Deleuze et Simondon

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Deleuze et Simondon

Judith Michalet est docteure en philosophie de l’Université Paris 1 et enseigne la philosophie de l’art à l’École-EAC.

Cherchant à appréhender les mondes physiques et vivants selon une ontologie de l’être en formation qui entend s’opposer aux approches essentialistes, Gilbert Simondon et Gilles Deleuze développent des pensées qui possèdent d’emblée un soubassement commun. Contre les philosophies qui font prévaloir la forme sur la matière (hylémorphisme), la substance sur la relation (substantialisme) et la totalité sur les médiations transitoires (philosophie de l’absolu), ils valorisent les mouvements de différenciation, les croissances « par le milieu » et les prises de forme en constante fluctuation. Leurs philosophies se rendent ainsi attentives à des processus qui ne doivent pas leur existence à un travail du négatif de type dialectique mais à des opérations d’individuation. Autrement dit, leurs pensées font primer le processus sur la forme achevée, le devenir sur l’essence. À ce titre, l’orientation philosophique majeure de ces deux auteurs est semblable et consiste à accorder une prévalence aux états indéterminés et transitoires. En revanche, les domaines théoriques et les expériences pratiques qu’ils convoquent ne sont pas exactement les mêmes. Fortement engagé dans une recherche sur les objets techniques, Simondon met en évidence le primat des relations sur les entités stables, qu’elles soient inanimées ou vivantes. Puisant à une source d’inspiration philosophique et esthétique où les expériences du sublime et de la folie sont centrales, Deleuze valorise quant à lui les métamorphoses subjectives au détriment des identités constituées.

Dès 1966, dans la recension que Deleuze rédige de L’individu et sa genèse physico-biologique[1] (cet ouvrage est le seul qu’il semble avoir lu attentivement, même si Du mode d’existence des objets technique est également cité dans son œuvre), il apparaît clairement que l’intérêt qu’il porte à la notion d’« état métastable » chez Simondon n’est pas sans lien avec les « différences d’intensité » chez Bergson, telles qu’elles sont appréhendées la même année dans Le Bergsonisme (sur le rapport de Simondon à Bergson, voir ici même l’article « Simondon et Bergson » de Jean-Hugues Barthélémy). Par ailleurs, même si Deleuze ne le souligne pas explicitement, il ne fait guère de doute que le phénomène de ralentissement des rythmes individuants qui occasionne le passage d’un ordre à un autre chez Simondon (par exemple de l’ordre physique à l’ordre vivant) est similaire à l’« épaisseur de durée » des perceptions vivantes (qui ont un « rythme de durée » distinct de celui de la matière) mise en évidence par Bergson dans Matière et mémoire. Adjointes à un héritage empiriste, en particulier issu de la philosophie de Hume et de l’idée selon laquelle la subjectivité est produite comme un effet (exposée dès 1953 dans Empirisme et subjectivité), les philosophies bergsonienne et simondonienne apportent précocement à Deleuze nombre des éléments conceptuels majeurs de la philosophie de l’immanence qu’il appelle de ses vœux. Plus précisément, elles lui permettent de poser les bases de ce qu’il nommera « empirisme transcendantal » en 1968 dans Différence et répétition. Bien que les termes « empirisme » et « transcendantal » empruntent peu à la terminologie simondonienne, ils renvoient pourtant chez Deleuze à une approche génétique. En effet, Deleuze cherche à penser une « genèse transcendantale »[2], autrement dit la façon dont des éléments déterminant notre connaissance possible du monde (à ce titre « transcendantaux » ou « a priori ») sont eux-mêmes issus d’une réalité empirique, depuis laquelle ils sont engendrés.

