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Appel à contributions – L’empathie

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Appel à contributions

L’empathie

Revue Implications philosophiques

 

Dossier coordonné par Raphaël Pierrès, docteur en philosophie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Giulia Salzano, post-doctorante à l’Université de Naples Federico II, et Bryan Zúñiga, doctorant à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Bien que l’empathie constitue l’un des concepts philosophiques les plus mobilisés dans les débats contemporains, (De Waal 2007; 2009 ; 2021 ; Rifkin 2009) sa définition est loin de faire consensus. Au cours des dernières décennies, elle a suscité unintérêt croissant et transversal, trouvant des applications dans des domaines aussi divers que l’esthétique, la psychologie,la politique, la pédagogie ou les humanités médicales. Cette diffusion étendue s’accompagne toutefois d’importants déplacementssémantiques et conceptuels (Berthoz 2004). La notion nécessite ainsi un travail de définition et une analyse critique et historique. Elles peuvent prendre pour point de départ le repérage de deux tensions. D’un côté, l’empathie doit-elle être comprise comme une expérience affective, ou comme une opération cognitive ? De l’autre, l’empathie doit-elle être comprise comme une relation entre sujets, ou conduit-elle à dépasser les approches égologiques ? Ces questions appellent une critique de la constitution du concept, une analyse du phénomène, et une enquête sur ses implications. La notion puise ses racines dans le domaine de l’esthétique (Vischer 1873) où l’empathie désigne le processus par lequel le sujet se projette et s’objective dans l’objet perçu. C’est avec Theodor Lipps (1906) que l’Einfühlung acquiert une portée cognitive et devient l’une des formes de la connaissance humaine par laquelle les autres sujets sont appréhendés. Toutefois, l’interrogation portant sur la manière dont nous faisons l’expérience du vécu d’autrui remonte plus loin, en particulier au XVIIIème siècle, dans les réflexions sur la pitié et la sympathie. Lasympathie, chez Hume (1739, 1740) et Smith (1759), désigne un mécanisme par lequel les affects se transmettent et setransforment, rendant possible une évaluation morale des actions et des caractères. Chez Rousseau (1755, 1762), la pitié apparaît comme un sentiment pré-réflexif, qui fonde la reconnaissance d’autrui. Ces analyses offrent un cadre conceptuel essentiel pour situer l’empathie comme un principe structurant de la vie morale et sociale, à l’articulation entre sensibilité, imagination et normativité morale (Summa 2017), et remettre en question les approches centrées sur le sujet.

Dans l’histoire philosophique de l’empathie, l’apport de la tradition phénoménologique occupe une place décisive. À partir de Husserl (1952), elle permet d’interroger la question de l’altérité, de thématiser les structures de sens de l’expérience d’autrui (Stein, 1916), ainsi que ses effets aux niveaux individuel et relationnel (Scheler, 1923). L’empathie se trouve décrite à partir du niveau perceptif et des sphères pré-réflexives de l’expérience. Elle se présente comme un phénomène fondamental, qui réveille une intersubjectivité toujours à l’œuvre (Zahavi 2008; 2014 ; 2025) rendant possible la constitution d’un monde social partagé. Dans la perspective de cet appel, la contribution phénoménologique apparaît ainsi comme un apport central, l’un des enjeux étant d’en conduire une discussion critique afin d’en préciser les points d’application. La réflexion sur l’empathie en tant qu’aspect fondamental de l’intersubjectivité reste l’un des principaux héritages de la pensée husserlienne, développée en des sens différents dans les domaines de l’éthique (Levinas 1974 ;1990), de l’épistémologie, de l’ontologie sociale (Konzelmann Ziv, Schmid 2016) et de l’anthropologie. Ces développements étendent la réflexion sur l’Einfühlung jusqu’à ses limites, en remettant en question le cadre égocentrique et dyadique dans lequel elle a été conçue.

