Table ronde – Autour d’Implications philosophiques 

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La diffusion numérique du savoir : la complémentarité des usages.

Auditorium 70,  le mercredi 25 septembre 2019, de 18h30 à 20h

Programme

Avant propos : Autour des 10 ans d’Implications philosophiques

Thibaud ZUPPINGER – Chercheur associé au Curapp / Directeur de la publication. La revue comme objet philosophique. 

18h30-18h40

Interventions

18h40-19h30

Table ronde et échanges avec la salle

19h30-19h50

Présentation des interventions

Les communautés d’experts numériques, par Valérie Beaudouin, enseignante-chercheuse en sciencessociales[1] à Télécom ParisTech

Les technologies numériques ont permis l’émergence de nouvelles manières de construire des savoirs, à distance et de manière collective. Des pratiques amateurs gagnent ainsi en efficacité et en visibilité et viennent questionner les modes plus traditionnels de production de la connaissance. En nous appuyant sur des cas variés comme les critiques amateurs de cinéma, les éditeurs de revues numériques (en nous appuyant sur l’exemple de la revue Implications philosophiques) ou les amateurs d’histoire, on cherchera à caractériser les traits spécifiques de ces formes de construction collective du savoir : régulation distribuée prise en charge par le collectif (entre contrôle et encouragement), entrelacement entre transmission de savoirs sédimentés et construction collective de nouvelles connaissances, publication ouverte des résultats en cours… Ces mondes, moins normés par des barrières à l’entrée comme peuvent l’être le diplôme et le statut, ont à faire face à la grande hétérogénéité de leurs participants, qui vont des novices aux experts, mais aussi aux tensions avec les mondes installés, qui peuvent se sentir menacés.

Ces collectifs posent la question de la préservation et de l’archivagede leurs travaux, par nature plus éphémères : faut-il encore distinguer ce quiest produit (les publications) du processus d’élaboration, alors qu’ils sont àce point imbriqués ?

Vérification et légitimation des savoirs sur internet, par Alexandre Moatti, chercheur associé en histoire des sciences à SPHERE(Université de Paris), et au R-AIL (Réseau-Atelier Internet lyonnais).

Sur la base de son expérience de diffusion numérique de la connaissance (sites gouvernementaux, revues, blogs, Wikipédia,…) et de ses travaux sur la science et ses marges, Alexandre Moatti propose de réfléchir à la notion de validation des savoirs académiques sur Internet,  et à son évolution depuis les débuts du réseau.

Au travers de différentes instances de légitimations numériques, on cherchera à comprendre la manière dont la confiance se construit, circule, voire se monnaye.

Au-delà des instances de certification et de leur rôle, on s’interrogera également sur les nouvelles formes d’organisation de ces structures. Plus mobiles, moins géographiquement localisées, elles empruntent grâce aux nouvelles technologies, des formes encore à déchiffrer. 

Afin d’appuyer notre propos, nous emprunterons quelques exemples au fonctionnement de la recherche et de ses résultats, notamment en nous interrogeant sur la spécificité du numérique. 

Nihil novi sub sole ? Les spécificités de l’archivage numérique en question, par Clément Oury, conservateur des bibliothèques, adjoint au responsable du service »Conservation, Restauration, Numérisation » à la Bibliothèque duMuséum national d’Histoire naturelle.

L’apparition des premiers outils de production et de diffusion de données numériques a entraîné une vague d’enthousiasme, tant ils semblaient offrir la promesse d’une conservation indéfinie de notre mémoire. Cette première impression a bientôt été balayée par un sentiment d’inquiétude, si ce n’est de panique, lorsque l’explosion de la volumétrie des données, ainsi que les premiers exemples de la fragilité des supports numériques, a démontré que leur conservation n’était pas acquise. Il a fallu mettre en œuvre des principes et des procédures, élaborer des outils et du matériel spécifiques pour faire face à ce défi. Rapidement, il est apparu que le problème n’était pas seulement d’ordre technologique, mais aussi scientifique (quoi conserver, comment décrire ?) et organisationnel. L’archivage est désormais pensé comme une étape au sein d’un plus grand cycle, qui gère toute la vie des données – comme pour les documents sur support physique. L’archivage numérique serait-il redevenu un processus de conservation assimilable aux opérations plus « traditionnelles » des institutions patrimoniales ? Le dépôt légal du web à ce titre reste une illustration riche de ces projets et de ces réflexions. Cette contribution se propose d’examiner, sans entrer dans les détails techniques, les principes et méthodes d’archivage mises en œuvre aujourd’hui, dans une approche comparatiste, pour dégager les points de convergence et les différences irréductibles entre conservation des documents physiques et archivage des données numériques.

A l’horizon, nous chercherons à interroger l’impact des usages numériques sur la pratique même des philosophes, et plus largement des chercheurs en SHS, comme la revue Implications philosophiques, à sa manière, en est un témoin et une expérience se faisant.


[1] Champ d’étude : sociologie des usages, pratiques de sociabilité, pratiques de lecture et d’écriture, interactions médiatisées, sociologie de la mémoire. Co-responsable du groupe SID (Sociologie, InfoCom, Design)

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