Malgré une forte convergence de vue des deux philosophes, certaines synthèses et reformulations de la pensée simondonienne proposées par Deleuze dès son compte-rendu de 1966 et présentes dans plusieurs de ses ouvrages ultérieurs attestent des infléchissements qu’il fait subir aux thèses de L’individu et sa genèse physico-biologique. En procédant à des connexions implicites à d’autres concepts et traditions de pensée, Deleuze déploie une reformulation personnelle de la pensée de Simondon, qui, à bien des égards, la transforme profondément. La distorsion la plus importante opérée d’emblée par Deleuze (et qu’il ne corrigera pas, y compris dans ses ouvrages tardifs) consiste à assimiler les champs énergétiques dans lesquels les individus se forment à des champs combinatoires et à un espace inextensif contenant les déterminations structurales (le « spatium » selon la terminologie deleuzienne). Alors que l’approche simondonienne du champ problématique est énergétique et s’étaie avant tout sur la physique (en particulier sur la thermodynamique) et sur la cybernétique, celle de Deleuze prend appui sur la linguistique structurale associée aux mathématiques. En effet, la philosophie deleuzienne mêle une influence venant de la philosophie des mathématiques, par le biais des travaux d’Albert Lautman, à une influence structuraliste, très prégnante. Les ouvrages de Simondon sont donc lus par Deleuze à travers un angle de vue déformant, qui l’amène à considérer le « champ problématique » comme inextensif. Un passage de son compte-rendu de 1966 illustre bien cette déviation interprétative :

Car le métastable, défini comme être pré-individuel, est parfaitement pourvu de singularités qui correspondent à l’existence et à la répartition des potentiels. (N’en est-il pas de même dans la théorie des équations différentielles, où l’existence et la répartition des « singularités » sont d’une autre nature que la forme « individuelle » des courbes intégrales dans leur voisinage ?)[3]

Cette (re)lecture structuraliste de Deleuze (mâtinée d’une métaphysique mathématique issue de Lautman) le conduit à transformer le sens des notions de « singulier » ou de « singularité » telles qu’elles apparaissent dans L’individu et sa genèse physico-biologique. Alors que la singularité est le « germe structural »[4] introduit de l’extérieur dans le champ métastable selon Simondon, elle est pour Deleuze l’équivalent d’un « point singulier » en mathématique. Cette différence d’approche conduit Deleuze à prêter à tort à Simondon des singularités qui seraient dans le champ d’individuation[5]. Cet écart – qui est loin d’être négligeable – entre un germe cristallin et des points mathématiques indique l’ampleur du malentendu que les évocations deleuziennes de la pensée de Simondon peuvent susciter. Mais quel glissement conceptuel opère exactement l’assimilation de la « singularité » dans un système métastable à un « point singulier » en mathématique ? Deleuze introduit l’idée selon laquelle le champ métastable posséderait une configuration structurale, c’est-à-dire des « rapports différentiels » et une « répartition de points singuliers ». C’est pourquoi il donne la définition suivante de l’individuation dans Différence et répétition : elle est « essentiellement intensive, et le champ pré-individuel, idéel-virtuel, ou fait de rapports différentiels »[6]. Or, l’idée d’un système constitué de « rapports différentiels » est-elle présente chez Simondon ? Bien qu’il n’intègre pas explicitement les éléments de la linguistique saussurienne à sa pensée, doit-on à Simondon « une théorie dynamique de l’individuation parfaitement compatible avec les grandes intuitions saussuriennes »[7], comme le pense François Rastier ? À l’aune de la lecture deleuzo-structuraliste de Simondon, cette question mérite en tout cas d’être posée.