Au cours du siècle dernier, le discours sur l’empathie a connu un regain d’intérêt grâce aux apports des sciences cognitives (V. Gallese – A.I. Goldman, 1998 ; F. de Vignemont – T. Singer, 2006 ; Stueber, 2006), où la question est développée dans le cadre de la théorie de l’esprit, notamment à travers des débats entre la theory-theory (Wellman, 1990 ; Gopnik, 2003, 2011) et la simulation theory (Goldie, 2000). L’enjeu est de comprendre l’empathie comme la capacité d’interpréter et d’attribuer des états mentaux à autrui au moyen de logiques inférentielles, de raisonnements ou de formes d’imagination plus ou moins égocentrées. Le concept d’empathie a été de plus en plus mobilisé dans des disciplines diverses telles que la psychologie clinique (Broome et Spencer 2023; Englebert 2018 ; Irrarázaval 2025 ; Kohut, 1959 ; Rogers, 1970), les sciences de l’éducation (Sánchez 2021 ; Zanna, 2015 ), et la théorie de l’art (Lee, 1896 ; 1909; Lanzoni, 2018 ; Leroy, 2025). En effet, elle constitue un outil pour penser des dynamiques relationnelles comme la rencontre clinique entre un psychologue (Englander 2019), un médecin ou un psychiatre et leurs patients, le lien entre un professeur et ses élèves dans le cadre de leur processus de formation scolaire, les pratiques du soin (Slote 2012), l’expérience des spectateurs d’une pièce de théâtre, et en général les expériences où la rencontre incarnée avec les autres est en jeu. Enfin, la pluralité des configurations que peut prendre l’empathie invite à réfléchir non seulement à la diversité et à l’hétérogénéité de ses effets au niveau individuel et social, mais aussi aux facteurs et aux conditions qui en déterminent les modes d’activation. Dans cette perspective, les débats récents en sciences sociales interrogent la distribution de la charge empathique et de la sensibilité empathique, en envisageant l’empathie non seulement comme un vecteur de cohésion sociale, mais aussi comme un possible instrument de contrôle et de reproduction des inégalités sociales (Pedwell 2012 ; Hochschild, 2013, 2016 ; Ruiz-Junco, 2017 ; Karaki, 2024).

Ce bref parcours manifeste l’ambiguïté constitutive de la notion d’empathie. D’emblée, le concept se présente comme un phénomène énigmatique (Husserl, 1939) voire équivoque (Lipps, 1906). Les déplacements de sens et la circulation du terme à travers des champs et des approches multiples n’ont fait qu’approfondir cette interrogation. Le présent dossier se propose de mettre en tension cette pluralité d’approches, d’implications et d’enjeux, en prenant au sérieux l’ambivalence qui traverse le phénomène empathique. Dans ces coordonnées générales, le présent dossier pourra ainsi explorer les trois axes suivants.

