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Dossier Star Wars – Présentation

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« Le réveil de la Force »

 

[box type= »bio »] Valentin Debatisse et Victor Vasse, coordinateurs du dossier[/box]

 

Un Jedi doit avoir l’engagement le plus profond, l’esprit le plus sérieux. Celui-ci depuis très longtemps je l’observe. Et toute sa vie, il a regardé vers l’avenir, vers l’horizon, jamais l’esprit là où il était, à ce qu’il faisait. L’aventure, l’agitation, ces choses un Jedi ne les désirent point. Tu es insouciant.

 

Ainsi s’exprimait Yoda dans L’empire contre-attaque, au moment où il voulait mettre à mal l’idée reçue de Luke qui s’imaginait le Jedi comme un aventurier que sa maîtrise de la Force rendait puissant. Mais cette idée n’est au fond simplement révélatrice que de son insouciance. Mais le philosophe n’est-il pas insouciant de la même manière ?

À première vue, tout philosophe aguerri aux concepts et aux constructions conceptuelles ne trouvera rien qui ne puisse l’intéresser dans cette galaxie lointaine, très lointaine, et insouciants seraient ceux qui formuleraient un tel dessein. Mais à première vue seulement… Loin de penser que conduire une réflexion philosophique sur cet univers de fiction était impossible ou inutile, quelques « insouciants » se lancèrent donc dans cette aventure et se réunirent pour se faire à l’été 2018 à Clermont-Ferrand, afin de réfléchir sur cet univers (ou plutôt de plonger en lui). Les différents regards qui composent le présent recueil s’accordent sur le fait que ces films pensent, par l’enchaînement des images, des thèmes qui ont été centraux dans l’histoire de la philosophie, comme par-exemple la question du meilleur régime politique, celle de savoir quel est le principe de l’univers ou encore la question de l’héritage génétique. Singulièrement, c’est ici la question des liens et des interactions entre la philosophie et un univers cinématographique, en l’occurrence celui de Star Wars, qui aura servi de guide à la reconnaissance de cette histoire. Il ne s’agit pas ici d’un artifice rhétorique qui consisterait à prendre l’univers de Star Wars comme un prétexte pour faire de la philosophie et servir d’illustration à une réflexion sur quelques thèmes. Bien au contraire, les films de la saga ont leurs propres moyens d’expression et leur propre matière pour manifester les choses, et la tâche du philosophe sera donc de repérer au sein de ses films les interférences et les résonances qu’il peut y avoir entre les images que les films nous présentent et les concepts qu’il peut se forger par l’exercice philosophique.

C’est donc avec « l’engagement le plus profond » et « l’esprit le plus sérieux » chers à Yoda et nécessaires dans l’enseignement des Jedi que les différents contributeurs se sont attaqués à cet univers. Mais pourquoi une telle décision d’explorer l’univers de Star Wars comme s’il recélait en son sein quelques riches pensées philosophiques ? Pourquoi s’orienter sur lui lorsqu’il s’agit de brosser à grands traits quelques perspectives sur la manière dont la philosophie a traversé les époques jusqu’à nous ?

À cela, il peut être avancé certaines pistes qu’explorent les contributions réunies ici.

  1. Questionner l’importance qu’a pu avoir le film La guerre des étoiles : un nouvel espoir, qui apparut sur nos écrans pour la première fois en 1977 et constitua pour le cinéma une véritable rupture avec ce qui l’avait précédé. Il se situe au niveau cinématographique au croisement des chemins, entre la fin d’une ère, celle du Nouvel Hollywood, et une nouvelle qui est celle de l’avènement du Blockbuster. On assiste donc à un changement de paradigme qui impacte tous les différents aspects du film (la narration, la critique, le financement, etc.), et la question se pose de savoir comment appréhender un film dorénavant.
  2. Comprendre ce qu’est ce nouvel univers hétérogène au nôtre au sein duquel nous sommes néanmoins plongés en tant que spectateurs du film au travers d’un nécessaire travail de cartographie qui permet d’interroger sa cosmologie, sa diversité biologique et la manière dont les différents individus coexistent dans un même milieu, ainsi que les enjeux géopolitiques qu’il sous-tend.
  3. Cerner les grandes questions qui sont soulevées dans les films et qui ont également traversé l’histoire de la philosophie, des questions tant métaphysiques que morales ou politiques dont nous pouvons tirer les questions suivantes : faut-il confier le pouvoir à tous ou au meilleur ? Quelle est l’origine du mal ? Qu’est-ce que la Force ?
  4. Enfin, il était aussi nécessaire d’aborder cet univers de manière critique afin de savoir s’il n’était pas simplement une vaste duperie qui introduiraient en contre-bande des idéologies qui se feraient passer pour des idées novatrices et philosophiques. Star Wars n’est-il pas autre chose qu’une super-production destinée à divertir le plus large public possible et qui obéirait à une logique industrielle et mercantile, davantage qu’à une logique de la pensée ?