Indéniablement, de Simondon à Deleuze, l’on passe en tout cas d’un « champ énergétique » à une « structure virtuelle ». Deleuze lui-même marque parfois conceptuellement la différence entre les deux. C’est le cas dans Différence et répétition lorsqu’il définit l’individuation comme une des étapes de l’actualisation d’un champ différentiel virtuel. Un geste proprement deleuzien vise donc à remonter au-delà des champs de forces pris en compte par une pensée de l’individuation, afin d’accéder à ce qui détermine les mouvements dynamiques dans ces champs énergétiques : la structure ou le « champ différentiel ». C’est là une différence avec la perspective simondonienne qui se maintient pour sa part davantage au niveau des champs de forces. Conséquemment, les approches des individuations physiques et biologiques de ces deux auteurs ont des teneurs distinctes, qui mériteraient sans doute de se compléter l’une l’autre. Deleuze reprend bien à son compte la distinction opérée par Simondon des systèmes inorganiques et organiques, notamment lorsqu’il affirme qu’un système inorganique est actualisé « en une fois dans le système physique, et seulement sur les bords, tandis que le système biologique reçoit des apports successifs de singularités et fait participer tout son milieu intérieur aux opérations qui se produisent sur les limites externes[8] ». Les « singularités » représentant aussi pour Deleuze les éléments déterminants d’une structure (selon un structuralisme mathématique héritier du groupe Bourbaki), sa philosophie se donne sans doute alors les moyens d’appréhender conjointement deux dimensions du vivant : l’existence d’une détermination génétique (le programme codé de la molécule d’ADN) et l’apparition de changements génétiques (lorsque la combinatoire est transformée, en quelque sorte). Or la philosophie de Simondon, toujours en faveur de l’invention plutôt que de la prédétermination, ne semble prendre en considération que cette deuxième dimension du vivant et du codage génétique. Selon ce dernier, « le caractère héréditaire serait non pas un élément prédéterminé, mais un problème à résoudre, un couple de deux éléments réunis, en relation de disparation[9] ». Un privilège est ainsi accordé par Simondon à une pensée de la résolution des problèmes plutôt qu’à celle de la formation des déterminations, que ces dernières soient biologiques, psychiques et sociales. Alors qu’une « genèse dynamique », qui va des états corporels individués vers la formation d’une structure, est distinguée par Deleuze dans Logique du sens d’une « genèse statique », qui va de la structure incorporelle vers ses individuations[10], Simondon ne semble envisager pour sa part qu’une seule forme de genèse, qui s’apparente – paradoxalement – à une « genèse statique » selon la terminologie deleuzienne. Aussi, si plusieurs des écrits « personnels » de Deleuze (c’est-à-dire à l’exclusion de ses textes co-écrits avec Guattari) semblent proposer une ontologie qui articule un réalisme génétique à un idéalisme génétique,pour ainsi dire, le « réalisme des relations » que Simondon promeut quant à lui s’en tiendrait uniquement un réalisme génétique, semble-t-il.

Des emprunts à la pensée simondonienne intégrés à une théorisation bien spécifique peuvent parfois s’avérer pertinents. Ainsi, sans trahir l’auteur de L’individu et sa genèse physico-biologique, semble-t-il, la différence entre moulage et modulation est souvent rappelée et convoquée par Deleuze, et aussi par Félix Guattari, notamment dans le troisième des ouvrages qu’ils cosignent. « La forme d’expression molaire pouvait être du type “moule”, mobilisant un maximum de forces extérieures ; ou au contraire du type “modulation”, n’en faisant intervenir qu’un minimum », écrivent-ils dans Mille plateaux en 1980[11]. Il semble effectivement que ce que Deleuze et Guattari nomment « molaire » puisse être comparé à bon escient à un « moulage », au sens simondonien, et « moléculaire » à la « modulation ». Dans ce cas de figure, les auteurs s’appuient toutefois sur un sens de la modulation assez vague et général, selon lequel « moduler est mouler de manière continue et perpétuellement variable », qui ne prête donc pas à des malentendus trop forts.

Des mises en lumière fécondes de certains aspects de la pensée de Simondon et de ses enjeux sont aussi proposées par Deleuze. C’est le cas en particulier de la définition de l’espace topologique donnée à la fin de la partie de L’individuation à la lumière des notions de forme et d’information consacrée à « L’individuation des êtres vivants », citée à plusieurs reprises par Deleuze : « toute la masse de matière vivante qui est dans l’espace intérieur est activement présente au monde extérieur sur la limite du vivant[12] ». Cette limite topologique du vivant est philosophiquement prise en charge par Deleuze, non pas dans les ouvrages co-écrits avec Guattari dans les années soixante-dix, mais à la fin des années soixante (notamment dans Logique du sens), puis au cours des années quatre-vingt où une conceptualisation du plan d’immanence comme contact topologique entre le dedans et le dehors est élaborée. « Les membranes portent les potentiels et régénèrent les polarités, elles mettent précisément en contact l’espace intérieur et l’espace extérieur indépendamment de la distance[13] », écrit Deleuze dans Logique du sens. Dans ses textes des années quatre-vingts, les termes « Dedans » et « Dehors », très souvent convoqués, sont alors écrits avec une première lettre majuscule (ce qui n’est pas le cas chez Simondon). Ils renvoient ainsi à une intériorité et une extériorité qualifiées d’ « absolues » qui se rencontrent uniquement au niveau de la surface (ou membrane) topologique. Deleuze tire donc de riches implications philosophiques de ce passage de « L’individuation des êtres vivants » :