  • Pour une critique historique de l’empathie : L’émergence du concept d’empathie doit-elle comprise en continuité avec les approches antérieures de la sympathie et de la pitié, ou en discontinuité, dessinant des coordonnées nouvelles ? En quoi une relecture des approches classiques de ce point de vue permet-elle d’engager une discussion critique avec les théories contemporaines de l’empathie ? Cet axe porte sur les contributions possibles à l’histoire et à la généalogie du concept d’empathie, en mettant en lumière de nouvelles ressources théoriques, des développements encore peu explorés, ou en renouvelant des approches classiques à travers de relectures originales et de mises en dialogue entre perspectives classiques et contemporaines. Dans cette perspective il encourage des relectures critiques et phénoménologiques de textes classiques, visant à interroger la place et le statut de l’empathie. Les contributions pourront, par exemple, examiner la continuité ou les ruptures entre la sympathie morale et l’Einfühlung esthétique ou phénoménologique, ou encore proposer des analyses généalogiques du concept, depuis les théories de la sympathie chez Hume, Smith ou Rousseau jusqu’aux reformulations contemporaines. Seront également bienvenues des études portant sur les descriptions de l’empathie développées par la psychologie du XIXᵉ siècle, sur les textes classiques de théorie de l’art, ainsi que sur les grandes élaborations phénoménologiques du thème, notamment chez Husserl (1931;1952), Scheler (1923), Levinas (1940; 1974), ou encore Marc Richir (2004).
  • L’empathie dans le paysage émotionnel : Comment situer l’empathie vis-à-vis des autres formes affectives de rapport à autrui(sympathie, contagion affective) et plus largement de sentiments (amour, haine, envie) ? L’empathie est-elle un phénomène second, ou occupe-t-elle une place essentielle dans la constitution et la reconnaissance de nos sentiments ? Cet axe interroge les rapports entre l’empathie et la dimension affective, en situant l’expérience empathique au sein d’un paysage émotionnel plus large. Il s’agit d’explorer la constellation des phénomènes affectifs qui accompagnent, traversent ou modulent l’empathie, et d’analyser la manière dont celle-ci s’articule à d’autres états émotionnels tels que la colère, le conflit, l’envie, le ressentiment, l’amour ou la joie. L’axe invite également à distinguer l’empathie d’autres formes d’affectivité auxquelles elle a souvent été associée (sympathie, compassion, endopathie, contagion affective) tout en examinant leurs zones de recoupement et leurs tensions conceptuelles (Scheler 1923). Uneattention particulière sera portée à l’articulation et à la distinction entre empathie et sympathie, notamment en ce qui concerne leurs implications morales et politiques : l’empathie favorise-t-elle nécessairement la reconnaissance, la sollicitude ou la justice, ou peut-elle aussi renforcer des formes d’exclusion, de partialité ou de manipulation affective (Bloom) ? 2012)
  • L’empathie en pratiques : Comment mettre le concept d’empathie au travail dans les domaines du soin et de l’éducation ? Quelle est la portée sociale et politique de l’empathie ? Qu’est-ce que l’empathie nous donne à penser des expériences esthétiques ? Il s’agit d’observer l’empathie « à l’œuvre » dans ses différentes activations, modulations et configurations concrètes, en tenant compte des asymétries, des cadres institutionnels et des attentes normatives qui en orientent l’usage. Les contributions pourront notammentporter sur le rôle de l’empathie dans les domaines de l’éducation ,de la psychopathologie de la santé mentale, ainsi que dans les relations et les éthiques du soin. L’axe invite également à interroger les usages de l’empathie dans le dialogue interculturel et multiculturel (Kiss 2011), ainsi que dans l’action sociale et politique, en examinant ses fonctions ambivalentes : ressource pour la reconnaissance et la solidarité, mais aussi possible vecteur de normalisation, de contrôle ou de reproduction des inégalités sociales. En se focalisant sur ces contextes, cet axe entend contribuer à une analyse critique de l’empathie comme dispositif relationnel et socialement situé, en mettant en lumière les conditions de possibilité, les limites et les effets — parfois contradictoires — de sa mobilisation dans les pratiques contemporaines. Une attention pourra également être accordée à certaines applications de l’empathie dans le champ des pratiques artistiques contemporaines, en particulier dans le développement des arts immersifs et interactifs. Ces dispositifs réactivent et prolongent certaines intuitions des premiers théoriciens de l’Einfühlung pour lesquels l’expérience esthétiquereposait sur une projection incarnée du sujet dans l’objet et sur une dynamique de participation sensible.

 

Informations pratiques

Les propositions de contributions doivent être envoyées au format PDF avant le 15 février 2026 aux deux adresses suivantes : r.pierres@yahoo.fr et arphenomenes@gmail.com . Les résumés ne devront pas dépasser 750 mots et préciseront le titre, le ou lesaxe(s) dans le(s)quel(s) elles s’inscrivent et cinq mots-clés.

Les articles rédigés ne devront pas dépasser les 10 000 mots, bibliographie, notes et espaces compris. Ils doivent être envoyés dans un document .doc ou .odt anonymisé pour une évaluation en double aveugle. Ils devront respecter les normes de présentation dela revue, disponibles sur la page suivante : https://www.implications-philosophiques.org/soumettre-un-article/.

Merci d’indiquer (uniquement dans le corps du mail) : le nom et prénom de l’auteur.e, le titre de sa proposition, son affiliation institutionnelle, ainsi qu’une adresse mail de contact.

Calendrier

Date limite d’envoi des résumés : 30 mai 2026
Réponses aux auteurs : 15 juin 2026
Envoi de l’article entièrement rédigé : 30 septembre 2026
Premier retour aux auteurs : 15 décembre 2026
Envoi de la version finale de l’article : 30 janvier 2027

Publication prévue : février  2027

Bibliographie indicative

Berthoz A. – G. Jorland, L’empathie, Odile Jacob, Paris 2004.

