Philosophie et environnement

Print Friendly

par Nolwenn Picoche

Introduction :

1)     Présentation :

Jusqu’à l’antiquité, les hommes n’avaient pas d’explications scientifiques des phénomènes qui les entouraient. Aujourd’hui nous pouvons croire ou non à la science mais il est possible de dire qu’elle apporte un certain nombre de justifications rationnelles à certains évènements. N’ayant pas tous ces moyens scientifiques des hommes modernes, les anciens ont trouvé des explications dans d’autres sources : la croyance en des divinités, dans la tradition, dans la nature. Toutes ces sources transcendent l’homme, elles sont ce qui est et qui n’a pas besoin d’explication. Elles justifient tous les phénomènes.

Mais avec le développement de la science, les nouvelles découvertes en astronomie, les nouvelles religions, les différentes sources d’explication ont été remises en question et vont même perdre leur statut. La science va devenir le seul et unique moyen d’explication de ce qui entoure les hommes. A cause de cela, la science est presque érigée en religion par certains. Face à ce phénomène de monopole de la science, il y a en quelque sorte un retour des anciennes sources d’explication, à travers la religion ou par la défense de la nature. La croissance du nombre d’hommes, le développement de l’industrie, tout cela a contribué au fait que les actions des hommes ont eu de nombreuses conséquences sur la nature.

Ici il faut entendre le terme nature comme tout ce qui existe sur la planète terre, le monde animal, le monde végétal, la terre en elle-même, les océans, les mers, l’air, la terre. C’est l’environnement qui entoure l’homme, c’est ce qui existait avant l’apparition des hommes, qui ne dépend pas de la technique des hommes, qui pourrait exister sans les hommes. Cette définition rejoint les thèses défendues par l’écologie profonde.

L’écologie classique considère les besoins humains comme étant une finalité et accorde au reste du vivant le statut de ressource. L’écologie profonde va plus loin en prenant en compte les besoins de l’ensemble de la biosphère avec laquelle nous évoluons et non plus seulement les besoins humains, ce qui supprime la supériorité accordée à l’homme.

Certains affirment que la nature n’a pas d’existence propre sans les hommes pour l’observer. Mais nous avons les fossiles d’animaux qui vivaient avant l’apparition de l’homme, autre que l’Homo Sapiens. Il est donc possible de croire en une nature indépendante. Croire en cette nature, n’est pas la même chose que de croire en un ordre de la nature. Voir dans cette nature un ordre revient à imposer un concept humain à la nature. Ici il ne s’agit pas de savoir si quand l’homme détruit la nature, il détruit un ordre, un équilibre, mais de s’intéresser à la destruction en elle-même.

Dans cette destruction, la technique joue un rôle paradoxal. D’une part, c’est le développement de cette technique qui conduit à cette destruction de la nature. D’autre part, c’est cette même technique qui nous permet d’être au courant de cette destruction. Pour certains c’est même la technique qui apportera la solution aux problèmes écologiques au risque d’y être dépendant.

L’autre élément paradoxal est que l’homme depuis son apparition a toujours vécu dans cette nature, à son contact. Il a toujours eu une influence sur cette nature. Le développement de la science a augmenté cette influence. Les actes humains ont de plus en plus de conséquences sur la nature. Les débats sur la nature font partie des grands questionnements des politiques des pays riches. Les associations de protection de la nature comptent de plus en plus de membres et ont recourt à des actions de plus en plus virulentes. Cependant la question de la destruction de la nature n’est pas au centre des préoccupations de la plupart des hommes. Pourtant les hommes ont besoin de cette nature pour vivre. Qu’est-ce qui peut pousser les hommes à détruire une nature dont ils sont pourtant dépendants ?

2)     Problématique :

L’avènement de cette rationalité, au détriment de la nature, est-elle inscrite dans l’homme ? L’homme ne peut-il développer sa raison qu’en s’opposant et en particulier en s’opposant à la nature ? Est-ce qu’en perdant sa place de principe transcendant la nature a aussi perdu ses droits ? La destruction de la nature est-elle inévitable en tant qu’elle permet le développement de l’homme ?

L’avènement de la technique au détriment de la nature ne va-t-elle pas causer la perte de l’humanité ? Si le développement de l’homme passe inévitablement par une trop grande exploitation de la nature, l’homme n’est-il pas amené à se détruire lui-même en tant qu’il habite dans un système physiologique dynamique ?

Grâce à sa raison, l’homme se pense supérieur aux autres vivants. C’est pourquoi les hommes exploitent la terre sans se poser de question. Les interrogations se sont développées quand l’homme a pris conscience que la terre ne fournirait pas des ressources illimitées. Qu’est-ce qui donne à l’homme tous les droits sur la nature ? Pourquoi l’homme est-il amené à détruire la nature ? Est-ce dans sa « nature » ?

Les premiers hommes vivaient en « harmonie avec la nature ». Est-ce uniquement parce que les hommes sont plus nombreux et ont une technologie plus développée qu’ils en sont venus à détruire la nature ? Ou est-ce inscrit dans le propre de l’homme que pour vivre il doit détruire l’environnement qui l’entoure ? Il est nécessaire de comprendre ce phénomène afin de pouvoir l’enrayer avant qu’il ne soit trop tard. Pour l’instant, la technologie n’a pas atteint un point suffisant pour que l’homme puisse se passer des ressources de la nature. S’il détruit toutes les ressources, l’homme, en tant qu’espèce, ne pourra pas survivre.

Lire la suite :

La destruction de la nature

Quelles sont les réactions ?

Conclusions


Suivez-nous :
ISSN 2105-0864 - Copyright © 2009-2015 Implications philosophiques CopyrightFrance.com