AAC – Le « normal et le pathologique » des émotions

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AAC – Le « normal et le pathologique » des émotions

 

English version below

 

La perspective constructiviste des émotions, qui a vu le jour à la fin du XXe siècle, postule que les émotions sont forgées par ce que l’individu qui les éprouve a vécu, elles sont donc influencées par différents facteurs (tels que la culture ou les expériences individuelles). Cette perspective[1] permet donc d’expliquer les émotions relativement au vécu personnel du sujet. Cependant, cette position semble mettre assez vite de côté le fait que les réactions émotionnelles ont une part de rationalité. En effet, il est fréquent que tous les spectateurs d’une même comédie soient unanimes concernant les émotions que l’œuvre aura provoquées chez eux. Cela implique donc une dimension objective de l’émotion, qui serait déclenchée chez la majeure partie des sujets par certaines propriétés spécifiques. C’est pourquoi une explication rationnelle de l’émotion est rendue possible en tant que réaction normée de certaines propriétés de l’environnement du sujet. Alors, l’émotion serait donc l’effet d’une situation déterminée. Cela signifie donc que la dimension phénoménale des émotions, bien qu’étant très personnelle, semble également requérir une logique causale pour être expliquée. Néanmoins, il n’est pas rare de considérer des émotions comme étant incompréhensibles ou « hors de propos ». Il apparaît alors que la causalité des émotions ne peut pas être aussi certaine que celle que l’on expérimente dans d’autres domaines, comme la physique de laboratoire par exemple. On peut donc jauger d’une causalité qui serait d’une autre nature lorsqu’il s’agit des émotions. Mais quelle serait cette autre forme de causalité ?

Une tension est donc nécessairement présente dans les théories explicatives des émotions. D’un côté, de nombreuses explications mécanistes émergent pour expliquer les réactions émotionnelles d’un sujet face à des éléments précis ; ces analyses étudient le problème en prenant pour point de départ l’objet lui-même et ses propriétés intrinsèques permettant de provoquer une réaction émotionnelle précise chez le sujet. Cependant, ces explications ne semblent pas pouvoir restituer ce qu’est une émotion dans son intégralité, car de nombreuses facettes sont laissées de côté (comme la réaction émotionnelle telle qu’elle se manifeste chez le sujet même, ou encore les ressorts de cette causalité particulière, etc.). De l’autre côté, lorsque l’on commence à appréhender le problème par le phénomène des réactions émotionnelles telles qu’elles se manifestent chez le sujet, l’on en vient à mettre au second plan les facteurs environnementaux, alors qu’ils sont nécessairement impliqués dans les émotions.

Nous souhaiterions donc proposer un espace de réflexion permettant aux chercheurs et chercheuses qui le souhaitent de développer une analyse critique sur les émotions. Néanmoins, nous espérons pouvoir constituer un dossier thématique mettant l’accent sur la transversalité disciplinaire de la recherche sur les émotions ; un dialogue entre les différents corpus est donc vivement encouragé.

Axes problématiques pouvant être explorés

Nous souhaitons informer en préambule les potentiel•le•s contributeur•trice•s que la revue Implications Philosophiques étant une revue de philosophie générale, les propositions pluri et interdisciplinaires sont également les bienvenues, étant donné que ce sont des problèmes philosophiques susceptibles de toucher de nombreux domaines. Par exemple, les réflexions mêlant de front des modèles de sciences cognitives à des analyses philosophiques seraient appréciées dans la mesure où le mixte de ces deux disciplines permet d’offrir une perspective originale sur les problèmes philosophiques pouvant être soulevés dans une réflexion sur les émotions. De même, une réflexion qui prendrait appui sur une analyse d’œuvres littéraires ou musicales offrirait un point d’ancrage concret, afin de permettre à l’étude philosophique de s’enrichir d’expériences à la portée de tous. Ce ne sont bien sûr que quelques exemples du genre de réflexion que l’on pourrait mener, et les disciplines brièvement susmentionnées ne sauraient être exhaustives. Aussi, nous ne défendons aucune école de pensée particulière, toute contribution en rapport avec le sujet est donc la bienvenue.