On pourrait dire que le vivant vit à la limite de lui-même, sur sa limite ; c’est par rapport à cette limite qu’il y a une direction vers le dedans et une direction vers le dehors, dans un organisme simple et unicellulaire. Dans un organisme pluricellulaire, l’existence du milieu intérieur complique la topologie, en ce sens qu’il y a plusieurs étages d’intériorité et d’extériorité […][14].

Puis, à partir de 1985, Deleuze opère dans L’Image-temps une nouvelle greffe conceptuelle d’éléments issus de l’œuvre de Simondon sur le chapitre III de Matière et mémoire de Bergson. Plutôt que d’appréhender le devenir bergsonien comme une modulation simondonienne, Deleuze propose cette fois d’envisager les différents « étages d’intériorité » dans un être vivant à la lumière des différentes sections du cône bergsonien de la mémoire pure. La superposition de ces deux motifs – les étages du milieu d’intériorité et les sections du cône de la mémoire –, que les écrits de Deleuze dessinent alors, offre une compréhension intéressante de l’individuation vivante et psychique. Elle incite à opérer cette analogie : de même que « toute la masse de la matière est activement présente au monde extérieur sur la limite du vivant » selon Simondon, de même, au niveau de la base du triangle figurant la mémoire chez Bergson « seront disposés, si l’on veut, mes souvenirs dans leur totalité[15] ». Plutôt que d’en rester une superposition faisant se rencontrer deux conceptions spatiales identiques des niveaux d’intériorité, cette analogie deleuzienne permet plutôt un enrichissement des deux pensées mises en rapport. À la pensée bergsonienne est adjointe une approche topologique qu’elle ne possédait pas. Et, à la pensée simondonienne est annexée une philosophie de la mémoire qui peut venir compléter son approche de l’individuation psychique.

Enfin, l’espace topologique tel qu’il est décrit à la fin de L’individu et sa genèse physico-biologique offre une explication de la transformation spatiale qui est concomitante de l’apparition d’une « image-temps » au cinéma. Dans des situations mettant en crise les possibilités d’action, c’est-à-dire où il devient impossible de proposer une réponse motrice à une excitation reçue (ce que Deleuze nomme, en termes bergsoniens, la « rupture du schème sensori-moteur »), un espace topologique est subjectivement investi. Cet espace topologique, explique Deleuze en 1985 dans L’Image-temps, « précède » l’espace de l’action subjective qui se coordonne dans un espace euclidien (c’est-à-dire l’espace nommé « hodologique » par Kurt Lewin, auquel Simondon se réfère).

Avant l’espace hodologique, il y a ce chevauchement de perspectives qui ne permet pas de saisir l’obstacle déterminé, parce qu’il n’y a pas de dimensions par rapport auxquelles l’ensemble unique s’ordonnerait. La fluctuatio animi qui précède l’action résolue n’est pas hésitation entre plusieurs objets ou même entre plusieurs voies, mais recouvrement mouvant d’ensembles incompatibles, presque semblables, et pourtant disparates[16].