Broome, M. -Spencer, L. The epistemic harms of empathy in phenomenological psychopathology,

« Phenomenology and Cognitive Sciences »(2023).

Konzelmann Ziv, A. – Schmid, H. (eds.), Institutions, Emotions, and Group Agents. Studies in the Philosophy of Sociality, vol. 2, Springer, Dordrecht 2014, pp. 195-212 ;

—, Beyond the Dichotomy of « Social Direct Perception » and « Simulation Theory ». Scheler’s Account of Social Cognition, in Summa, Fuchs, Vanago (eds.), Imagination and Social Perspectives. Approaches from Phenomenology and Psychopathology, Routledge, New York 2017, pp. 265-283.

De Vignemont, T. – Singer, T. The Empathic Brain: How, When and Why?, « Trends in Cognitive Sciences » 10/10 (2006), pp. 435-441.

De Waal, F. B. M. The ‘Russian Doll’ Model of Empathy and Imitation, in Braten, S. (ed.), On Being Moved: From Mirror Neurons to Empathy, John Benjamins Publishing, Amsterdam 2007, pp. 49-69 ;

—, The Age of Empathy: Nature’s Lessons for a Kinder Society, Crown, New York 2009 ;

—, Empathy, the umbrella term, « Neuroscience & Biobehavioral Reviews » 129 (2021), pp. 180-181. Doyon, M. Phenomenology and the Norms of Perception, Oxford University Press, Oxford 2023.

Englander, M. The Practice of Phenomenological Empathy Training, « Journal of Phenomenological Psychology » 50 (2019), pp. 42-59 ;

—, Interpersonal Phenomenology: Empathy Training and Qualitative Interviews, « The Humanistic Psychologist » 48/1 (2024), pp. 54-73.

Englebert, J. The psychopathology of psychopaths, in Stanghellini, Broome, Raballo et al. (eds.), The Oxford Handbook of Phenomenological Psychopathology, Oxford University Press, Oxford, 2019.

Gallagher, S. Empathy, Simulation, and Narrative, « Science in Context » 25/3 (2012), pp. 355-338. Galland-Szymkowiak, M.Depraz, N. Cahier de traductions de Theodor Lipps, 2018.

Gallese, V. Embodied Simulation: From Mirror Neuron Systems to Interpersonal Relations, Novartis Foundation Symposia 278 (2017), pp. 3-12 ;

Gallese, V. – Goldman, A. I., Mirror Neurons and the Simulation Theory of Mind-Reading, « Trends in Cognitive Sciences » 2/12 (1998), pp. 493-501 ;

Gallese, V, Cuccio, V., The Paradigmatic Body. Embodied Simulation, Intersubjectivity and the Bodily Self, in Metzinger, T. – Windt, J. M. (cur.), Open MIND, Francfort, 2015, pp. 1-23.

Goldman, A. I. Two Routes to Empathy: Insights from Cognitive Neuroscience, in Coplan, A. – Goldie, P. (eds.), Empathy: Philosophical and Psychological Perspectives, Oxford University Press, Oxford 2011, pp. 31-44.

Herrando, C. E. Emotional Contagion: A Brief Overview and Future Directions, « Frontiers in Psychology » 2021, pp. 1-7.

Hume, D. Traité de la nature humaine, livre III, tr. Saltel, Paris, Flammarion, 1999.

Husserl, E. Ideen zu einer reinen Phänomenologie und phänomenologischen Philosophie. Zweites Buch (1912-1917), Springer, Den Haag 1952 ;

— , Méditations cartésiennes, tr. Peiffer et Levinas, Paris, Vrin, 2000.

Irarrazaval, L. Empathy as Decolonial Praxis: A Phenomenological-Anthropological Approach. « Human Arenas» 2025.

Jardine, J. Husserl and Stein on the Phenomenology of Empathy: Perception and Explication, « Synthesis Philosophica » 29/2 (2014), pp. 273-288 ;

— , Elementary Recognition and Empathy, « Metodo. International Studies in Phenomenology and Philosophy » 5/1 (2015), pp. 143-170.