Le « normal et le pathologique » des émotions

Nous l’avons mentionné en amont, il semble fréquent que, face à un même objet, les spectateurs ressentent majoritairement la même émotion. Cependant, les émotions n’en sont pas moins un phénomène très intime, qui nous semble être individuel et pleinement personnel. Ces affirmations presque contradictoires soulèvent la question de la normativité des émotions. C’est pourquoi nous souhaitons faire de cette question le fil rouge sous-jacent des réflexions proposées ci-dessous.

Le premier problème serait celui de la normativité de l’émotion ressentie par rapport à un objet[2]. Pourquoi semble-t-il normal qu’un sujet ressente une émotion spécifique face à un objet désigné ? Nous chercherions donc à étudier dans quelle mesure nous pouvons considérer qu’un grand nombre de sujets ressentent la même émotion dans la même situation. La seconde déclinaison que nous proposons pour étudier la normativité des émotions est la normativité de la réaction émotionnelle même au sein d’un sujet, par rapport aux autres. À partir de quand pouvons-nous dire que l’intensité d’une émotion (qu’elle soit forte ou faible) est normale, ou, au contraire, qu’elle sort des frontières du normal pour être considérée comme pathologique ?

Le langage des émotions

Lorsque nous souhaitons parler des émotions en général, il peut être parfois délicat d’exprimer le ressenti que nous avons et de décrire parfaitement ce à quoi renvoient nos manifestations corporelles. C’est pourquoi il nous semble qu’une facette de la question des émotions peut être traitée par le biais de la philosophie du langage. A quoi cela renvoie-t-il précisément de dire que l’on est ému ? Est-ce que cela signifie la même chose selon les contextes[3] ? Ou encore, est-ce que le langage peut changer la perception de nos expériences émotionnelles[4] ? Lorsque l’on est ému, il est parfois délicat de poser des mots précis, justes et exactes sur ce que nous sommes en train de ressentir. Quand bien même nous réussirions à nous arrêter sur un énoncé convainquant, nous ne pourrions pas avoir la certitude que celui-ci signifie le même ressenti lorsqu’il est énoncé par quelqu’un d’autre. Un écart se creuse encore davantage lorsque nous cherchons à étudier la correspondance des énoncés d’une culture à une autre. Au-delà des différences entre les langues, les cultures façonnent nécessairement les vécus des individus différemment. Ainsi, en parallèle d’interrogations sur les énoncés de langage des émotions, une double question s’impose : en quoi la façon dont les individus se « débattent » avec le langage pour exprimer leurs ressentis est-il révélateur d’une normativité des émotions ? en quoi le contexte culturel a-t-il une influence sur la qualité, au sens neutre mais aussi normatif, des réactions émotionnelles ?

La dimension phénoménologique des émotions

Le fait de percevoir des émotions dans une certaine situation aura forcément un impact sur la façon dont le sujet va réagir par rapport aux circonstances. Ainsi, il semble que nos réactions émotionnelles peuvent être un biais modifiant notre perception de notre environnement et du monde[5]. Dans cette perspective, il peut donc être intéressant d’étudier la manière dont le facteur émotionnel est à la fois modifié et modifiant par rapport à notre rapport au monde[6]. Pourtant, malgré les émotions ressenties par le sujet, le monde reste objectivement le même. Quelles sont donc les conséquences d’un tel changement de perspective opéré dans le sujet lorsque celui-ci est ému, et dans quelle mesure les émotions peuvent-elles changer le rapport que le sujet ému entretient avec son monde ambiant ? Dans les termes de Canguilhem, en quoi les émotions changent-elles la norme de nos perceptions et de nos actions dans le monde ?

La fonction des émotions

Dans une perspective naturaliste, plusieurs chercheurs ont reconnu une fonction aux émotions. Par exemple, la peur permettrait de fuir un danger imminent, et donc de protéger l’individu d’un facteur qui pourrait lui causer une mort certaine[7]. Cela est donc une façon d’inclure les émotions dans le paradigme darwinien de la survie du plus apte[8]. Cela est donc un modèle explicatif des émotions original. En effet, introduire les émotions dans les critères de la sélection naturelle voudrait dire que notre survie dépend des émotions que nous ressentirions face à certaines situations. Cela peut s’avérer convainquant lorsqu’il s’agit d’exemples simples (comme ressentir de la peur face à un animal dangereux, ou du dégout face à un champignon vénéneux). Cependant, la pertinence de ces modèles explicatifs semble s’amoindrir lorsque nous considérons d’autres émotions. En quoi le fait de ressentir de la tristesse ou de la joie en regardant un film amoindrirait-il nos chances de survie ? Une explication naturaliste est-elle donc satisfaisante pour expliquer les réactions émotionnelles ?