Ce « recouvrement mouvant d’ensembles incompatibles » est alors pour Deleuze l’équivalent de ce qui permet d’opérer des « disjonctions inclusives » ou d’embrasser plusieurs « séries incompossibles » en même temps. Ce survol de voies divergentes, nommé de différentes façons, est ce qui active un processus de pensée, notamment lors de la rencontre avec une « image-temps » au cinéma. Dans son dernier ouvrage, Qu’est-ce que la philosophie ?, ce « recouvrement » d’espaces disjoints s’effectue à « vitesse infinie » et coïncide avec le « survol du champ tout entier »[17]. Bien que les deux penseurs ne soient pas mis explicitement en rapport, Deleuze semble alors considérer que les « espaces incompatibles » mis en lumière par la topologie simondonienne sont l’équivalent des « domaines de survol » au sens de Raymond Ruyer. Et cette dernière greffe conceptuelle, qui associe une philosophie des relations (Simondon) à une pensée de l’auto-unification immanente (Ruyer), donne encore beaucoup à penser.


[1] Cet ouvrage, paru en 1964, livre les deux premiers tiers de la thèse principale de Simondon pour le doctorat d’État.

[2] Deleuze évoque cette « genèse transcendantale » en 1963 dans son livre sur Kant, ainsi que dans un article : « le sens commun esthétique ne doit-il pas faire l’objet d’une genèse, genèse proprement transcendantale ? », cf. La philosophie critique de Kant, Paris, P.U.F., 1963, p. 73 ; la « Critique en général cesse d’être un simple conditionnement, pour devenir une Formation transcendantale, une Culture transcendantale, une Genèse transcendantale », cf. « L’idée de genèse dans l’esthétique de Kant » (1963), repris dans L’Île déserte et autres textes, D. Lapoujade (éd.), Paris, Les Éditions de Minuit, 2002, p. 86. Cette « genèse transcendantale » n’est certainement pas sans similitudes avec l’ « a priori historique » selon Foucault, tel qu’il est défini dès 1963 dans La naissance de la clinique.

[3] Gilles Deleuze, « Gilbert Simondon, L’individu et sa genèse physico-biologique », compte-rendu publié en 1966, repris dans L’Île déserte et autres textes, op. cit., p. 121.

[4] « [L]a singularité du germe est efficace quand elle arrive dans une situation hylémorphique tendue. Une analyse fine de la relation entre un germe structural et le milieu qu’il structure fait comprendre que cette relation exige la possibilité d’une polarisation de la substance amorphe par le germe cristallin » (Gilbert Simondon, L’Individuation à la lumière des notions de forme et d’information, Grenoble, Éditions Jérôme Millon, 2005, p. 88).

[5] Je remercie Jean-Hugues Barthélémy de m’avoir aidée à préciser ce point.

[6] Deleuze, Différence et répétition, Paris, P.U.F., 1968, p. 317.

[7] François Rastier, « Cassirer et la création du structuralisme », Texto ! Textes & Cultures, Volume XXII – n°4,  2017, p. 10, URL : http://www.revue-texto.net/index.php?id=3977.

[8] Deleuze, Différence et répétition, op. cit., p. 328.

[9] Simondon, L’Individuation à la lumière des notions de forme et d’information, op. cit., p. 207.

[10] « Il ne s’agit plus d’une genèse statique qui irait de l’événement supposé à son effectuation dans des états de choses et à son expression dans des propositions. Il s’agit d’une genèse dynamique qui va directement des états de choses aux événements, des mélanges aux lignes pures, de la profondeur à la production des surfaces, et qui ne doit rien impliquer de l’autre genèse » (Deleuze, Logique du sens, Paris, Les Éditions de Minuit, 1969, p. 217).

[11] Deleuze et Guattari, Mille plateaux, Paris, Les Éditions de Minuit, 1980, p. 75.

[12] Simondon, L’Individuation à la lumière des notions de forme et d’information, op. cit., p. 227.

[13] Deleuze, Logique du sens, op. cit., pp. 125-126.

[14] Simondon, L’Individuation à la lumière des notions de forme et d’information, op. cit., pp. 225-226.

[15] Henri Bergson, Matière et mémoire (1896), Paris, P.U.F., 1939, p. 180.

[16] Simondon, L’Individuation à la lumière des notions de forme et d’information, op. cit., p. 211.

[17] Deleuze et Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ?, Paris, Les Éditions de Minuit, 1991, p. 197.

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