Introduction

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Par Armance Ageorges

Chirurgie esthétique, tatouages, body art, prothèses, stimulateurs cardiaques : nous nous modifions déjà nous-mêmes.

Lorsqu’on parle de cyborgs, contraction de cyber-organismes, on pense souvent à une science-fiction éloignée du réel, hors de portée des techniques actuelles. Effectivement, les techniques ne nous permettent pas de nous améliorer, comme lorsqu’on pense aux cyborgs tout puissants de la science fiction, pour l’instant elles se bornent à satisfaire des besoins esthétiques (transsexualisme ou chirurgie esthétique) ou médicaux (prothèses, pacemakers).

Les problèmes posés par les cyborgs paraissent vides face aux technologies actuelles, mais si l’on suit la définition de base, une grand-mère avec une hanche artificielle est un cyborg, certes, éloignée des images classiques, autrement moins menaçante. Car le cyber-organisme se constitue d’abord  d’un individu biologique sur lequel viennent se greffer des extensions artificielles. Les cyborgs sont, d’ores et déjà présents, et intégrés de manière définitive, à notre époque. Nous voulons nous contrôler nous-mêmes.

La définition des cyborgs est donc très large, car finalement qu’est-ce qu’un cyborg ? Où placer les limites  ? Cette catégorie d’être vivants est-elle plus proche des robots que des humains ?

Nous pouvons partir du principe qu’il semblerait que ces ajouts soient considérés par l’individu qui les désire comme faisant partie intégrante de son propre corps. Ainsi cette question rejoint celle de l’identité humaine. En cela, l’acceptation de ces modifications est très subjective et associée à la perception du corps comme un ensemble articulé et contrôlé par le moi, par un esprit, et donc entraîne nécessairement l’idée d’un corps comme objet extérieur susceptible d’être amélioré ou modifié. Nous dirigeons-nous vers l’idée que l’Homme, pur esprit, ne serait donc plus dans son corps que comme un pilote en son navire[1] ?

La question mérite d’être posée, car les modifications sur l’Homme ne se feront plus seulement dans une perspective curative et esthétique mais pratique.

Nous commencerons donc par étudier les problèmes posés par le statut de cyborg au niveau définitionnel : pourquoi est-il si large ? Comment envisager des limites ?

Ces limites sont issues de la notion d’identité. Ainsi le cyborg sera d’abord défini comme un humain amélioré, ou post-humain. Mais ce statut humain est rapidement supplanté par un statut spécial qui lui permet d’ouvrir la voie à de nouveaux types d’espèces, hybrides et particulières en tout point, mettant en jeu de nouvelles problématiques d’ordre moral.

Finalement cette ouverture conduit à une perspective subjective venant clore la définition formelle du cyborg, comme ressenti physique et intellectuel, mais également comme continuité d’un flux de conscience qui s’ouvre vers l’extérieur et qui vient parachever les idéaux humains de communication et de puissance mécanique et spirituelle.

Plan de la démarche :

Introduction

I – Utopies et cyborgs : où en-est-on ?

II – Toujours des humains ?

III – Une nouvelle espèce ?

Conclusion & Bibliographie


[1] Descartes, sixième partie des Méditations métaphysiques


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