Le statut ontologique de l’émotion

Où pouvons-nous situer les émotions ? D’un côté, elles existent lors de manifestations corporelles au sein d’un sujet ému. De l’autre, il semble qu’elles soient toujours déclenchées par des éléments spécifiques de l’environnement. Nous pouvons donc nous poser, par ce biais, la question de l’intentionnalité des émotions. En effet, il s’agirait ici de s’interroger sur ce qui est particulièrement visé par l’émotion[9]. Celle-ci semble être provoquée par un objet spécifique, mais le sujet éprouvant une émotion semble se détacher de l’objet qui a été le déclencheur de l’émotion. L’intentionnalité de l’émotion ne semble donc plus simplement réduite à l’objet déclencheur de celle-ci.

Informations pratiques

Coordination éditoriale : Lucile Bokobza, Assistante de rédaction.

Contact : l.bokobza@implications-philosophiques.org

Nous invitons les auteur•e•s à soumettre des propositions portant sur l’un ou l’autre des thèmes évoqués.  Les propositions pourront être en français ou en anglais et devront être de 750 mots maximum (formats .doc, .rtf), et seront accompagnées du nom de l’auteur•e, de son statut, de son affiliation institutionnelle, ainsi que d’une adresse mail. Chaque proposition sera examinée par les membres de l’équipe d’Implications Philosophiques.

Les articles finaux devront compter entre 20 000 et 35 000 signes. Pour plus d’informations sur nos normes éditoriales, merci de consulter la fiche mise à disposition (http://www.implications-philosophiques.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Mise-en-page-IP.pdf).

Les articles sont à envoyer à l’adresse suivante : l.bokobza@implications-philosophiques.org

Calendrier

  • Date limite de réception des propositions : 23 Juin 2018
  • Notification de la première phase de sélection : 30 Juin 2018
  • Soumission des articles complets : 22 Septembre 2018
  • Acceptation définitive des articles : 15 Décembre 2018
  • Publication : Printemps 2019

 


[1] Qui diffère de la perspective classique en ceci que cette dernière érigeait les émotions comme des valeurs strictement universelles.

[2] Cela est principalement le cas dans l’article de William James, What is an Emotion?, Mind, Vol. 9, No. 34. Apr., 1884, pp. 188-205, où il explique qu’une émotion est toujours une réaction du corps par rapport à un élément précis de l’environnement immédiat du sujet.

[3] Par exemple, voir Anna Wierzbicka, Emotions across languages and cultures : diversity and universals, Cambridge University Press, Cambridge, 1999.

[4] Cf l’hypothèse de Sapir-Whorf, qui montre que notre rapport à la réalité est régi par la structure de la langue que nous parlons. Cette hypothèse a été adaptée à l’étude du langage des émotions, voir par exemple Leonid Perlovsky, Language, Emotions, And Cultures : Emotional Sapir-Whorf Hypothesis, 2011.

[5] Voir Jean-Paul Sartre dans son Esquisse d’une théorie des émotions, Le livre de poche, Paris, 1938.

[6] Voir Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Tel Gallimard, Paris, 1945.

[7] Comme l’explique Joseph LeDoux, The Emotional Brain, Simon & Schuster Paperbacks, New York, 1998.

[8] Charles Darwin le fait lui-même, dans The expression of emotions in man and animals, John Murray, London, 1872.

[9] Nous pouvons pour cela faire appel à Franz Brentano, Psychologie vom empirischen Standpunkt, A. Chrudzimski, Frankfurt, 1874. Tout comme le philosophe Alexius Meinong, élève de Brentano, qui explicite le statut ontologique particulier qu’il donne aux émotions dans son texte Über emotionale Präsentation, R. Haller & R. Kindinger, dans Alexius Meinong Gesamtausgabe, vol. III : Abhandlungen zur Werttheorie, Graz, 1917, p.285-465.