Loin d’épuiser le sujet, ce recueil a davantage vocation à ouvrir des perspectives, à arpenter différents sentiers afin de montrer que sous ces apparats de « conte de bonne femme » comme diraient Platon ou Kant (et, pourrions-nous ajouter, d’enfants) sommeillent de véritables problématiques qui traversent inlassablement l’histoire humaine comme autant de problèmes qui ne cessent de se présenter à nous, et à susciter chez le lecteur des interrogations qui feront peut-être écho dans la recherche philosophique future.

 

1 Commentaire

  1. Bonjour,

    De passage sur votre plateforme depuis la rébellion, j’en profite pour poster une réponse à un philosophe et à ses tentatives d’ingérence depuis l’Empire. C’est ici : https://www.academia.edu/26649904/La_nature_dans_Star_Wars_. Le philosophe essaye d’opposer Han et Luke créant un faux débat alors que l’on sait tous que la guerre des étoiles c’est la lutte de la biodiversité contre la mécanique de l’ordre, ces clones, son hyper-hiérarchie corrompue. C’est la vie contre le néant. Chers amis terriens, pourriez-vous aider en éclairant les propos de votre collègue ? Merci, cela aiderait la biodiversité en lutte contre cette idée impériale et colonisatrice qu’est le concept de nature que ce philosophe promeut.

    *****

    Cher F.D.,

    Vous êtes un agent de Palpatine et votre traîtrise s’illustre tellement bien dans votre analyse critique de Star Wars que je pense pouvoir arriver à vous démasquer. Et qui connaît même un tant soit peu Star Wars peut être pris à témoin : Vous diffamez Han et Luke en oubliant la réalité pourtant très évidente et matériel de notre monde et de notre bataille. Et par ce biais-là, vous propagez le concept daté de nature, ce concept occidental source de la destruction de l’univers habité. Bref, vous tentez de briser la coalition du vivant.

    Dans votre analyse de Star Wars, vous confondez (et par là demandez à votre public de confondre – heureusement que je vous ai démasqué – vraiment) nature, monde et biodiversité. Cette confusion, digne de l’abominable Jabba the Hut, vous permetsans doute de glaner des points auprès de vos maîtres (que vous citez dans votre papier mais surtout auprès de Palpatine qui provient bien du latin palpare, “failloter”, « flater les maîtres ») pour garder vos bonnes notes pour votre carrière au sein de l’empire anti-biodiversité et pro-nature.

    Ce qui saute aux yeux dans Star Wars est que la rébellion représente la biodiversité et que l’empire représente donc le reste du monde avec ses destructeurs de la biodiversité. Les deux camps de Star Wars sont les deux camps de la vérité matérielle (réelle) du monde autour de nous. Cela est tellement évident qu’on peut prendre tout le monde à témoin ici. Star Wars est simplement une coalition faite d’un genre d’ours, de femme, de repris de justice, de formes de vie extra-terrestre, bref la biodiversité dans toutes ses dimensions, qui lutte contre un empire de clones, tous identiques et soumis, bref la non-biodiversité : Biodiversité contre ordre impérial. Ya pas plus simple et évident comme résumé de Star Wars, pas besoin de faire des études pour le voir, et vous avez juste oublié ce clivage de base, gros comme le nez au milieu de la figure avant de partir en médisance contre les deux héros positifs du film à faire croire qu’ils s’opposent, ou que l’un va faire de la géoingénierie, etc. Vraiment, seul un agent de Palpatine peut fausser le monde et mentir à ce point.

    En ce qui concerne votre sous-analyse des deux héros, elle parle seulement de deux sortes de rapport au vivant (pas comme vous tentez de le faire croire du rapport au monde) et notamment du paradoxe de la viande (on -la vivant- s’aime mais on se mange). Rien de mystique et d’ésotérique là-dessous. La force, ensuite, c’est pour exciter les gamins ou les curés de l’empire.

    Je vous conseille donc, maintenant que vous êtes démasqué, de rejoindre la rébellion et la biodiversité. Il est encore temps. Vous pouvez sauver votre âme avant la fin du monde que Palpatine concocte n’arrive.

    Camille

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