bien dépassé quand il ne s’agit plus de sauvegarder sa maison, mais le monde comme maison, comme oikos. Les dispositifs de sécurité contemporains visent encore à supprimer la peur au présent, pour soi et en vue de se prémunir des dangers immédiats, alors que les risques écologiques sont des risques abstraits perceptibles seulement dans le long terme. User de l’argument sécuritaire classique selon lequel la conservation de la nature est la condition du destin humain est en effet insuffisant. Il faut un principe de précaution, qui conduit à intégrer le cognitif dans l’éthique, alors que le savoir était traditionnellement considéré comme ce qui brouille l’appréhension du devoir Mais ce savoir est d’une nature particulière. C’est un savoir prévisionnel qui doit faire place à la reconnaissance d’une certaine quantité d’ignorance des effets possibles de nos actes.

Voir plus loin que sa sécurité immédiate pour assurer la vie des générations futures revient à accepter l’état d’insécurité psychique produit par la peur. La peur n’est pas ce que le courage écarte. La peur non seulement rend prudent, mais elle est heuristique. Certes, une telle peur n’est pas la peur habituelle, la peur du présent, la peur qui invite aux calculs de la prudence, la peur sur laquelle jouent éventuellement les politiques pour restreindre les libertés. C’est au contraire une peur qui s’élève à la hauteur de l’avenir afin de retenir l’action humaine dans les limites qui la protègent du vœu de toute puissance qui l’anime aujourd’hui. Reste le risque, au nom de la sécurité du futur, de sacrifier le présent, et de mener, au nom de l’écologie, de nouvelles formes de guerre.

 

La sécurité n’est pas essentiellement une notion défensive et « paranoïaque ». Loin de constituer un simple alibi idéologique de politiques répressives — ce qu’elle est au demeurant parfois —, la mise au jour des risques représente une des modalités de la pensée critique d’aujourd’hui, y compris dans l’évaluation des risques liberticides de la promotion axiologique de la sécurité.

Hélène L’Heuillet (Université Paris IV, Rationalités contemporaines)


[1]Kant, Pour la paix perpétuelle, (1795), trad. J. Lefebvre, Presses universitaires de Lyon, 1985, réed., Paris, Le livre de poche, p. 49.

[2]Le Figaro, 30 août 2005.

[3]Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, cours au Collège de France 1978-1979, Paris, Gallimard-Seuil, 2004, p. 69.

[4]Pascal, Pensées, (1670), ed. Lafuma, pensée 136, Paris, Seuil, 1963, coll. « l’intégrale », p. 516.

[5]Jacques Lacan, Le séminaire, Livre V, Les formations de l’inconscient, 1957-1958, Paris, Seuil, 1998, p. 177.

[6]Kant, « Sur le lieu commun : “il se peut que ce soit juste en théorie, mais en pratique, cela ne vaut rien” »,1793, trad. F. Proust, Paris, Flammarion, coll. « GF », p. 68.

[7]Hélène L’Heuillet, « À qui la faute ? », in « Le pouvoir chez Foucault et Lacan », La Célibataire, n°9, p. 26-26.

[8]James Q. Wilson et George Kelling, « Les vitres cassées », in Jean-Paul Brodeur, Dominique Monjardet, Connaître la police. Grands textes de la recherche anglo-saxonne, Paris, La Documentation française, « Les Cahiers de la sécurité intérieure », hors série, 2003, p. 229-231.

[9]Jean-Paul Brodeur, Les Visages de la police. Pratiques et perceptions, Montréal, 2003, Presses universitaires de Montréal, p. 121.

[10]Freud, « L’inquiétante étrangeté » (1919, in L’inquiétante étrangeté et autres essais, trad. B. Féron, Paris, Gallimard, 1985, coll. « folio ».

[11]« Lorsque quelqu’un marche dans la rue en pleine nuit sans danger, il ne lui vient pas à l’esprit qu’il pourrait en être autrement : car l’habitude d’être en sécurité est devenue une seconde nature et l’on ne se rend pas compte que cette sécurité est le résultat d’institutions particulières », Hegel, Principes de la philosophie du droit, 1821, trad. R. Derathé, Paris, Vrin, 1982, Add. § 268, p. 270.

[12]Hobbes, Léviathan ou Matière, forme et puissance de l’État chrétien et civil, (texte anglais  1651), trad. G. Mairet, Paris, Gallimard, coll. « folio », 2000, chap. XVII, p. 282.

[13]Machiavel, Le Prince (1513), trad. T. Ménissier, Paris, Hatier, 1999, chap. 10, p. 50.

[14]Norbert Élias, La dynamique de l’occident (1939), trad. P. Kamnitzer, Paris, Calmann-Lévy, 1975, réed. coll. « Presses-pocket », pp. 186-187.

[15]Freud, « Pourquoi la guerre ? »  (1933), trad. J.-G. Delarbre et A. Rauzy, in Résultats, idées, problèmes, vol. II, Paris, PUF, 1985, p. 214.

[16]Michel Foucault, Surveiller et punir, Naissance de la prison, Paris, Gallimard, 1975, réed. coll. « tel ».

[17]Michael Stolleis, Histoire du droit public en Allemagne, Droit public impérial et science de la police, 1600-1800, trad. de l’allemand par M. Senellart, Paris, PUF, 1998, p. 168.

[18]Hans Jonas, Le principe responsabilité (1979), trad. de l’allemand par Jean Greisch, Paris, Cerf, 1990, rééd. Flammarion, coll. « champs ».

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