 

CfP – “On the normal and the pathological” of emotions

 

The constructionist view on emotions (which emerged in the late-20th century) explains that emotions are shaped by an individual’s background and are influenced by different factors (such as culture or personal experiences). This view[1] enables one to explain emotions relatively to the individual’s personal story. However, this view seems to put the rational features of emotions aside. Indeed, people watching the same comedy tend to act like one mind regarding the emotions the play provoked in them. Thus, it seems that there is an objective part in individual emotions that could be triggered by certain features. As a result, one could explain emotions rationally, as a reaction by subjects to specific elements of their environment.

Therefore, an emotion would be the effect of a determined situation. This means that the phenomenal aspects of emotions seem to require a causal explanation. Nevertheless, it is not uncommon to consider emotional reactions as inexplicable and detached from any context. It seems that what causes emotions cannot be the same thing that causes phenomena in other fields, for instance in physics. We can judge another causality for emotions. So, what would be this other causal link?

A tension is necessarily present among the theories that purport to explain emotions. On the one hand, a lot of mechanical explanations emerged to explain the subject’s emotional reactions by linking them to a precise feature of their environment. These studies took the object as a starting point to explain the emotional reaction of the subject as a response to the object’s features. Nonetheless, these explanations do not seem sufficient to explain the entire emotional process, due to many emotional facets that they leave out (like the subject’s physical reactions, or this specific causality, etc.). On the other hand, when one starts tackling the problem from the other side (the subject’s reaction), one leaves out the environmental aspect of emotions even though it is a crucial part of what emotions are.

By gathering various contributions on this topic, we would like to propose a space for discussion to enable researchers to develop a critical analysis on emotions. However, we hope to gather transversal papers to get an interdisciplinary approach to the issue.

Main themes that could be explored by the contributions

We wish to inform our potential contributors that Implications Philosophiques, a French online publication, is a non-specialized peer-reviewed journal of contemporary philosophy, committed to a cross-disciplinary approach and a dialogue between different fields. Therefore, we would like to inform potential contributors that multi and interdisciplinary perspectives are deeply encouraged, especially because of the large number of fields that are connected to this topic. For example, perspectives which are a mix between cognitive sciences and philosophy would be strongly appreciated. In the same way, approaches that take root in literary or musical analyses would provide an empirical content to a philosophical contribution. Of course, these are only examples, and this is not an exhaustive list of possibilities. In addition, we do not favor a school of thought in particular. All contributions are welcome.

The “normal and the pathological” of emotions

As written above, it seems common to say that people watching the same object will share the same emotion. However, emotions are private and appear as individual and personal. These statements raise the question of the normativity of emotions. This is why we would like to make the issue of the “normal and the pathological” of emotions the underlying theme of this call for papers. All the themes of inquiry mentioned below lead one to wonder whether there are “norms” for emotion and what it means to say that emotions are “beyond the norm”.

The first topic to address could be the normativity of emotions individual experience faced with a specific object[2]. Why does it seem normal that subjects feel specific emotions when they face specific objects? Contributions could examine to which extent one can consider that all the subjects will feel the same emotion in a similar situation. The second topic that we propose to discuss is the normativity of one subject’s emotional reaction compared to others. And this therefore call for the question: at which point the intensity of the emotional reaction can be described as pathological?

Language and emotions

Sometimes, when we try to talk about emotions, it can tricky to perfectly express and describe our feelings and corporal reactions. This is why it seems to us that very important aspects of the “emotional process” can be analyzed by our language. What does it mean to say we are “filled with emotion”? Does it have the same meaning depending on different contexts[3]? Can language influence the perception we have of our own emotional experiments[4]? When we are feeling emotions, it is sometimes complicated to find the right words to describe what these feelings are. And if we can formulate the right statement, it is impossible to know if this statement means the same for others. There is an even bigger gap when we try to find a match between two statements from two different cultures. Beyond the linguistics differences, different cultures necessarily shape the individuals’ backgrounds in diverse ways. Therefore, the way we try to express emotions through language is a good starting point to explore two things: first, how the way individuals struggle with words points to the normativity of emotions and second, the way a cultural background influences the content of emotions, including by setting norms to their expression, widely conceived.