Kant, I. Critique de la raison pratique, tr. Picavet, Paris, PUF, 2016.

Karaki, S.    L’empathie est politique. Comment les normes sociales façonnent la biologie des sentiments, JC Lattès, Paris, 2024.

Kiss, A. L’empathie et la rencontre interculturelle, L’Harmattan, Paris, 2011.

Kohut, H. Introspection, Empathy, and Psychoanalysis: An Examination of the Relationship Between Mode of Observation andTheory, « Journal of American Psychoanalytic Association » 7/3 (1959), 459-483.

Lanzoni S., Empathy: A History, Yale University Press, New Haven, 2018.

Lee V. Laurus Nobilis: Chapters on Art and Life, Lane, London & New York, 1909.

Lee V. – C. Anstruther-Thomson, Beauty And Ugliness: And Other Studies In Psychological Aesthetics, Macmillan and Co.,London 1896.

Leroy, C. Kinaesthetic Empathy, Ethics and Care, Routledge, London 2025. Levinas, E. En découvrant l’existenceavec Husserl et Heidegger, Paris, Vrin, 1949 ;

—, Totalité et Infini: essai sur l’extériorité, Paris, Livre de Poche, 1990 ;

—, Autrement qu’être ou au-delà de l’essence, Paris, PUF, 1974.

Lodigiani, G. A. – Mannozzi, G. Unlearning to See Others. Perception, Types, and Position-Taking in Husserl’s Phenomenolog, in Bortolan, A. – Magrì., E. (eds.), Empathy, Intersubjectivity, and the Social World, De Gruyter, Berlin 2022, pp. 261-278.

Pedwell, C. Affective Relations: The Transnational Politics of Empathy, Londres, Palgrave Macmillan, 2014.

Recuber, T. Consuming Catastrophe: Mass Culture in America’s Decade of Disaster, Temple University Press, Philadelphia, 2016.

Rifkin, J. The Empathic Civilization: The Race to Global Consciousness in a World in Crisis, Polity, Cambridge 2009.

Rizzolatti, G. – Fadiga, L. Resonance Behaviors and Mirror Neurons, « Archives Italiennes de Biologie » 137/2-3 (1999), pp. 85-100.

Rousseau, J.-J., Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Paris, GF, 2011.

—, Emile, Paris, GF, 2009.

Ruiz-Junco, N. Advancing the Sociology of Empathy: A Proposal, « Society for the Study of Symbolic Interaction » 40/3 (2017), pp. 414-435.

Sánchez, R. Educación, persona y empatía: ¿Es importante la empatía para la educación?, Editorial Aula de Humanidades, Bogotá 2021.

Smith, A. Théorie des sentiments moraux, Paris, PUF, 2011.

Scheler, M. Zur Phänomenologie und Theorie der Sympathiegefühle und von Liebe und Hass. Mit einem Anhang über den Grund zur Annahme der Existenz des fremdes Ich, Max Niemeyer, Halle 1913.

Slote, M. The Ethics of Care and Empathy, Routledge, London 2008; — Varieties of Empathy, Neuroscience and the Narrativist Challenge to the Contemporary Theory of Mind Debate , « Emotion Review » 4 (2012), pp. 55-63.

Stein, E. Zum Problem der Einfühlung, Saale, Halle 1917.

Summa, M. Empathy and Anti-Empathy: Which Are the Problems?, in Moran, D. – Magr., E. (eds.), Empathy, Sociality, and Personhood: Essays on Edith Stein’s Phenomenological Investigations, Springer, Cham 2017, pp. 87-107..

Zahavi, D. Beyond Empathy. Approaches to Intersubjectivity, « Journal of Consciousness Studies » 8/5-7 (2008), pp. 151-167 ;

—, Self and Other: Exploring Subjectivity, Empathy, and Shame, Oxford University Press, Oxford 2014 ;

—, Being We. Phenomenological Contributions to Social Ontology, Oxford University Press, Oxford 2025.

Zanna O. Cultiver l’empathie à l’école, Malakoff, Dunod, 2019.

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