Emotions and phenomenal biases

The perception of emotions will necessarily have an impact on the way the subject will react in relation to the circumstances. It thereby seems that emotional reactions could be a modifying bias that influences the way individual perceive their environment and the world[5]. It might be interesting to study the way an emotional factor is changing our relationship with the world and reciprocally, the was a subject is impacted and to what extent it is changed by an emotion[6]. However, despite the emotions felt by the subject, the world remains objectively the same. So, what are the consequences of this kind of emotional change? To what extent can emotions change the relationship that the subject has with the world around him? Can new “emotional input” change the norms of an individual’s perception and actions in the world?

The evolutionary role of emotions

Taking a naturalistic point of view, some researchers have granted a functional aspect to emotions. For example, fear would encourage us to flee a danger. Therefore, this emotion would protect an individual from being hurt by a threatening element in his environment[7]. This way, emotions are included in the Darwinian struggle for life[8]. This explanation can nonetheless be puzzling. Indeed, including emotions in the process of natural selection would mean that our own survival depends on our situated emotions. This assumption could be convincing when one talks about simple examples such as being scared when one faces a dangerous animal or being disgusted when seeing a poisonous mushroom. However, the suitability of this kind of explanation seems to be weaker when one considers more complex emotions. To what extent the sadness or joy one feels when watching a movie would decrease one’s survival rate? Is a naturalistic explanation sufficient to explain emotional reactions?

The ontology of emotions

Where can emotions be situated? On the one hand, emotions are manifested by bodily modifications of the subject. On the other hand, they seem triggered by a specific aspect of the subject’s surrounding environment. This brings the question of the intentionality of emotions. From a phenomenological point of view, what do emotions aim at[9]? Emotions seem to be triggered by specific elements, but the affected subject does seem to take a distance with the emotional cause. Therefore, it seems that the intentionality of emotions cannot be reduced to mere stimuli.

Practical information

Editorial coordination: Lucile Bokobza, assistant editor-in-chief.

Contact: l.bokobza@implications-philosophiques.org

We invite authors to submit proposals on any of the topics mentioned. Submissions can be either in French or in English, and a good balance between the two is desired for this special issue. Proposals must be of 750 words maximum (.doc, .rtf formats), and will be accompanied by the author’s name, status, institutional affiliation, and email address. Each proposal will be examined by the members of the Implications Philosophiques team and final papers will be reviewed anonymously by our referees.

Final papers must be between 20.000 and 35.000 characters long.

For more information on our editorial standards, please consult the fact sheet available (http://www.implications-philosophiques.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Mise-en-page-IP.pdf).

Papers must be sent to the following address: l.bokobza@implications-philosophiques.org

Submissions schedule

  • Deadline for the proposals: June 23 2018
  • Feedback for the selection of proposals: June 30 2018
  • Deadline for the final papers: September 22 2018
  • Papers final acceptance: December 15 2018
  • Publication: Spring 2019

[1] Which differs from the classical view. The latter has stipulated that emotions were universals values.

[2] Like in the William James’ paper What is an Emotion?, Mind, Vol. 9, No. 34. Apr. 1884, pp. 188-205.

[3] For instance, Anna Wierzbicka, Emotions across languages and cultures: diversity and universals, Cambridge University Press, Cambridge, 1999.

[4] Like in the Sapir-Whorf hypothesis which shows that our relationship to the reality is deeply influenced by the structure of the language that we talk. This hypothesis has been adapted to the language of the emotions. See for an example: Leonid Perlovsky, Language, Emotions, And Cultures: Emotional Sapir-Whorf Hypothesis, 2011.

[5] See Jean-Paul Sartre, Esquisse d’une théorie des émotions, Le livre de poche, Paris, 1938.

[6] See Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Tel Gallimard, Paris, 1945.

[7] As explained by Joseph LeDoux in The Emotional Brain, Simon & Schuster Paperbacks, New York, 1998.

[8] Like Charles Darwin himself, in The expression of emotions in man and animals, John Murray, London, 1872.

[9] We can think to Brentano’s text on intentionality in Psychologie vom empirischen Standpunkt, A. Chrudzimski, Frankfurt, 1874. Or Brentano’s student Alexius Meinong and the particular ontological status of the emotions in his philosophy, in Über emotionale Präsentation, R. Haller & R. Kindinger, dans Alexius Meinong Gesamtausgabe, vol. III: Abhandlungen zur Werttheorie, Graz, 1917, p. 285-465.

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